SERVIAM 

Lettre d’informations sur les relations entre l’église conciliaire et le judaïsme.                                                           

Enfin il leur envoya son fils, en disant, ils respecteront mon fils. Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : Voici l’héritier; venez, tuons-le et nous aurons son héritage.(S. Matthieu, Chap. XXI, 37-38)


 Numéro 28                                          Parution irrégulière                                   27 Mars 2011

Saint Laurent de Brindes et le faux

œcuménisme conciliaire

  Ratzinger-Benoît XVI a consacré sa catéchèse du mercredi 23 mars 2011 à saint Laurent de Brindes. Saint Laurent de Brindes nait à Brindisi (Italie) en 1559. Il entre à 16 ans chez les capucins de Vérone et fait profession, prenant le nom de Laurent, comme le fameux diacre martyr. Il devient général des Capucins. Il est mort au Portugal en 1619 après 45 ans de vie religieuse. Il est béatifié en 1783 par Pie VI et canonisé en 1881 par Léon XIII. On le fête le 21 juillet, jour de sa mort.

  Saint Laurent de Brindes est célèbre par les multiples conversions qu’il effectua parmi les juifs d’Italie. Voici ce que l’on peut lire dans les Bollandistes :

  Après son ordination, il reprit les travaux du ministère évangélique et par la prière. Une mission importante lui était réservée, qui demandait un homme nourri comme lui dans les fortes études, et dont il s'acquitta à sa louange et à la gloire du nom chrétien : ce n'était plus le prédicateur qui allait laisser déborder sur une foule attentive et émue les flots de son éloquence entraînante, c'était le savant, le théologien, qui allait se servir de son érudition et de sa logique impitoyable pour confondre l'erreur et la fausse science des plus terribles ennemis de la foi. Informé du mérite du Père Laurent, le pape Clément VIII ne trouva pas d'instrument plus digne des hauts desseins qu'il méditait sur la conversion des Juifs dont il déplorait les erreurs en désirant ardemment de les éclairer il le fit donc venir, et lui ayant communiqué ses intentions, le bénit et le fit descendre dans l'arène. Chez lui, point de parti pris, point de prévention ni d'animosité une bible hébraïque à la main, il se rend au milieu des rabbins qui, le voyant si plein de son sujet et si familier avec la langue qu'il leur parle, le prennent d'abord pour l'un des leurs ; ses manières affables, son ton courtois et poli lui concilient tout d'abord la bienveillance de ses adversaires ; ils sont curieux de l'entendre, ils se pressent en foule autour de lui l'intérêt fait place à la défiance, et l'attention de l'auditoire encourage le champion de la foi catholique. Les entretiens sont fréquents, ils se multiplient ; le frère Laurent puise dans sa foi et dans son érudition des arguments irrésistibles la foule des Juifs est émue ignorante comme toutes les foules, elle se laisse gagner par les insinuations du religieux. Ô triomphe ! quelques-uns des plus solides piliers du judaïsme se rangent à son avis, le doute envahit les autres, et un nombre considérable de prosélytes viennent demander le baptême, sans que les rabbins restés fidèles à leurs erreurs puissent accorder au soldat de Jésus-Christ autre chose que de l'admiration.

  Charmé de ce résultat, le pape Clément VIII, qui était alors à Ferrare, manda auprès de lui le frère Laurent ; il le fit prêcher publiquement devant lui dans sa propre chapelle, et ne lui ménagea pas l'expression de sa satisfaction et de sa reconnaissance. Ces succès étonnants valurent bientôt au Père Laurent les plus hautes dignités de son Ordre.[1]

  On pourra également se reporter au numéro 8, page 3, de Serviam, pour y lire le récit de l’abbé Rohrbacher sur les conversions effectuées par saint Laurent de Brindes chez les juifs d’Italie. Lire également le passage (recopié en annexe) que le Père Isodoro Da Alatri consacre à ”Saint Laurent de Brindes et la responsabilité des Juifs dans la mort du Christ” dans son livre ”Qui a tué Jésus-Christ ?[2]

  De même, saint Laurent de Brindes est resté célèbre pour avoir combattu les erreurs de Luther et pouvoir avoir libéré l’Autiche du joug des infidèles ottomans.

