SERVIAM 

Lettre d’informations sur les relations entre l’église conciliaire et le judaïsme.                                                           

Enfin il leur envoya son fils, en disant, ils respecteront mon fils. Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : Voici l’héritier; venez, tuons-le et nous aurons son héritage.(S. Matthieu, Chap. XXI, 37-38)


 Numéro 25                                          Parution irrégulière                                   11 Mars 2010

Benoît XVI à la synagogue de Rome

  Après les visites de la synagogue de Cologne (19 août 2005), du camp d’Auschwitz (28 mai 2006) et de la synagogue de New York (19 avril 2008), sans oublier son passage au Mur des Lamentations (12 mai 2009), Ratzinger-Benoît XVI vient de visiter une nouvelle synagogue, celle de Rome, le dimanche 17 janvier 2010, renouvelant ainsi la visite “historique” de son prédécesseur, Wojtyla-Jean-Paul II, dans cette même synagogue, le 13 avril 1986.

Ratzinger-Benoît XVI avant de pénétrer dans la synagogue de Rome.

  Ratzinger-Benoît XVI fut accueilli par l’actuel grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni. Di Segni est comme tous les rabbins orthodoxes, un promoteur de la religion noachide, comme en témoigne sa conférence intitulée “Noé marchait avec Dieu : l’universalisme juif”[1]donnée le 17 janvier 2002, à Rome, dans la salle de conférences du Grand Séminaire Romain Pontifical et disponible sur le site internet du SIDIC (Service International de Documentation Judéo-Chrétienne). Dans cette conférence où il est fait la promotion des deux voies de salut (celle des juifs, dont le prototype est Abraham, et celles des noachides dont le prototype est Noé), Di Segni avoue cependant que le noachisme est une tradition rabbinique[2], chose qu’il est utile de rappeler, beaucoup pouvant croire que le noachisme et ses sept fameuses lois pouvant être aussi contenus dans la tradition chrétienne. L’abbé Ricossa, dans le numéro 53[3] de la revue Sodalitium, consacre quelques pages très intéressantes sur cette fameuse conférence de Di Segni, rappelant au passage que Di Segni a publié, en 1985, les fameux Toledot Yeshu[4], sous le titre Il vangelo del ghetto (l’Évangile du ghetto), livre contenant les traditions rabbiniques les plus infâmes sur Notre Seigneur Jésus-Christ.

Ratzinger-Benoît XVI à la synagogue de Rome. À sa gauche, les rabbins Di Segni et Cohen.

  Autres rabbins importants présents à la synagogue de Rome pour recevoir leur ami Ratzinger-Benoît XVI, les rabbins Shear Yashuv Cohen et David Rosen. Shear Yashuv Cohen, rabbin très engagé dans le dialogue interreligieux était le rabbin présent au synode romain de 2008 pour y présenter la vision juive de l’Ancien Testament. Fâché avec Ratzinger-Benoît XVI à propos de la levée de l’excommunication de l’évêque négationniste Richard Williamson, ils se sont depuis réconciliés (à quel prix ?). Opposant farouche à la béatification de Pie XII, le rabbin Cohen a dirigé la délégation juive à Rome lors de la neuvième rencontre de la commission pour le dialogue entre les juifs et les catholiques qui se déroulaient du 17 au 20 janvier 2010. Comme son confrère le rabbin David Rosen (dont nous avons parlé à plusieurs reprises dans des numéros précédents de Serviam), le rabbin Cohen était un signataire de la déclaration commune[5] entre juifs et catholiques de 2007 où l’on pouvait lire :

La tradition juive met l’accent sur l’alliance avec Noé (cf. Gn 9, 9-12) en tant qu’expression du code moral universel qu’il appartient à toute l’humanité de respecter. Dans les Écriture chrétiennes, cette idée apparaît dans le livre des Actes (15, 28-29).

    Avant d’étudier en détail l’allocution de Ratzinger-Benoît XVI dans la synagogue de Rome, nous rappellerons qu’elle fut l’attitude de saint Pierre envers les Israélites, alors pape, juste après la Pentecôte. Pour cela, nous citerons un passage des Actes des Apôtres. Ensuite, nous reprendrons quelques phrases d’une étude anonyme intitulé “Le salut pour les Juifs”, publié en 1907 aux Éditions Zech et Fils de Braine-le-Comte en Belgique.

  Or Pierre, se présentant avec les Onze, éleva la voix et leur déclara : " Juifs, et (vous) tous qui séjournez à Jérusalem, sachez bien ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles. Ces hommes en effet ne sont point ivres, comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du jour. Mais c'est ce qui a été dit par le prophète Joël : Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. Oui, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront. Et je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel, et des signes en bas sur la terre : du sang, du feu, de la fumée en éruption ; le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant que vienne le  jour du Seigneur, le (jour) grand et éclatant. Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

  Israélites, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ; lui, livré selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu, que vous avez fait mourir en le crucifiant par la main des impies, Dieu l'a ressuscité, déliant les liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'elle le tînt en son pouvoir. David, en effet, dit à son sujet : Je voyais, continuellement le Seigneur devant moi, parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé. C'est pour cela que mon cœur s'est réjoui, et que ma langue a été dans l'allégresse, et qu'aussi même ma chair reposera dans l'espérance : parce que vous n'abandonnerez pas mon âme dans le séjour des morts, et vous ne permettrez pas que votre Saint voie la décomposition. Vous m'avez fait connaître les chemins de la vie ; vous me remplirez de joie par (la vue de) votre face. Mes frères, il est permis de vous dire avec assurance du patriarche David, qu'il est mort, qu'il a été enterré et que son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous. Comme donc il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un fils de son sang, voyant d'avance, il a parlé de la résurrection du Christ, (disant) et qu'il n'a pas été abandonné dans le séjour des morts, et que sa chair n'a pas vu la décomposition. C'est ce Jésus que Dieu a ressuscité : nous en sommes tous témoins. Ayant donc été élevé par la droite de Dieu et ayant reçu du Père l'Esprit-Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez. Car, David n'est pas monté aux cieux, mais il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que j'aie fait de vos ennemis un escabeau pour vos pieds. Que toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que Dieu l'a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié. "

  Or, en entendant (cela), ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : " Frères, que ferons-nous? " Pierre leur dit : " Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit, car la promesse est pour vous, et pour vos enfants, et pour tous ceux qui  sont au loin, autant qu'en appellera le Seigneur notre Dieu. " Et avec force autres paroles il donna son témoignage ; et il les exhortait en disant : " Sauvez-vous de cette génération perverse ! " Eux donc, ayant accueilli sa parole, furent baptisés ; et ce jour-là s'adjoignirent environ trois mille personnes. (Actes des Apôtres, 2, 14-41)

  Que fit donc saint Pierre ? Il exhorta les Israélites a reconnaître Notre Seigneur Jésus-Christ comme vrai Dieu et vrai homme et ainsi à se faire baptiser, c’est-à-dire à devenir membres de l’Église.

Saint Pierre s’adressant à la foule après la Pentecôte.

