LE RABBIN BENOÎT ET MELCHIOR XVI



Ratzinger


1) LE RABBIN MELCHIOR

 

Intéressons-nous tout d'abord à un personnage important : le Rabbin Michaël Melchior.

 

Le Rabbin Michaël Melchior (en hébreu : מיכאל מלכיאור) est né en 1954 au Danemark. Il reçut son ordination rabbinique la Yeshivat Hakotel de Jérusalem. Descendant d'une longue lignée de rabbins en Scandinavie, il est rabbin d'une congrégation de Jérusalem depuis 1986. Il fut également ancien Grand Rabbin de Norvège (dans le début des annes 80).

Le Rabbin Melchior est le Directeur International de la Fondation Elie Wiesel aisni que l'administrateur de diverses organisations œuvrant pour les droits de l'homme, l'immigration ou l'éducation.

Il est élu pour la premire fois à la Knesset en 1999 et est réélu en 2003. Depuis 1999, il a été ministre des affaires sociales puis des relations avec la Diaspora. Il a également été vice-ministre des affaires étrangères de 1999 2002.

Son fils, le Rabbin Joav Melchior, est devenu récemment le rabbin des synagogues d'Oslo et de Trondheim (Norvge).

Le Rabbin Michaël Melchior
Le Rabbin Michaël Melchior

En l'an 2000, année de Jubilé, il fut celui qui accueilla Jean-Paul II lors de sa visite en terre sainte. Il a été le seul rabbin présent au Mur occidental pour accueillir Jean Paul II le 26 mars 2000 lorsque ce dernier insera sa prière dans le Mur. La rabbin Melchior a rédigé un compte-rendu de cette journe historique (sic) qui fut publié dans l'Osservatore Romano le 22 avril 2000. En voici le début :

"Le pape Jean Paul II s’est approché du Mur occidental tenant à la main le texte d’une prière qui reconnaît l’alliance ininterrompue entre le peuple juif et Dieu, et implore le pardon de Dieu pour les souffrances que les chrétiens ont infligées à son peuple.

Cela a été un moment d’émotion.

Le pape s’est approché du Mur et il l’a touché. De l’endroit où je me trouvais, quelques mètres à peine en arrière, je pouvais sentir qu’il arrivait quelque chose d’inattendu.

Tout en marchant vers le Mur pour raccompagner le pape à l’intérieur jusqu’à l’estrade, le sentiment qu’il était arrivé quelque chose d’extraordinaire se renforçait parce que la force du Mur agissait sur le pape pour ainsi dire comme un aimant.

Jean-Paul IIet les cardinaux au Mur des Lamentations
Jean-Paul II et les cardinaux


Quand le pape a touché le Mur, je me rappelle avoir pensé que le Mur lui-même s’approchait de lui et le touchait.

C’était comme si une porte fermée depuis des siècles, une porte donnant sur la réconciliation et la paix entre juifs et chrétiens, commençait finalement à s’ouvrir.

Jean-Paul II au Mur des Lamentations

Les chaînes de télévision ont transmis les images de cet événement à un demi-milliard de personnes dans le monde, et moi je ne pouvais pas ne pas penser aux autres portes que les juifs, en courant de grands dangers, ont ouvert au long des siècles.

Quelques minutes auparavant j’avais parlé au pape au nom du gouvernement d’Israël et je lui avais rappelé que « des milliers d’années d’histoire nous regardaient, nous en bas, … du haut de la cime de cette montagne ».

Je sentais qu’il était juste d’invoquer notre mémoire collective des souffrances subies par le peuple juif.

J’ai voulu affirmer que les persécutions du passé peuvent et doivent être le prélude d’un nouveau type de rapports entre les religions et les peuples.

Jean-Paul II au Mur des Lamentations


Nous ne devons plus pervertir les valeurs sublimes de la religion pour justifier la guerre, ai-je dit. Nous ne devons plus invoquer le nom de Dieu tout en frappant ceux qui sont créés à son image. Aujourd’hui commence une nouvelle ère, pendant laquelle nous nous engageons à parcourir les anciens chemins et à construire de nouvelles routes qui porteront la paix à toutes les religions, des routes sur lesquelles la foi en Dieu sera le symbole de la paix et de la fraternité entre les créatures de Dieu qui souffrent.

Je sais que tous ne partagent pas ma conviction que la religion peut être une force pour promouvoir la paix entre des nations en guerre depuis longtemps…

[...]