  On vit alors le Père Laurent au milieu des camps, exhortant partout les soldats à la discipline, leur rappelant qu'ils étaient avant tout chrétiens et qu'ils devaient se fier à Dieu avant de compter sur leur épée. Le jour de la bataille arrivé, il monte à cheval et paraît aux premiers rangs, vêtu de son habit religieux et le crucifix à la main. L'attaque des Turcs est furieuse, mais l'armée catholique résiste et se serre autour de l'homme de Dieu elle se précipite à sa suite et charge à son tour vigoureusement les infidèles un moment le Père Laurent est cerné par l'ennemi on le dégage, et quand on veut lui signifier que ce n'est pas là sa place ”Vous vous trompez a, dit-il, c'est bien ici que je dois être, avançons, avançons, et la victoire est à nous” A ces paroles, l'élan des troupes est tel, que l'ennemi, culbuté, frappé de terreur, s'enfuit dans toutes les directions. Lors de la béatification du bienheureux, on voyait, au-dessus d'une des portes du Vatican, un médaillon rappelant ce glorieux épisode de sa vie, avec cette inscription :

Le bienheureux Laurent de Brindes sauve l'Autriche en détresse, et le crucifix à la main, met en déroute les ennemis du nom chrétien.”[3]

  Avec le pape Clément VIII et avec saint Laurent de Brindes, nous sommes donc bien loin des pratiques de l’église Conciliaire et de son faux œcuménisme, qui au lieu de convertir les infidèles à la foi catholique, font tout pour que ces malheureux restent dans les ténèbres de leurs fausses religions. Ainsi voit-on les ”papes” conciliaires se rendre dans les synagogues (des ”temples du démon” selon saint Jean Chrysostome) ou les mosquées ou des ”évêques” conciliaires se rendre aux inaugurations des mosquées !

  Ainsi il n’est pas surprenant de voir que Ratzinger-Benoît XVI, lors de sa catéchèse sur saint Laurent de Brindes ne parle ni des conversions effectuées par saint Laurent dans les milieux juifs ni de la guerre sainte contre les infidèles turcs. Au lieu de cela, Ratzinger-Benoît XVI déforme l’action de saint Laurent au profit de son faux œcuménisme et de cette fausse paix universelle (paix entre toutes les religions alors que seule la conversion des peuples à l’Église Catholique peut mener à une paix véritable).  Voici donc un extrait de cette catéchèse :

Dès l'époque de ses études ecclésiastiques, il révéla les éminentes qualités intellectuelles dont il était doté. Il apprit facilement les langues anciennes, comme le grec, l'hébreu et le syriaque, et les langues modernes, comme le français et l'allemand, qui s'ajoutaient à la connaissance de la langue italienne et latine, à l'époque couramment parlée par tous les ecclésiastiques et hommes de culture.

Grâce à la connaissance de tant de langues, Laurent put accomplir un intense apostolat auprès de diverses catégories de personnes. Prédicateur efficace, il connaissait de façon si profonde non seulement la Bible, mais également la littérature rabbinique, que les rabbins eux-mêmes en étaient stupéfaits et admiratifs, manifestant à son égard estime et respect. Théologien expert en Écriture Sainte et en Pères de l'Église, il était en mesure d'illustrer de façon exemplaire la doctrine catholique également aux chrétiens qui, surtout en Allemagne, avaient adhéré à la Réforme. A travers une présentation claire et douce, il montrait le fondement biblique et patristique de tous les articles de la foi mis en discussion par Martin Luther. Parmi ceux-ci, le primat de saint Pierre et de ses successeurs, l'origine divine de l'épiscopat, la justification comme transformation intérieure de l'homme, la nécessité des bonnes œuvres pour le salut. Le succès dont Laurent bénéficia nous aide à comprendre qu'aujourd'hui aussi, en poursuivant avec tant d'espérance le dialogue œcuménique, la confrontation avec la Sainte Écriture, lue dans la Tradition de l'Église, constitue un élément incontournable et d'une importance fondamentale, comme j'ai voulu le rappeler dans l'Exhortation apostolique Verbum Domini (n. 46).[4]