  Voici le commentaire de l’auteur anonyme (il signe “prêtre tertiaire, ami d’Israël”) du livre “Le salut pour les Juifs” de ce passage du Nouveau Testament :

  Voici le Messie que saint Pierre montre à ses compatriotes, non avec les caractères des grandeurs et des pompes humaines, mais avec ce signe distinctif : sa résurrection d’entre les morts. Le tombeau de votre roi David est là ; mais votre Messie Jésus a laissé un tombeau vide.

  En réponse à ce discours si affirmatif, il fallait crier à l’imposture. Mais loin de là : les Juifs auditeurs de ces paroles se sentent le cœur rempli de componction et ils disent à Pierre et aux autres Apôtres : “Que devons-nous faire, ô hommes qui êtes nos frères ?” Si Pierre avait été un imposteur l’occasion était favorable pour lui de répondre : “Donnez-nous des armes, armez-vous vous-mêmes et marchons comme un seul homme à la conquête de l’univers.” Mais telle ne fut pas la réponse du Prince des Apôtres ; il donne un conseil surhumain : “Faites pénitence, leur dit-il, et demandez tous le Baptême au nom de Jésus”. Et ceux qui avaient entendu ce discours se firent baptiser ; ils étaient environ trois mille.

  Pourquoi cette parole vivifiante serait-elle lettre morte pour ceux qui viennent de la relire dans cette page ? Il ne tient qu’à vous, Israélites, de solliciter la même faveur que vos pères : la grâce du baptême.

  Votre pardon est à ce prix, votre enrôlement sous l’étendard de votre Messie est chose simple et facile. Le peuple, d’ordinaire si avide de qui est royal et pompeux, ne réclame comme merveilleux autre chose que le Baptême. Nous n’avons pas autre chose de mieux à vous offrir que le Baptême du Christ. Acceptez-le comme l’unique salut de vos âmes.

  Comme saint Pierre, nous n’avons pas autre chose à vous dire : “Je n’ai ni or ni argent, mais ce que j’ai je vous le donne : Au nom de Jésus, levez-vous et marchez !” marchez à la conquête du royaume éternel qui vaut mieux que votre or. (Le salut pour les Juifs, p. 232-233)

    Nous voyons ici que les Juifs ont le “cœur rempli componction” à l’écoute de la vérité que leur annonce saint Pierre. Et que leur ordonne-t-il de faire : Pénitence et de recevoir le baptême, unique salut de leurs âmes. Ratzinger-Benoît XVI profitera-t-il de sa présence à la synagogue de Rome pour prêcher aux Juifs la nécessité absolue qu’ils ont de recevoir le baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ? C’est ce que nous verrons plus en détail bientôt.

  En attendant, notre auteur anonyme nous résume brièvement l’attitude séculaire de l’Église Catholique envers les Juifs :

  L’Église voit dans les Juifs des égarés, retenus dans les chaînes du démon qui entretient le Judaïsme à travers les siècles. Plaignons les victimes de ce cruel ravisseur des âmes. Puissent tout ceux qui lisent ces pages et entendre nos conseils ne pas abandonner ces malheureux Israélites, pour lesquels le Christ s’est immolé. Vous n’avez qu’une prière à adresser au Seigneur pour leur conversion, vous n’avez peut-être qu’une parole à prononcer pour les remettre dans le bon chemin. Pourquoi ne pas faire cette prière et ne pas dire cette parole de conviction et de salut ?

  [...]

  Déployez donc le zèle de la parole doctrinale et formez un cercle autour d’eux comme ferait une meute et poussez-les de toutes parts vers le Christianisme ; faites retentir à leurs oreilles la voix de Paul, leur frère, et ils sortiront du Judaïsme où ils sont enfoncés comme dans un buisson et ils rejetteront leurs erreurs judaïques. (Le salut pour les Juifs, p. 220-221)

  Cette attitude est aujourd’hui totalement réprouvée par l’église conciliaire et leur chef Ratzinger-Benoît XVI, véritable usurpateur du siège de saint Pierre. En témoigne cette déclaration intitulée « ‘Non’ à la mission auprès des Juifs  - ‘Oui’ au dialogue entre Juifs et chrétiens »[6] adoptée le 11 février 2009 par le groupe de discussion « Juifs et chrétiens »[7] du Comité central des catholiques allemands (ZdK) et approuvée le 9 mars 2009 par le comité exécutif (Praesidium) du ZdK. Voici en particulier ce que l’on peut y lire :

  Puisque l’alliance de Dieu avec Israël donne à ce peuple accès au salut, l’Église n’a pas à se préoccuper du salut d’Israël, à convertir les Juifs à la foi chrétienne, ou à les inciter à se faire baptiser pour leur propre salut. Lorsque le Concile Vatican II exprime une espérance concernant le salut de tous les humains, nous avons la conviction que cela est spécialement valide pour les Juifs, même s’ils ne sont pas baptisés. Ultimement, Dieu produit le salut d’une manière que lui seul connaît (Ad Gentes 7,1 ; Gaudium et Spes 22,5). Le pessimisme ancien au sujet du salut, qu’exprimait l’adage “Hors de l’Église point de salut” est dépassé. L’espoir du salut lie les Juifs et les chrétiens entre eux d’une manière spéciale.

  Cette déclaration est reprise sur le site internet de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France dont plusieurs “cardinaux” français sont membres d’honneur de sa revue Sens. Ces autorités de l’église conciliaire, d’ordinaire si promptes à témoigner leurs indignations lors du moindre acte “antisémite”, se comportent comme des chiens muets lorsque la doctrine multi-séculaire de l’Église est ouvertement bafouée.

  D’ailleurs qui croira que Ratzinger-Benoît XVI, pseudo-pape d’origine allemande, ne soit pas au courant de cette déclaration adoptée par le groupe de discussion « Juifs et chrétiens » du Comité central des catholiques allemands ?

  Voici donc maintenant le discours de Ratzinger-Benoît XVI à la synagogue de Rome. Nous allons voir si Ratzinger-Benoît XVI tint un discours similaire à celui de saint Pierre, le jour de la Pentecôte, ou si, au contraire, il adopta l’attitude hérétique prônée par le Comité central des catholiques allemands.

Monsieur le grand rabbin de la communauté juive de Rome,

Monsieur le président de l'Union des communautés juives italiennes,

Monsieur le président de la communauté juive de Rome,

Messieurs les rabbins,

Éminentes autorités,

Chers amis et frères,

1. Au début de la rencontre dans le Grand Temple des juifs de Rome, les psaumes que nous avons écoutés nous suggèrent l'attitude spirituelle la plus authentique pour vivre ce moment de grâce particulier et joyeux : la louange au Seigneur, qui a fait de grandes choses pour nous, nous a ici rassemblés avec son Hèsed, l'amour miséricordieux, et l'action de grâce pour nous avoir fait le don de nous retrouver ensemble pour rendre plus solides les liens qui nous unissent et continuer à parcourir la route de la réconciliation et de la fraternité. Je désire tout d'abord vous exprimer ma vive gratitude, M. le grand rabbin Riccardo Di Segni, pour l'invitation que vous m'avez faite et pour les paroles significatives que vous m'avez adressées. Je remercie ensuite les présidents de l'Union des Communautés juives italiennes, M. Renzo Gattegna, et de la Communauté juive de Rome, M. Riccardo Pacifici, pour les paroles courtoises qu'ils ont bien voulu m'adresser. Ma pensée va aux Autorités et à toutes les personnes présentes et elle s'étend, de manière particulière, à la communauté juive romaine et à ceux qui ont collaboré pour rendre possible le moment de rencontre et d'amitié que nous sommes en train de vivre.