La totalité du texte du Rabbin Melchior peut être lu ici : www.sidic.org

À lire également (en Anglais) : Western Wall Prayer

- - - - -

2) BENOÎT XVI À NAPLES - OCTOBRE 2007

 

Beaucoup plus récemment, du 21 au 23 octobre 2007, s'est tenue, à Naples (Italie), une rencontre œcumnique organisée par la communauté Sant Egidio sur le thème " Pour un monde sans violence : religions et culture en dialogue " .

Toutes les grandes religions mondiales y participèrent. Benot XVI y alla de son discours à l'Aula Magna du Séminaire de Capodimonte le dimanche 21 octobre 2007. En voici un extrait :

Ratzinger-Benoît XVI à Naples

"La rencontre d'aujourd'hui nous ramène en esprit en 1986, lorsque mon vénéré Prédécesseur Jean-Paul II invita sur la colline de saint François les hauts Représentants religieux à prier pour la paix, soulignant en cette circonstance le lien intrinsque qui unit une authentique attitude religieuse avec une vive sensibilité pour ce bien fondamental de l'humanité. En 2002, après les événements dramatiques du 11 septembre de l'année précédente, Jean-Paul II convoqua à nouveau à Assise les chefs religieux, pour demander à Dieu que soit mis un terme aux graves menaces qui pesaient sur l'humanité, en particulier à cause du terrorisme.

Dans le respect des différences des diverses religions, nous sommes tous appels à travailler pour la paix et à un engagement effectif pour promouvoir la rconciliation entre les peuples. Tel est l'authentique "esprit d'Assise", qui s'oppose à toute forme de violence et à l'abus de la religion comme prétexte à la violence. Face à un monde déchiré par les conflits, où l'on justifie parfois la violence au nom de Dieu, il est important de réaffirmer que jamais les religions ne peuvent devenir des véhicules de haine ; jamais, en invoquant le nom de Dieu, on ne peut arriver à justifier le mal et la violence. Au contraire, les religions peuvent et doivent offrir de précieuses ressources pour construire une humanité pacifique, car elles parlent de paix au cœur de l'homme."

Benoît XVI à Naples.


La totalité du discours de Benoît XVI peut être lu ici : www.vatican.va


Ce discours est absolument scandaleux pour la foi. Sans jamais nommer une seule fois le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ et en se prévalant de l'"esprit d'Assise" dont il souhaite la diffusion dans le monde entier, le pape de l'église concilaire, Josef Ratzinger, alias Benot XVI, anonce que la paix dans le monde se fera grâce à la collaboration de toutes les religions.


À rebours de cet enseignement hérétique, voici ce qu'anonçaient deux papes catholiques :

- Saint Pie X : Encyclique E Supremi Apostolatus. Sans doute, le désir de la paix est dans tous les cœurs, et il n'est personne qui ne l'appelle de tous ses vœux. Mais cette paix, insensé qui la cherche en dehors de Dieu ; car, chasser Dieu, c'est bannir la justice ; et, la justice écartée, toute espérance de paix devient une chimère. La paix est l'œuvre de la justice. Il en est, et en grand nombre, Nous ne l'ignorons pas, qui, pousssé par l'amour de la paix, c'est-à-dire de la tranquillité de l'ordre, s'associent et se groupent pour former ce qu'ils appellent le parti de l'ordre. Hélas ! vaines espérances, peines perdues ! De partis d'ordre capables de rétablir la tranquillité au milieu de la perturbation des choses, il n'y en a qu'un : le parti de Dieu. C'est donc celui-ci qu'il nous faut promouvoir ; c'est à lui qu'il nous faut amener le plus d'adhrents possible, pour peu que nous ayons à coeur la scurité publique.
Toutefois, Vénérables Frres, ce retour des nations au respect de la majesté et de la souveraineté divine, quelques efforts que nous fassions d'ailleurs pour le réaliser, n'adviendra que par Jésus-Christ. L'Apôtre, en effet, nous avertit que personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui a été posé et qui est le Christ Jésus.

- Pie XI : Encyclique Quas Primas Dans la première Encyclique qu'au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier (il s'agissait de l'encyclique de Pie XI, Ubi arcano, du 23 dcembre 1922), Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain.
Or, il Nous en souvient, Nous proclamions ouvertement deux choses : l'une, que ce débordement de maux sur l'univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique ; l'autre, que jamais ne pourrait luire une ferme esprance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. C'est pourquoi, après avoir affirmé qu'il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d'y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur .

- - - - -

3) COMPARAISON D'UN EXTRAIT DU TEXTE DU RABBIN MELCHIOR AVEC UN EXTRAIT DU DISCOURS DE BENOIT XVI

 

Ce qui nous intéresse maintenant, c'est de comparer deux extraits du texte du Rabbin Melchior et du discours de Benoît XVI :

Texte du Rabbin Melchior publié en italien dans l'Osservatore Romano le 22 avril 2000 puis en français dans la revue SIDIC, 2001, Volume XXXIV, Numéro 1 Pages: 10 - 11Discours de Benot XVI prononcé le 21 octobre 2007 à Naples lors d'une rencontre œcumnique organisé par la communauté Sant Egidio.
Nous ne devons plus pervertir les valeurs sublimes de la religion pour justifier la guerre, ai-je dit. Nous ne devons plus invoquer le nom de Dieu tout en frappant ceux qui sont créés son image. Aujourd'hui commence une nouvelle ère, pendant laquelle nous nous engageons à parcourir les anciens chemins et à construire de nouvelles routes qui porteront la paix à toutes les religions, des routes sur lesquelles la foi en Dieu sera le symbole de la paix et de la fraternité entre les cratures de Dieu qui souffrent. Je sais que tous ne partagent pas ma conviction que la religion peut être une force pour promouvoir la paix entre des nations en guerre depuis longtemps. Dans le respect des différences des diverses religions, nous sommes tous appelés à travailler pour la paix et à un engagement effectif pour promouvoir la réconciliation entre les peuples. Tel est l'authentique "esprit d'Assise", qui s'oppose à toute forme de violence et à l'abus de la religion comme prétexte à la violence. Face à un monde déchiré par les conflits, où l'on justifie parfois la violence au nom de Dieu, il est important de raffirmer que jamais les religions ne peuvent devenir des véhicules de haine ; jamais, en invoquant le nom de Dieu, on ne peut arriver à justifier le mal et la violence. Au contraire, les religions peuvent et doivent offrir de précieuses ressources pour construire une humanité pacifique, car elles parlent de paix au cœur de l'homme.

Nous allons maintenant découper ces deux extraits en quatre parties chacune que nous allons mettre face à face :

Texte du Rabbin Melchior publié en italien dans l'Osservatore Romano le 22 avril 2000 puis en français dans la revue SIDIC, 2001, Volume XXXIV, Numéro 1 Pages: 10 - 11 Discours de Benot XVI prononcé le 21 octobre 2007 à Naples lors d'une rencontre œcumnique organisé par la communauté Sant'Egidio. Discours disponible sur le site internet du Vatican.
1er partie :
Aujourd'hui commence une nouvelle ère, pendant laquelle nous nous engageons à parcourir les anciens chemins et à construire de nouvelles routes qui porteront la paix à toutes les religions, des routes sur lesquelles la foi en Dieu sera le symbole de la paix et de la fraternité entre les cratures de Dieu qui souffrent
1er partie :
Dans le respect des différences des diverses religions, nous sommes tous appelés à travailler pour la paix et à un engagement effectif pour promouvoir la réconciliation entre les peuples.
2ime partie :
Nous ne devons plus pervertir les valeurs sublimes de la religion pour justifier la guerre, ai-je dit.
2ime partie :
Tel est l'authentique "esprit d'Assise", qui s'oppose à toute forme de violence et à l'abus de la religion comme prétexte à la violence.
3ime partie :
Nous ne devons plus invoquer le nom de Dieu tout en frappant ceux qui sont créés à son image.
3ime partie :
Face à un monde déchiré par les conflits, où l'on justifie parfois la violence au nom de Dieu, il est important de réaffirmer que jamais les religions ne peuvent devenir des véhicules de haine ; jamais, en invoquant le nom de Dieu, on ne peut arriver à justifier le mal et la violence.
4ime partie :
Je sais que tous ne partagent pas ma conviction que la religion peut être une force pour promouvoir la paix entre des nations en guerre depuis longtemps.
4ime partie :
Au contraire, les religions peuvent et doivent offrir de précieuses ressources pour construire une humanité pacifique, car elles parlent de paix au cœur de l'homme.

Nous constatons que le Rabbin Melchior et le pape de l'église conciliaire, Benot XVI, tiennent des propos absolument similiaires. Ils développent les mêmes thèmes et y apportent les mêmes réponses.

Rabbin Benoît ou Melchior XVI ???


Retour l'index de www.vigitrad.org