  Si, comme le souligne Ratzinger-Benoît XVI, saint Laurent de Brindes eut du succès, ce fut en combattant l’erreur et en convertissant. Nous sommes loin des cérémonies d’Assise (que Ratzinger-Benoît XVI renouvellera bientôt), des dialogues judéo-chrétiens,  des communautés de Taizé, de l’exaltation du tryptique républicain ”liberté-égalité-fraternité” et de la fraternité universelle chère à tous les mondialistes.[5]

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LE BIENHEUREUX LAURENT DE BRINDES[6]

Courte biographie tirée du Tome XXXVII

du 24 septembre 1881 des Annales Catholiques.

(disponible sur le site internet gallica.bnf.fr)

Né le 22 juillet 1559, de Guillaume de Rossi et d'Elisabeth  Mafella, tous deux de familles patriciennes de Brindes, le Bienheureux Laurent reçut au baptême le nom de Jules-César. Dès sa première jeunesse il manifesta la vocation d'entrer dans l'Ordre de saint François, et son père, loin de s'y opposer, le conduisit au couvent de Saint-Paul en ladite ville, où fleurissait alors un prédicateur célèbre, le P. Jacques. Mais son  père étant mort quelques années après, il se rendit à Venise chez un de ses oncles, prêtre séculier, docte et pieux, lequel tenait une pension de jeunes clercs qui suivaient les cours du collège Saint-Marc, et Jules persistant dans, sa vocation se fit admettre en 1575, parmi les capucins de Vérone, fit son noviciat, prononça ses vœux, prit le nom de Laurent, fut envoyé à Padoue pour y terminer ses études de théologie et reçut le sous-diaconat et le diaconat. Émerveillés de son intelligence extraordinaire et de sa ferveur, ses frères voulurent qu'il annonçât la parole divine avant de l'élever au sacerdoce. 

À cette époque, les mœurs des étudiants de la grande université de Padoue étaient fort corrompues, et Laurent se donna la mission de les corriger. Son éloquence, la grâce de sa prononciation la sérénité de sa vertu lui attirèrent un auditoire composé d'hommes de toutes les opinions. Il n'attaqua pas de front ceux qu'il voulait convertir ; il commença par gagner les cœurs pour les dominer ; puis il les combattit et les soumit victorieusement à la discipline et a la piété. Au bout d'un an de prédication, son ascendant sur la jeunesse et sur tout le peuple tint du prodige. Par humilité il voulait rester diacre, mais ses supérieurs lui imposèrent la prêtrise ; il s'y prépara par des austérités et des mortifications extraordinaires et ne tarda pas à reprendre son ministère évangélique.

Cependant sa réputation grandissait dans toute l'Italie, à ce point que le pape Clément VIII l'appela à Rome et lui confia la mission de convertir les juifs, toujours très nombreux dans la Ville éternelle[7]. Laurent s'acquitta de cette mission avec une ardeur et un succès qui accrurent l'admiration Universelle. Plus tard, le Pape se trouvant à Ferrare l'invita à prêcher" devant lui et devant la cour, ce qu'il fit à la plus grande louange de ce nouvel auditoire. A Mantoue, à Vérone, à Venise, ses sermons provoquèrent l'enthousiasme. Successivement élu maître de théologie dans un des couvents de son ordre et gardien de divers autres couvents, il devint provincial de Toscane et des États vénitiens. En 1596, le chapitre tenu à Rome le nomma définitivement général, et, dans cette charge, il rendit des services éminents. Clément VIII et l'empereur Rodolphe II le chaînèrent de la fondation des capucins dans l'empire d'Allemagne et en Hongrie. Il eut a combattre les fauteurs de l'hérésie et sut établir, malgré leurs efforts, les couvents de Prague, de Vienne et de Gratz, d'où tirèrent plus tard leur origine les trois provinces, de l’ordre franciscain, d'Autriche, de Bohême, et de Styrie.