En venant pour la première fois parmi vous en tant que chrétien et que Pape, mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, il y a presque vingt-quatre ans, voulut apporter une contribution décisive au renforcement des bonnes relations entre nos communautés, pour surmonter toute incompréhension et préjugé. Ma visite s'inscrit dans le chemin tracé, pour le confirmer et le renforcer. C'est avec des sentiments de vive cordialité que je me trouve parmi vous pour vous manifester l'estime et l'affection que l'évêque de Rome et l'Église de Rome, ainsi que toute l'Église catholique, nourrissent à l'égard de votre communauté et des communautés juives présentes dans le monde.

2. La doctrine du Concile Vatican II a représenté pour les catholiques un point de référence vers lequel se tourner constamment dans l'attitude et dans les rapports avec le peuple juif, marquant une étape nouvelle et décisive. L'événement conciliaire a donné un élan décisif à l'engagement de parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d'amitié, un chemin qui s'est approfondi et développé ces quarante dernières années avec des étapes et des gestes importants et significatifs, parmi lesquels je souhaite mentionner à nouveau la visite historique dans ce lieu de mon vénérable prédécesseur, le 13 avril 1986, les nombreuses rencontres qu'il a eues avec des représentants juifs, notamment au cours des voyages apostoliques internationaux, le pèlerinage jubilaire en Terre Sainte en l'an 2000, les documents du Saint-Siège qui, après la Déclaration Nostra Ætate, ont offert de précieuses orientations pour un développement positif dans les rapports entre catholiques et juifs. Moi aussi, pendant ces années de pontificat, j'ai voulu montrer ma proximité et mon affection envers le peuple de l'Alliance. Je conserve bien vivant dans mon cœur tous les moments du pèlerinage que j'ai eu la joie d'accomplir en Terre Sainte, au mois de mai de l'année dernière, ainsi que les nombreuses rencontres avec des communautés et des organisations juives, en particulier dans les synagogues de Cologne et de New York.

En outre, l'Église n'a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et de ses filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser d'une manière ou d'une autre les plaies de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme (cf. Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme, Nous nous souvenons: une réflexion sur la Shoah, 16 mars 1998). Puissent ces plaies être guéries pour toujours! Il me revient à l'esprit la prière pleine de tristesse au Mur du Temple à Jérusalem du Pape Jean-Paul II, le 26 mars 2000, qui résonne avec vérité et sincérité au plus profond de notre cœur : « Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa descendance pour que ton Nom soit apporté aux peuples: nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l'histoire, les ont fait souffrir, eux qui sont tes fils, et, en te demandant pardon, nous voulons nous engager à vivre une fraternité authentique avec le peuple de l'Alliance ».

  “Continuer à parcourir la route de la réconciliation et de la fraternité” – “chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d’amitié” – “vivre une fraternité authentique avec le peuple de l’Alliance”.

  Tout d’abord, soulignons que l’Église catholique n’a nullement besoin de s’engager dans de tels dialogues car elle n’a rien à apprendre des autres religions (fausses par définition car seule la religion catholique est la véritable religion délivrant le salut aux hommes). Rien ne manque dans sa divine constitution, c’est une société parfaite.[8] Au contraire, comme l’enseigne Léon XIII dans son encyclique Sapientæ Christianæ, “L'Église a encore reçu de Dieu le mandat de s'opposer aux institutions qui nuiraient à la religion, et de faire de continuels efforts pour pénétrer de la vertu de l'Évangile les lois et les institutions des peuples.” Par conséquent, au lieu de “fraternité”[9], mot dont Ratzinger-Benoît XVI en a plein la bouche, on doit employer le mot d’ “inimitié”[10] en ce qui concerne le judaïsme contemporain, celui-ci étant un obstacle au salut des âmes.

  “Peuple de l’Alliance” ? Mais de quelle alliance parle Ratzinger-Benoît XVI qui fait siennes les paroles que Wojtyla-Jean-Paul II prononça au Mur des Lamentations en l’an 2000 ? L’ancienne alliance est devenue caduque et fut substituée par l’éternelle et nouvelle alliance que Notre Seigneur Jésus-Christ a institué lors de la Cène[11] et qu’il ratifia par le versement jusqu’à la dernière goutte de son précieux sang sur la croix, le Vendredi Saint. La destruction du voile du Temple en deux lorsque Notre Seigneur expira sur la croix signifie justement la fin de l’Ancienne Alliance[12].

  Voici par ailleurs, ce qu’affirme le Père Ratisbonne, juif converti à la religion catholique, dans sa brochure La question juive : “Comme si le judaïsme moderne était la religion de Moïse ! Comme si depuis longtemps ils n'avaient brisé la chaîne qui les rattachait à la foi des patriarches !” C’est une des plus belles escroqueries de cette nouvelle église conciliaire, c’est-à-dire de nous faire croire que le judaïsme du XXIème siècle est la religion juive telle que pratiquée au temps de Moïse. Au contraire poursuit le Père Ratisbonne, “les enfants d'Israël qui ont l'immense bonheur d'embrasser la foi chrétienne, désavouent, il est vrai, les superstitions talmudiques de ceux d'entre leurs pères qui sont tombés dans les ténèbres de l'infidélité”.

  Le Pape saint Pie X, lui-même, tenait des propos similaires. Lors de son célèbre entretien avec Theodor Herzl, le père du sionisme contemporain, saint Pie X affirmait : « La foi juive a été le fondement de la nôtre, mais a été dépassée par l’enseignement du Christ, et nous ne pouvons pas admettre qu’elle jouisse encore d’une quelconque validité. »

  C’est d’ailleurs l’enseignement du Concile de Florence dans la Bulle Cantate Domino, promulguée par le Pape Eugène IV, le 4 février 1442 :

  Elle [la Sainte Église Catholique] croit fermement, professe et enseigne : d’une part, que toutes les prescriptions qui font partie de la loi de l’Ancien Testament (la loi mosaïque) et qui se répartissent en cérémonies, rites sacrés, sacrifices et sacrements, parce qu’elles ont été établies pour signifier un événement à venir (bien qu’elles fussent appropriées au culte divin de leur époque), après avoir servi à annoncer la venue de Notre-Seigneur, sont devenues caduques dès lors qu’étaient institués les sacrements du Nouveau Testament ; d’autre part, que quelqu’un pêche mortellement si, même depuis la Passion, il place son espérance dans ces prescriptions et s’y soumet parce qu’il le juge nécessaire à son salut, comme si la foi dans le Christ ne pouvait le sauver sans cela. Elle ne nie pourtant pas qu’entre la Passion du Christ et la promulgation de l’Évangile, les prescriptions en question aient pu être observées jusqu’à ce que la chose apparaisse comme inutile au salut ; mais après la promulgation de l’Évangile, elle affirme que lesdites prescriptions ne peuvent être observées sans perte du salut éternel. Par conséquent, tous ceux qui, depuis cette époque, se soumettent à la circoncision et observent le sabbat, ainsi que les autres prescriptions de la loi mosaïque, sont déclarés par elle étrangers à la foi chrétienne et indignes d’avoir part au salut éternel, à moins qu’ils ne finissent par renoncer à ces erreurs. C’est pourquoi elle commande à tous ceux qui se glorifient du nom de chrétien de renoncer entièrement à la circoncision avant ou après leur baptême, car que l’on place ou non son espérance dans ce dernier, on ne peut se soumettre à une telle pratique sans perdre le salut éternel. […]

  Elle croit fermement, professe et proclame que ceux qui ne vivent pas dans l’Église catholique – non seulement les païens, mais aussi les Juifs, les hérétiques et les schismatiques – ne peuvent avoir aucune part à la vie éternelle, mais iront « au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges » [Matt. 25 :41], à moins qu’avant la fin de leur vie, ils n’aient été ajoutés au troupeau ; que l’unité du corps ecclésiastique est si forte que les sacrements de l’Église sont profitables à ceux-là seuls qui demeurent en lui ; que la pratique du jeûne, de l’aumône et des autres actes et exercices de piété apporte la récompense éternelle ; mais qu’aucun être – quelle que soit l’aumône qu’il pratique, et même s’il a versé son sang au nom du Christ – ne peut être sauvé à moins qu’il ne soit demeuré dans le sein et l’unité de l’Église catholique (Pape Eugène IV, Cantate Domino, Concile de Florence, 4 février 1442).

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3. Le temps qui s'est écoulé nous permet de reconnaître dans le vingtième siècle une époque véritablement tragique pour l'humanité : des guerres sanglantes qui ont semé la destruction, la mort et la douleur comme jamais auparavant ; des idéologies terribles qui ont trouvé leur racine dans l'idolâtrie de l'homme, de la race, de l'État qui ont conduit une fois de plus un frère à tuer son frère. Le drame singulier et bouleversant de la Shoah représente en quelque sorte le sommet d'un chemin de haine qui naît lorsque l'homme oublie son Créateur et se met lui-même au centre de l'univers. Comme je l'ai dit lors de ma visite du 28 mai 2006 au camp de concentration d'Auschwitz, encore profondément inscrite dans ma mémoire, « les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier » et, au fond, « au moyen de l'anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d'orientation de l'humanité, qui demeurent éternellement valables » (Discours au camp d'Auschwitz-Birkenau : Insegnamenti de Benoît XVI, II, [2006], p. 727 ; cf. ORLF n. 24 du 13 juin 2006).

  “Le drame singulier et bouleversant de la Shoah représente en quelque sorte le sommet d'un chemin de haine qui naît lorsque l'homme oublie son Créateur et se met lui-même au centre de l'univers.” Comme d’habitude, Ratzinger-Benoît XVI invoque la Shoah pour mieux nous faire avaler ses hérésies en ce qui concerne le judaïsme talmudique. Contrairement à ce que Ratzinger-Benoît XVI prétend, la Shoah n’est pas le sommet de la haine, le plus grand crime de l’homme envers l’homme. Le plus grand crime jamais commis fut celui du déicide[13] et il fut la réalisation des ancêtres des juifs talmudiques à qui justement Ratzinger-Benoît XVI s’adresse.

  Le gouverneur, prenant la parole, leur dit : " Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? " Ils dirent : " Barabbas. " Pilate leur dit : " Que ferai-je donc de Jésus dit Christ ? " Tous dirent : " Qu'il soit crucifié ! " Il dit " Qu'a-t-il donc fait de mal ? " Et ils crièrent encore plus fort : " Qu'il soit crucifié ! " Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte allait croissant, prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : " Je suis innocent du sang de ce juste ; à vous de voir ! " Et tout le peuple répondit : " Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! " (Mt, 27, 21-25).

  L’auteur du “Le salut pour les Juifs” ajoute :

  Dans notre Credo catholique, le nom de Pilate est voué à une honte éternelle et pourtant l’exécration qui pèse sur lui n’est pas si écrasante que celle qui retombe sur les Juifs. Qu’elle est grave et solennelle cette parole de ce Romain qui est assis sur son tribunal lorsque les Juifs s’efforcent de lui extorquer la condamnation du Christ. Elle reste à travers les siècles comme un essai de justification, car il dit : “Je suis innocent du sang de ce juste”. C’est à vous de voir car il avait tout employé pour arracher la divine Victime aux mains de ce peuple ivre du sang de ce Juste. Les crimes de Barabbas lui faisaient espérer la délivrance de l’innocent Jésus. Les tortures de la flagellation devaient, à son avis, provoquer la pitié de ce peuple en délire. Rien n’y fit. Ses questions à cet accusé, traîné à son tribunal par les fureurs populaires avaient formé sa conviction : il croyait à l’innocence complète de cette victime, il l’appelait même un Juste et, si ce n’est la lâcheté du malheureux Pilate, Jésus était sauvé, il échappait aux Scribes et aux Pharisiens. Le Judaïsme se crut sauvé parce qu’il avait extorqué une peine capitale. Mais c’est un fait bien acquis à l’histoire que le jugement du Christ a été contraire à toutes les lois de l’humanité et de la civilisation.

  [...]

  Pour son déicide, la nation juive est châtiée depuis dix-huit siècles. La durée du châtiment est plus longue. Quand finira-t-elle ? c’est le secret de Dieu. (Le salut pour les Juifs, p.223-224)

 L’abbé Augustin Lémann, juif converti, souligne également la responsabilité du peuple juif dans la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ :

  Cependant la foule, ainsi précipitée dans l’ignorance par les manœuvres du Sanhédrin, n’a pas été exempte de péché. Elle est restée responsable de sa négation et de la mort du Messie.

  Elle est restée responsable ; car, pour qu’elle pût suppléer à la connaissance des Écritures, et résister aux pièges et aux entraînements du Sanhédrin, la Providence toujours attentive au salut des âmes, lui avait ménagé de nombreux et très puissants secours.

  Elle avait eu, à sa disposition, les traditions orales.

  Elle avait eu, devant ses yeux, la démarche solennelle et non suspecte des rois Mages, puis toutes les fidélités qui restèrent religieusement attachées à la personne et aux enseignements de Jésus.

  Elle avait eu, au milieu d’elle, la grande mission de Jean-Baptiste dont la voix semblable à celle d’un lion, avait ébranlé toutes les collines et jusqu’au déserts de la Judée.