Mahomet II menaçait alors d'envahir la Hongrie ; il s'agissait de liguer les princes d'Allemagne pour défendre la chrétienté, et 1’empereur confia au Père Laurent cette entreprise délicate et difficile. Mais Dieu était avec ce saint, religieux: les princes vinrent au secours de l'empire. L'archiduc Mathias, frère de Rodolphe, eut le commandement en chef de l'armée chrétienne, et sur les instances du nonce et des princes confédérés, le Pape ordonna à Laurent de se rendre au milieu des troupes, afin de contribuer à la victoire. Arrivé sur le champ de bataille, l’humble capucin enflamma les chrétiens qui au nombre de dix-huit mille seulement, avaient devant eux quatre-vingt mille Turcs. Les généraux étaient indécis, les soldats murmuraient. Mais Laurent monte à cheval, la croix à la main ; il se met au premier rang, exhorte l'armée, et la lance sans perdre un instant à l'attaque. Grâce à lui, les chrétiens font des prodiges de valeur incroyables, se précipitent sur l'ennemi, et dans deux grandes batailles, les 11 et 14 octobre 1611, lui massacrent 30,000 hommes, et le rejettent au delà du Danube. L'admiration des princes, des généraux, de l'armée, en présence du courage et du zèle de Laurent, ne saurait se décrire ; le duc de Mercœur, qui commandait sous les ordres de l'archiduc, déclara hautement, que le saint religieux avait à lui seul dans la victoire une part plus grande que celle de toutes les troupes réunies.

La guerre terminée, il retourna à Rome, où il fut élu général de l'ordre. En cette qualité, il déploya le zèle et la hauteur de vues qu'il apportait en toutes choses ; il visita les couvents du Milanais, de la Flandre, de la France, de l'Espagne et de l'Allemagne voulant s'entretenir avec tous ses fils, pourvoir à leurs besoins et leur inculquer les vertus religieuses, en particulier l'humilité et l'obéissance. Ces visites accomplies, comme le terme de son généralat approchait, Laurent résolut de passer le reste de ses jours dans la prière et la mortification. Mais le Pape, l'empereur et les princes d'Allemagne le contraignirent de se rendre auprès de Philippe III, roi d'Espagne, pour l'induire à s'unir a la Ligue catholique formée contre, l’Union protestante que favorisait Henri IV, roi de France.[8]

Philippe III accueillit le saint religieux avec les marques d'un pieux respect, le retint quelque temps en Espagne, adhéra à la Ligue et lui permit de fonder des couvents en Castille et à Madrid. Mais, sur les ordres du Pape, Laurent dut se rendre, avec le titre de nonce apostolique et d'ambassadeur extraordinaire, du Saint-Siège, et pour les intérêts de la dite Ligue, auprès du duc de Bavière qui en était le chef. Là encore ses travaux furent couronnés d'un plein succès, et, rappelé à Rome par Paul V, il parcourût l'Allemagne en missionnaire, attirant les foules autour de sa chaire, et s'arrêta pendant la station de carême au sanctuaire de Lorette. Sa rentrée dans la Ville éternelle fut saluée par le Sacré-Collège, par la cour et par le peuple ; on voulut le combler d'honneurs et d'hommages, que son humilité refusa fermement. Le chapitre de son ordre le nomma une seconde fois définiteur général et provincial de Gênes. Le repos ici-bas n'est point fait pour les saints. En 1617, le Pape le chargea de pacifier le roi d'Espagne et le duc de Savoie dont les querelles pouvaient allumer la guerre dans toute l'Europe, et, toujours égal à lui-même, le Père Laurent réussit dans sa mission, de même qu'il réussit peu après à  arrêter les hostilités entre l'électeur de Bavière et le prince-archevêque de Salzbourg.

De retour à Rome, il eut une révélation de sa mort prochaine et alla s'y préparer dans sa ville natale de Brindes. Mais il ne put y faire un long séjour. Le Pape lui enjoignit de se rendre à Naples, où la noblesse de ce pays, mécontente de la tyrannie et de l'arbitraire du vice-roi, duc d'Ossuna, le supplia de passer en Espagne afin d'exposer la querelle au monarque. Il se remit donc en route et débarqua à Lisbonne, où le roi d'Espagne, qui avait uni le Portugal à sa couronne, demeurait au château de Bélem, non loin de la capitale. Vaincu par l'ascendant du religieux, le roi décréta le rappel du duc d'Ossuna, Mais, sur ces entrefaites, le Père Laurent vit enfin le terme de ses longs travaux soutenus pour la gloire de la religion et pour le bien des peuples. Assailli par le mal, il passa, le 22 juillet 1619 à l'immortalité bienheureuse. Sa dépouille mortelle fut transportée à Villa-Franca et déposée dans l'église des capucins. Si grande, était la réputation de sainteté du Père Laurent, qu'à l'instance du duc de-Bavière et de presque tous les souverains catholiques de l'Europe, le pape Urbain VIII consentit, en 1624, à l'introduction de la cause de sa canonisation.

La mort du cardinal de San Giorgio, qui était rapporteur, retarda la conclusion du procès, lequel fut repris un siècle après. Enfin, les écrits et les miracles du vénérable serviteur de Dieu ayant été examinés et discutés, là Congrégation des Rites décida à l'unanimité, le 29 mars 1783, qu'on pouvait procéder sûrement à la béatification. Pie VI approuva cette décision le 17 avril de la même année, et, le 1er juin publia avec une grande solennité, clans la basilique de Saint-Pierre, le décret de béatification. L'électeur Charles-Théodore, comte palatin et duc de Bavière, assista à cette auguste cérémonie, exprima au Pape les sentiments de vénération de sa noble famille et de ses sujets pour la mémoire du Bienheureux Laurent de Brindes et sollicita instamment le Saint-Siège de poursuivre la cause de sa canonisation.

Léon XIII, un siècle après la béatification du B. Laurent de Brindes, va proclamer sa canonisation. Que les ennemis de l'Église méditent la vie de cet homme extraordinaire, qu'ils y voient la puissance de Dieu au service d'un de ses serviteurs et qu'ils sachent que les siècles passent et que l'Église demeure.


QUI A TUE JESUS-CHRIST ?