  Elle avait eu, durant trois ans, tous les discours de Jésus, tous ses voyages, toutes ses fatigues, toutes ses prières, toutes ses larmes, sa vie surhumaine, les nombreux bienfaits qui avaient marqué chacun de ses pas.

  Elle avait eu, en maintes occasions, ses paroles tonnantes contre les pharisiens et les scribes ; ses avertissements, si souvent répétés, de se tenir en garde contre leur levain !

  Elle avait eu, devant le prétoire, les aveux et les efforts de Pilate qui, par trois fois, lui avait déclaré qu’il ne trouvait rien de répréhensible en cet homme !

  Elle avait eu aussi la voix des Anges, au-dessus du berceau de Bethléem ; la voix de Dieu lui-même, près des bords du Jourdain, au début du ministère de Jésus ; en plaine Jérusalem aux derniers jours de ce ministère !

  Elle avait eu enfin, et surtout les éblouissants miracles de Jésus lui-même : miracles sur la nature, miracles sur la maladie, miracles sur la mort. Jésus les avait multipliés, parce que les miracles ont toujours été une preuve décisive, en faveur du pauvre peuple qui ne sait pas les mystères des Écritures... Après la mort de Bar-Kochbas, fils du mensonge, il parut clairement, a écrit Maïmonide, qu’il n’était point le Messie ; mais pour le reconnaître, les sages n’avaient exigé ni signes ni miracles. Ces mots terribles contre les rabbins ont certainement échappé à Maïmonide... Mais ces signes et ces miracles, Jésus sans qu’on les lui demandât, les avait donnés !

  Après tout cela, après tous ces secours et tous ces signes, la poule méprisée et reniée, pouvait bien dire, en repliant ses ailes : Mon peuple, ô mon peuple, n’ai-je pas tout fait pour te rassembler ?

  La faute où le peuple juif s’est trouvé engagé par les menées du Sanhédrin lui reste donc imputable : À l’opposé des ténèbres amoncelées par les hommes de mal, il y avait trop de clartés, trop de lueurs ménagées du côté du Ciel !

  Cette faute, la plus grave dans son genre, parmi toutes les fautes d’ici-bas, elle porte un nom à part. Ce n’est ni un homicide, ni un fratricide, ni un parricide, ni un régicide : parce qu’elle a atteint dans sa Personne, Celui qui, Messie dans le temps est Fils de Dieu dans l’éternité..., elle se somme le Déicide ! (Histoire complète de l’idée messianique, p. 387-388)

  Et comme le démontre clairement, le Père Isidora da Alatri, “Les Juifs, meurtriers du Christ, ont été punis ; les fils sur lesquels les pères invoquèrent la punition seront punis également, mais uniquement s’ils se solidarisent avec leurs pères, s’ils ne se convertissent pas et persévèrent dans la même rébellion contre le Christ, pierre angulaire du nouvel édifice” (Qui a tué Jésus-Christ ?[14], p. 34)

  Par conséquent, plutôt que de parler une énième fois de la Shoah et de la présenter comme le crime absolu, Ratzinger-Benoît XVI aurait du enseigner aux Juifs que, se solidarisant avec leurs pères coupables du crime de déicide, ils encourent la damnation éternelle et que le seul moyen qu’ils ont d’obtenir le salut est d’entrer dans la véritable Église par la réception du sacrement de baptême.

  Voici en particulier ce que l’ont peut dans le “décret sur les sacrements” de la VIIème session (3 mars 1547) du Concile de Trente à propos du sacrement de baptême :

  Dans ce dessein donc, pour bannir les erreurs et extirper les hérésies qui ont paru de nos jours au sujet des sacrements, en partie réveillées et recueillies des anciennes hérésies, autrefois déjà condamnées par nos Pères ; en partie aussi inventées de nouveau, au grand préjudice de la pureté de l'Église catholique et du salut des âmes, le saint concile de Trente œcuménique et général, légitimement assemblé sous la conduite du Saint-Esprit, les mêmes  légats du Siège apostolique y présidant, s’attachant toujours invariablement à la doctrine des saintes Écritures, aux traditions des Apôtres, au sentiment unanime des autre conciles et des Pères ; a trouvé bon de prononcer et de déclarer les canons suivants :

Can. 5. Si quelqu'un dit que le baptême est libre[15], c'est-à-dire qu'il n'est pas nécessaire au salut : Qu'il soit anathème.

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  Comment ne pas rappeler en ce lieu les juifs romains qui furent arrachés de ces maisons, devant ces murs, et dans un horrible massacre furent tués à Auschwitz ? Comment est-il possible d'oublier leurs visages, leurs noms, les larmes, le désespoir des hommes, des femmes et des enfants ? L'extermination du peuple de l'Alliance de Moïse, d'abord annoncée puis systématiquement programmée et mise en œuvre en Europe sous la domination nazie, atteint également Rome en ce jour tragique. Malheureusement, beaucoup demeurèrent indifférents, mais beaucoup, également parmi les catholiques italiens, soutenus par la foi et l'enseignement chrétien, réagirent avec courage, ouvrant les bras pour secourir les juifs traqués et en fuite, souvent au risque de leur propre vie, et méritant une gratitude éternelle. Le Siège apostolique également mena une action de secours, souvent cachée et discrète.

  Le souvenir de ces événements doit nous pousser à renforcer les liens qui nous unissent pour que croissent toujours davantage la compréhension, le respect et l'accueil.

  Ratzinger-Benoît XVI s’abstient bien évidemment de prononcer le nom du pape Pie XII et se contente de dire que “Le Siège apostolique également mena une action de secours, souvent cachée et discrète.” Quel courage ! Il est étrange pour quelqu’un qui dit vouloir béatifier Pie XII (et donc en faire un exemple, un modèle à suivre) de taire le nom de celui qui fit tant pour les Juifs durant la seconde guerre mondiale, comme en témoigne l’ex-rabbin de Rome, Eugenio Zolli, dans son livre Avant l’aube. Il est vrai que la conversion de l’ex-rabbin de Rome au catholicisme est surement insupportable aux juifs talmudistes, raison supplémentaire de leur aversion envers Pie XII.

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4. Notre proximité et notre fraternité spirituelles trouvent dans l'Écriture Sainte – en hébreu Sifre Qodesh ou « Livres de Sainteté » – le fondement le plus solide et le plus durable, sur la base duquel nous sommes constamment mis devant nos racines communes, devant l'histoire et le riche patrimoine spirituel que nous partageons. C'est en scrutant son propre mystère que l'Église, Peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, découvre son lien profond avec les juifs, choisis les premiers entre tous par le Seigneur pour accueillir sa parole (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 839). « À la différence des autres religions non chrétiennes, la foi juive est déjà une réponse à la révélation de Dieu dans l'Ancienne Alliance. C'est au peuple juif qu' "appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, lui de qui est né, selon la chair, le Christ" (Rm 9, 4-5) car "les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance" (Rm 11, 29) » (Ibid.).

5. Nombreuses peuvent être les implications qui dérivent de l'héritage commun tiré de la Loi et des Prophètes. Je voudrais en rappeler certaines: tout d'abord, la solidarité qui lie l'Église et le peuple juif « au niveau même de leur identité » spirituelle et qui offre aux chrétiens l'opportunité de promouvoir « un respect renouvelé pour l'interprétation juive de l'Ancien Testament » (cf. Commission biblique pontificale, Le peuple juif et ses Saintes Écritures dans la Bible chrétienne, 2001, pp. 12 et 55) ; la place centrale du Décalogue comme message éthique commun de valeur éternelle pour Israël, l'Église, les non-croyants et l'humanité tout entière ; l'engagement pour préparer ou réaliser le Royaume du Très-Haut dans le « soin de la création » confiée par Dieu à l'homme pour la cultiver et la protéger de manière responsable (cf. Gn 2, 15).

  Nous voyons Ratzinger-Benoît XVI réitérer son blasphème vieux de neuf ans. En effet, le document Le peuple juif et ses Saintes Écritures dans la Bible chrétienne reçut une préface du Cardinal Ratzinger. Affirmer “promouvoir un respect renouvelé pour l'interprétation juive de l'Ancien Testament” est en effet un blasphème car cela revient tout simplement à nier que Dieu le Saint-Esprit, qui inspira tous les livres des Saintes Écritures, Ancien Testament compris, ait dirigé les rédacteurs de ces livres avec clarté de manière à ce qu’ils montrent de façon non-équivoque l’Incarnation de la Seconde Personne de la Sainte Trinité dans le sein virginal et immaculé de la Très Sainte Vierge Marie.  

  Ce que Ratzinger-Benoît XVI demande aux catholiques de respecter (c’est-à-dire l'interprétation juive de l'Ancien Testament) est purement et simplement ce que l’abbé Augustin Lémann appelle “la doctrine messianique des démons”, reprenant le mot de saint Paul. Voici la démonstration limpide de l’abbé Lémann sur la responsabilité du peuple juif dans le crime de déicide, crime commis suite à la séduction de ce peuple par Satan.

  Oui, sa perte [celle du peuple juif] viendra de lui, car, depuis son rétablissement en Palestine, combien renseigné n’était-il pas sur les vrais caractères du Christ, et même, dans la personne de ses chefs religieux et de ses docteurs, sur le Christ qui devait souffrir. Une parole de Jésus éclairera plus tard le mystère de cette chute. “Vous avez pour père le diable, dira Jésus aux Pharisiens, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement et n’est point demeuré dans la vérité, parce qu’il n’y a point de vérité en lui. Il est menteur et père du mensonge” (Jn, 8.44)[16]. Il y aura donc, de la part de Satan, des désirs contre le Christ, et ces désirs les Juifs les accomplissent. Mais avant d’en arriver là, il aura fallu que celui qui fut si longtemps le peuple de Dieu, se laisse séduire et précipiter dans le mensonge.

  Par quelles voies Satan y arrivera-t-il ? En faussant les conceptions messianiques, et en les faussant avec habileté, d’une manière lente et graduelle.[17] Les prophètes ont pour ainsi dire terminé leur œuvre. Chacun d’eux, en serviteur fidèle, est venu se ranger ponctuellement sur cette ligne de hérauts qui, depuis Moïse, de bouche en bouche, ont annoncé de plus en plus l’arrivée de Celui qui doit fermer la marche, parce qu’il en est le grand objet. De plus en plus ils ont précisé les circonstances de sa venue et les caractères de sa personne. Grâce à eux le portrait du Messie est complet, achevé. Eh bien, voici que Satan va en présenter un autre. À l’opposé des doctrines des prophètes, il va faire apparaître les doctrines des démons. C’est le mot de saint Paul : “L’Esprit dit manifestement que, dans les derniers temps, plusieurs s’écarteront de la foi, s’attachant à des esprits d’erreur et aux doctrines des démons” (Tim, 9.1). Cette défection que le grand Apôtre annoncera plus tard pour les derniers temps de l’Église, elle va se produire auparavant aux derniers âges de la Synagogue. Les esprits de mensonge qui n’avaient pas cessé, depuis nos premiers parents, de séduire et d’égarer les intelligences humaines, vont plus particulièrement circonvenir les intelligences juives. Il y aura donc une doctrine messianique des démons comme il y a eu jusqu’alors une doctrine messianique des prophètes ; et le pauvre peuple juif, séduit, égaré par elle, s’écartant du chemin de la vérité, sera précipité dans les abîmes du mensonge. (Histoire complète de l’idée messianique, p. 162-163)

  Auparavant l’abbé Lémann avait bien précisé que le peuple juif avait eu l’entière liberté de choisir entre la doctrine messianique des démons et la doctrine messianique des prophètes :

  Toutefois, hâtons-nous de le dire, l’action diabolique n’est point fatale, elle n’est pas assurée de réussite. Les peuples exposés à la tentation restent, comme les individus, dans la main de leur conseil, selon le mot de l’Écriture. Ils conservent le pouvoir de choisir entre les inspirations diaboliques et les inspirations divines : Ce pouvoir porte un bien grand nom : il s’appelle la liberté. Puissance souveraine, la liberté gît au plus profond de nous, individus ou peuples, dans un séjour calme comme la vérité ; elle y entend les deux voix qui lui parlent, elle les confronte, les juge, se tait un moment, et dit à Dieu ou au démon : Oui. Mais chez les peuples aussi la liberté n’est pas seule pour donner sa réponse dans le sens du bien. Car s’il y a, de la part du démon, des tentatives pour entraîner dans l’erreur, il y a et d’une manière plus abondante des inductions, de la part de Dieu, pour maintenir dans la vérité. (Histoire complète de l’idée messianique, p. 159-160)

  Comprenons bien ici que c’est l’interprétation messianique satanique que Ratzinger-Benoît XVI veut que les catholiques respectent à savoir la négation de l’Incarnation, de la Rédemption, de l’établissement de la Nouvelle Alliance éternelle, ... Et tout cela serait le fait d’un pape catholique ! Qui croira encore plus longtemps la farce de Benoît XVI, pape et catholique ?

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6. En particulier, le Décalogue – les « Dix Paroles » ou Dix Commandements (cf. Ex 20, 1-17 ; Dt 5, 1-21) – qui provient de la Torah de Moïse, constitue le flambeau de l'éthique, de l'espérance et du dialogue, étoile polaire de la foi et de la morale du peuple de Dieu, et il éclaire et guide également le chemin des chrétiens. Il constitue un phare et une norme de vie dans la justice et dans l'amour, un « grand code » éthique pour toute l'humanité. Les « Dix Paroles » jettent une lumière sur le bien et le mal, sur le vrai et le faux, sur le juste et l'injuste, également selon les critères de la conscience juste de toute personne humaine. Jésus lui-même l'a répété plusieurs fois, en soulignant qu'un engagement actif sur le chemin des commandements est nécessaire : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mt 19, 17). Dans cette perspective, les domaines de collaboration et de témoignage sont divers. Je souhaiterais en rappeler trois particulièrement importants pour notre époque.