LA RESPONSABILITÉ DES JUIFS DANS LA CRUCIFIXION DU SEIGNEUR

par le Père Isidoro da Alatri

SAINT LAURENT DE BRINDES ET LA RESPONSABILITÉ

DES JUIFS DANS LA MORT DU CHRIST

Dans son Opera Omnia, Saint Laurent de Brindes (1559-1619) parle à plusieurs reprises de la mort du Christ et des Juifs en tant que principaux acteurs de cette mort. Pour notre part, nous nous référerons uniquement à ce qu'il affirme dans le Vème volume (parties I, II et III de cette œuvre). Il y affirme clairement que c'est l'ambition et l'avarice des Juifs, qui les perdirent (I, 341; II, 61) malgré l'admiration qu'ils avaient pour la doctrine du Christ (II, 356-357). C'est ainsi qu'aveuglés par un juste châtiment de Dieu, ils ne crurent pas dans le Christ malgré tous les miracles dont ils furent témoins (I, 71; II, 240, 359, 390). Ils méprisèrent au contraire le Christ Lui-même (III, 140), ils Le haïrent (I, 492, 515), allant même jusqu'à vouloir Le tuer (II, 43). Dans la dureté de leur cœur, ils raillèrent et calomnièrent Ses miracles (I, 335; II, 136, 364, 390) pour en arriver à cette folie incroyable et inouïe de demander la libération de Barabbas et la mort du Christ (III, 302). Ce n'est donc que justice s'ils furent condamnés par Dieu (II, 53) et qu'en châtiment de leur impiété ils périrent dans le massacre de Jérusalem (I, 55) survenu quarante ans après la mort du Christ (III, 359) ; que, toujours en punition de ce crime, ils furent emmenés en esclavage perpétuel (II, 392; III, 292), esclavage bien pire que n'avait été l'esclavage babylonien, lui-même pire déjà que celui d'Égypte (I, 337). C'est parce qu'Il dénonça et condamna leurs vices (III, 1) que les Juifs haïrent le Christ. Car ils étaient ambitieux et avares (III, 168, 180). Ils tentèrent de lapider le Christ (III, 7, 272). Car ils étaient remplis d'esprit diabolique (III, 32, 70, 122). Ils avaient une volonté dépravée (III, 180). Ignorant Sa Divinité (III, 14), ils ne Le crurent pas et Le tuèrent (III, 37, 104, 123, 176, 267) par suggestion des démons (II, 332), parce qu'ils craignaient l'avènement de Son règne (II, 361). Mais le Christ ayant non seulement déclaré être Dieu et vrai Fils de Dieu mais ayant confirmé cette affirmation par l'évidence de Ses œuvres prodigieuses (III, 104), l'ignorance de Sa Divinité de la part des Juifs n'était pas de pure négation mais au contraire d'affection per­verse, c'est-à-dire qu'elle prenait origine dans leur volonté dépravée et perverse (I, 342). Et, affirme le saint Docteur, cette ignorance par affection perverse, "cause de tous les maux", fut aussi cause de ruine pour les Juifs et c'est elle qui les retient encore hors de l'Église hors de laquelle on ne peut espérer le salut. En d'autres termes: l'ignorance des Juifs lorsqu'ils demandèrent et imposèrent la mort du Christ à Pilate fut pleinement coupable. «En effet, si beaucoup ne veulent pas entendre la vérité, dit Saint Laurent, c'est seulement à cause de l'affection perverse de l'esprit ou de la volonté. Ainsi le débauché ne veut pas comprendre la dignité de la chasteté, l'ambitieux ne veut pas comprendre la gloire de l'humilité. C'est pourquoi le Christ dit aux Juifs : "Comment pourriez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres et qui ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ?" (Jn V, 44)». «Donc - conclut le saint Docteur - ayant dépravé leur intelligence par l'avarice et l'ambition, ils ne reconnurent pas le Christ, ce pour quoi ils furent justement punis. C'est ce qu'a dit Isaïe : "Israël ne me connut pas (...), mon peuple n'a pas eu d'intelligence. Oh ! peuple pécheur...". C'est ainsi que le prophète prédit le misérable esclavage dans lequel se trouve la malheureuse Synagogue : "C'est pour cela que mon peuple a été emmené captif pour son inconséquence" (Is. V, 13)» ; parce qu'il n'a pas connu le Christ. En effet, le Christ Lui-même dit en prédisant le massacre de Jérusalem : "Parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée (..). Si tu connaissais, toi aussi, au moins en ce jour qui t'est encore donné, ce qui importe à ta paix !" (Le XIX, 44, 42) (I, 341, 342). Mais cette ignorance n'étant pas de pure négation comme nous l'avons dit plus haut mais d'affection perverse, aucune excuse ne peut être alléguée pour atténuer la faute des Juifs dans la mort du Christ. Ils Le tuèrent par crainte de Son règne, perdant ainsi leur propre règne (III, 170, 176, 178). Et pourtant, «encore au­jourd'hui ils se montrent perfides et incrédules» (III, 62). Pour toutes ces raisons, et d'autres que nous omettons ici, dit le saint Docteur, la misérable et malheureuse Synagogue fut condamnée et réprouvée par Dieu et à sa place fut élu un autre peuple, qui forme l'Église dans laquelle entrera la multitude des nations païennes (I, 338). «La loi de Moïse ne fut donnée qu'au peuple juif peuple élu de Dieu, et pour cela séparé de toutes les autres nations. Mais lorsque Jésus-Christ vint bouleversant la ville entière, c'est à tous les peuples qu'Il donna la loi : "Prêchez l'Évangile à toute créature", c'est-à-dire à tout homme ; car Il dit : "Ma maison est une maison de prière pour toutes les nations" (I, 313, 314)». Par conséquent le peuple juif, autrefois l'élu, ne l'est plus maintenant puisqu'à sa place ont été appelées toutes les nations auxquelles le message évangélique a été annoncé par l'intermédiaire des Apôtres et de ceux qui leur succèdent tout au long des siècles, continuant la mission. Dans ce peuple nouveau, élu par la foi qu'il reçoit dans le Christ, tout individu, même du peuple juif, peut s'intégrer pourvu qu'il accepte le message lui-même, reconnaisse que le Christ est le vrai Messie et qu'en Lui seul se trouve le salut, comme le déclara jadis saint Pierre au peuple juif qui l'écoutait à Jérusalem (Act. IV, 12).



[1] Les Petits Bollandistes, Vie des Saints, Mr Paul Guérin, 7ième édition, tome VIII, p. 121.

[2] http://www.nostra-aetate.org/HTML_Documents/QUIATUEJESUS.html

[3] Ibid. p.124.

[4] Benoît XVI, Audience générale du 23 mars 2011 : http://www.zenit.org/article-27372?l=french

[5] Extraits du message vidéo que Ratzinger- Benoît XVI a adressé aux participants à la veillée de clôture de la rencontre du Parvis des gentils, qui s'est déroulée ce vendredi sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

”Je vous sais nombreux rassemblés sur le parvis de Notre-Dame de Paris, à l'appel du Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, et du Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil Pontifical de la Culture. Je vous salue tous, sans oublier les frères et les amis de la Communauté de Taizé.  [...] Il vous appartient, chers jeunes, de faire que dans votre pays et en Europe, croyants et non croyants retrouvent le chemin du dialogue. Les religions ne peuvent avoir peur d'une juste laïcité, d'une laïcité ouverte qui permet à chacun et à chacune de vivre ce qu'il croit, en conformité avec sa conscience. S'il s'agit de bâtir un monde de liberté, d'égalité et de fraternité, croyants et non croyants doivent se sentir libres de l'être, égaux dans leurs droits de vivre leur vie personnelle et communautaire en fidélité à leurs convictions, et ils doivent être frères entre eux. L'une des raisons d'être de ce Parvis des Gentils, c'est d'œuvrer pour cette fraternité au-delà des convictions, mais sans en nier les différences.”

[6]Nous donnons la vie peu connue du B. Laurent de Brindes en reproduisant le résumé que donne l'Univers d'après le Dizionario di trudixiona ecclesiastica du chevalier Gaétan Moroni.

[7] Il n'y a jamais eu à Rome d'agitation antisémitique ; les Papes n'ont cessé de donner asile aux juifs et de les protéger contre la fureur populaire, qu'ils s'attiraient souvent d'ailleurs par leur cupidité. Si les rabbins et les consistoires israélites ont parfois témoigné leur admiration pour la générosité des Pontifes  romains, on sait quelle est aujourd'hui l'ingratitude et la haine des juifs en général. Je dis en général, parce que plusieurs d'entre-eux regrettent fort la domination pontificale et ne trouvent pas leur compte au nouveau régime. A Rome, quoi, qu'on en ait dit, les juifs étaient des privilégiés. Ils tondaient le chrétien ; aujourd'hui, la révolution les soumet à la loi commune : impôts écrasants, forts loyers, service militaire ; instruction des enfants aux écoles communales, etc. Quant à la classe juive lettrée, elle occupe les journaux, elle entre au Parlement, elle fait les élections, elle domine la finance, elle continue enfin sa tradition de haine implacable contre le Christ et son Église.

[8] Clément VIII donna plus tard l'absolution au roi de France Henri IV lors de sa conversion, ramena un grand nombre d'hérétiques au sein de l'Église et contribua beaucoup à la paix de Vervins (1598). Son pontificat fut un des plus brillants, car il avait élevé à la pourpre Baronius, Bellarmin, Tolet, d'Ossat, Du Perron et plusieurs autres grands hommes.