Les « Dix Paroles » demandent de reconnaître l'unique Seigneur, contre la tentation de se construire d'autres idoles, de se faire des veaux d'or. Dans notre monde, beaucoup ne connaissent pas Dieu ou estiment qu'il est superflu, sans importance pour la vie ; ainsi ont été fabriqués d'autres et de nouveaux dieux devant lesquels l'homme s'incline. Réveiller dans notre société l'ouverture à la dimension transcendante, témoigner de l'unique Dieu est un service précieux que les juifs et les chrétiens peuvent et doivent offrir ensemble.

  Ratzinger-Benoît XVI discourt longuement sur les dix Commandements comme “message éthique commun” entre les Juifs et les catholiques. Il oublie cependant un détail que nous rapporte le Catéchisme du Concile de Trente :

  Car il est bien certain qu’on doit se soumettre à ces divins préceptes [les dix Commandements], non pas parce que Moïse les a promulgués, mais parce qu’ils sont gravés dans tous les cœurs, et qu’ils ont été expliqués et confirmés par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même. [...]

  Que dit en effet l’Apôtre : “Il importe peu d’être circoncis, ou incirconcis, ce qui est absolument nécessaire, c’est l’observation des Commandements de Dieu.” (I Cor, 7,19). Quand ensuite, il répète ailleurs la même maxime et nous dit que “La nouvelle créature en Jésus-Christ vaut seulement quelque chose” (Gal, 6,15), il nous fait clairement entendre que par cette nouvelle créature en Jésus-Christ il veut signifier celui qui observe les Commandements de Dieu. Car avoir reçu les Commandements de Dieu et les observer, c’est L’aimer d’après ce témoignage de Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même dans S. Jean : “Celui qui m’aime gardera ma parole” (Jn, 14,21,23)

  Ce petit détail réside en la personne de Notre Seigneur Jésus-Christ dont le catéchisme de Trente nous enseigne qu’il a expliqué et confirmé les Commandements. Seule l’Église catholique par son enseignement infaillible est la véritable gardienne et interprète des dix Commandements.

  Autre phrase absolument abominable de Ratzinger-Benoît XVI : “témoigner de l'unique Dieu est un service précieux que les juifs et les chrétiens peuvent et doivent offrir ensemble.” Qu’est-ce que l’ “unique Dieu” dont parle Ratzinger-Benoît XVI ? Est-ce la Très Sainte Trinité : Dieu, le Père, Dieu, le Fils et Dieu le Saint-Esprit ? Les catholiques et les juifs n’adorent pas le même Dieu car les Juifs rejettent les deuxième et troisième personnes de la Sainte Trinité. Voici ce que disait Mgr Lefebvre à ce propos,

  « Comment voulez-vous que les Juifs prient le vrai Dieu ? Ils sont formellement, essentiellement contre Notre-Seigneur Jésus-Christ, depuis précisément le jour de la Résurrection de Notre-Seigneur et même avant puisqu'ils l'ont crucifié. Mais d'une manière quasi officielle après la Résurrection : ils se sont mis immédiatement à persécuter les disciples de Notre-Seigneur Jésus-Christ et cela pendant des siècles. Comment peut-on prier le vrai Dieu avec les Juifs ? Qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ ? C'est le Verbe de Dieu, Il est Dieu. Nous n'avons qu'un seul Dieu : Dieu le Père, Fils et Saint-Esprit et qu'un seul Seigneur, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce sont les Évangélistes qui répètent cela à satiété. Quiconque s'oppose à Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a pas le Père, comme le dit explicitement saint Jean dans ses lettres : « Qui n'a pas le Fils, n'a pas le Père. Celui qui n'honore pas le Fils, n'honore pas le Père » (I Joan. II - 23).

  « C'est normal, il n'y a qu'un seul Dieu en trois Personnes. Si l'une des personnes est déshonorée, refusée, on ne peut pas honorer les autres personnes. C'est impossible. C'est détruire la Sainte Trinité. Par conséquent, en déshonorant Notre-Seigneur Jésus-Christ, les Juifs déshonorent la Sainte Trinité. Comment pourraient-ils prier Notre-Seigneur, le vrai Dieu. Or, il n'y a pas d'autre Dieu au Ciel que nous connaissions, qui nous ait été enseigné par notre Foi catholique. » (Sermon de Mgr Lefebvre du 30 mars 1986 (Pâques), quinze jours avant la visite de Jean-Paul II à la synagogue de Rome le 13 avril 1986).

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  Les « Dix Paroles » demandent le respect, la protection de la vie, contre toute injustice ou tout abus de pouvoir, en reconnaissant la valeur de toute personne humaine, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Combien de fois, dans toutes les régions de la terre, proches ou lointaines, sont encore piétinés la dignité, la liberté, les droits de l'être humain ![18] Témoigner ensemble de la valeur suprême de la vie contre tout égoïsme, c'est offrir une contribution importante à un monde où puissent régner la justice et la paix, le « shalom » appelé de leurs vœux par les législateurs, par les prophètes et par les sages d'Israël.

  Les « Dix Paroles » exigent de sauvegarder et de promouvoir la sainteté de la famille, où le « oui » personnel et réciproque, fidèle et définitif de l'homme et de la femme, ouvre l'espace pour l'avenir, pour l'authentique humanité de chacun, et s'ouvre, dans le même temps, au don d'une nouvelle vie. Témoigner que la famille continue d'être la cellule essentielle de la société et le contexte de base où l'on apprend et l'on exerce les vertus est un précieux service à offrir pour la construction d'un monde au visage plus humain.

  Il y aurait beaucoup à dire sur ce passage où Ratzinger-Benoît XVI appelle à la collaboration du judaïsme et du catholicisme (sous le prétexte spécieux de partager les dix Commandements) à rénover l’humanité (dignité, liberté, droit de l’être humain, justice, paix, ...). Une telle rénovation n’est possible que par Jésus-Christ comme l’enseigne le pape Pie XI dans ses deux premières encycliques. Par conséquent, combien cela est vain de faire appel à la synagogue déicide pour rénover moralement et spirituellement le monde.

  Il y a bien peu à attendre d'une paix artificielle et extérieure qui règle et commande les rapports réciproques des hommes comme ferait un code de politesse ; ce qu'il faut, c'est une paix qui pénètre les cœurs, les apaise et les ouvre peu à peu à des sentiments réciproques de charité fraternelle. Une telle paix ne saurait être que la paix du Christ : et que la paix du Christ apporte l'allégresse en vos cœurs (Coloss. III, 15) ; il ne peut y avoir de paix autre et différente que celle que le Christ donne lui-même aux siens (Jean XIV, 27), lui qui, comme Dieu, voit dans les cœurs (I Samuel XVI, 7) et règne dans l'intime des âmes. C'est d'ailleurs à bon droit que le Seigneur Jésus appelait cette paix sa paix à lui, car il fut le premier à dire aux hommes : Vous êtes tous des frères (Matth. XXIII, 8) ; c'est lui qui a promulgué la loi de l'amour et du support mutuel entre tous les hommes, et la scella pour ainsi dire de son sang : Mon précepte à moi est que vous vous aimiez les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés (Jean, XV, 12) ; Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ (Gal. VI, 2). (Pie XI, Encyclique Ubi arcano, 23 décembre 1922)

  Dans la première Encyclique [Ubi Arcano] qu'au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier, Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain.

  Or, il Nous en souvient, Nous proclamions ouvertement deux choses : l'une, que ce débordement de maux sur l'univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique ; l'autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. C'est pourquoi, après avoir affirmé qu'il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d'y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur.

  Depuis, Nous avons clairement pressenti l'approche de temps meilleurs en voyant l'empressement des peuples à se tourner – les uns pour la première fois, les autres avec une ardeur singulièrement accrue – vers le Christ et vers son Église, unique dispensatrice du salut: preuve évidente que beaucoup d'hommes, jusque-là exilés, peut-on dire, du royaume du Rédempteur pour avoir méprisé son autorité, préparent heureusement et mènent à son terme leur retour au devoir de l'obéissance. (Pie XI, Encyclique Quas Primas, 11 décembre 1925)

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7. Comme l'enseigne Moïse dans le Shemà (cf. Dt 6, 5 ; Lv 19, 34) – et le réaffirme Jésus dans l'Évangile (cf. Mc 12, 19-31), tous les commandements se résument dans l'amour de Dieu et dans la miséricorde envers le prochain. Cette Règle engage les juifs et les chrétiens à faire preuve, à notre époque, d'une générosité particulière envers les pauvres, les femmes, les enfants, les étrangers, les malades, les faibles, les personnes dans le besoin. Il existe dans la tradition juive un admirable dicton des Pères d'Israël : « Simon le Juste avait l'habitude de dire : le monde se fonde sur trois choses : la Torah, le culte et les actes de miséricorde » (Aboth 1, 2). À travers l'exercice de la justice et de la miséricorde, les juifs et les chrétiens sont appelés à annoncer et à témoigner du Royaume du Très-Haut qui vient, et pour lequel nous prions et nous œuvrons chaque jour dans l'espérance.

  Ici, nous voyons Ratzinger-Benoît XVI citer le Talmud : « Simon le Juste avait l'habitude de dire : le monde se fonde sur trois choses : la Torah, le culte et les actes de miséricorde » (Aboth 1, 2), passage qu’il trouve “admirable”. Or l’Évangile nous apprend : “Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi.” (Jn, 14.6) Voici le commentaire de saint Hilaire tiré de la Chaîne d’Or de saint Thomas d’Aquin : “Tout homme est capable de percevoir la vérité et la vie, mais tout homme ne trouve pas la voie qui y conduit. Que Dieu soit une certaine vie éternelle, et une vérité que l'on peut connaître, c'est ce que les philosophes de ce monde ont eux-mêmes compris, mais c'est le Verbe de Dieu qui, dans le sein du Père, est la vérité et la vie qui est devenu la voie en se revêtant de notre humanité. Marchez par cette humanité, et vous arriverez jusqu'à la divinité ; car il vaut encore mieux marcher en boitant dans la voie,  que de faire de grands pas hors de la voie. (S. Hilaire. de la Trin., 7). Le monde est fondé sur la totalité de la Divine Révélation que Notre Seigneur Jésus-Christ a confiée à la Sainte Église Catholique qui, elle seule, rend un culte agréable à la Très Sainte Trinité et conduit les âmes au Ciel.

  Quant au Talmud et aux doctrines des rabbins, voici ce que déclarait l’Américain Scott Hahn, directeur du Centre Saint Paul de théologie biblique, ancien pasteur presbytérien converti au catholicisme dans une interview à l’Agence de Presse, Zenit, le 3 juillet 2005 :

  “Le pape Benoît XVI est lui-même un grand théologien biblique, imprégné des Pères et des Docteurs de l’Église, spécialement saint Augustin et saint Bonaventure, ainsi que des traditions juive et rabbinique. Je ne crois pas qu’il y ait eu un pape depuis saint Pierre ayant autant étudié les anciens rabbins.”

  Voici ce que disait l’ex-rabbin Drach, converti au catholicisme, à propos du Talmud dans des lettres qu’il écrivait à ses frères Israélites :

  Oui, je vous en conjure, choisissez la vie. Voyez d'un côté le talmud des rabbins avec ses erreurs grossières et la perversité de ses maximes, de l'autre côté l'Évangile du Seigneur avec sa doctrine si sainte, et sa morale si pure, si sublime : et choisissez la vie. (Ex-Rabbin Drach, Lettre d'un Rabbin converti, aux Israëlites ses frères, sur les motifs de sa conversion, Tome II, p. 161).

  J'ai la confiance, mes chers frères, que la lecture de cette lettre que je n'ai composée ni pour ma gloire, ni pour celle de ma maison, mais pour la gloire de Jéhovah notre Rédempteur, vous convaincra que les dogmes catholiques constituaient la croyance constante et unanime de notre nation, jusqu'à la naissance du parti anti-chrétien, le pharisaïsme, qui a formé votre synagogue schismatique, opposée à la synagogue de Jésus-Christ. Nos ancêtres adoraient Jéhovah subsistant en trois Personnes quoique unique d'Essence. Ils espéraient avec une ferme confiance que Jésus, son Fils dans l'éternité, assis à sa droite, sera notre Messie fils de David, quand l'heure sera venue de le revêtir d'une chair à la ressemblance de laquelle il a formé le corps d'Adam. (Ex-Rabbin Drach, Lettre d'un Rabbin converti, aux Israëlites ses frères, sur les motifs de sa conversion, Tome II, p. 254-255).

  Pour bien entendre le Talmud, pour acquérir ce que les rabbins appellent cignoun hatthalmoud (la marche, la méthode du Talmud), il faut avoir le malheur d'être élevé dans le judaïsme, et de perdre les plus belles années de sa jeunesse à chanter la guemara (partie du Talmud qui fait la glose de la mischna) en criant à tue-tête. (Ex-Rabbin Drach, Lettre d'un Rabbin converti, aux Israëlites ses frères, sur les motifs de sa conversion, Tome II, p. 275).

  Ce serait ici le lieu de faire connaître les maximes intolérantes et inhumaines que les rabbins professent à l'égard des juifs convertis, des chrétiens, des païens et des juifs qui trahissent les secrets de la synagogue ; c'est-a-dire, de prouver par des textes formels, la fausseté de la quatrième décision du Sanhédrin de 1807, sans préjudice de ce que j'aurais à dire relativement à ses autres décisions. Mais la charité chrétienne me défend de publier, si ce n'est en cas de nécessité absolue, la traduction des passages révoltants que je pourrais citer dans cette note. Je me bornerai à en indiquer une partie à ceux de mes frères qui les ignorent, et qui savent assez la langue rabbinique pour les lire dans les livres originaux. Les citations que je vais faire m'obligent à consigner ici une remarque importante.

  Le Talmud et les autres ouvrages des rabbins contiennent une foule de sorties contre les chrétiens et contre le christianisme, et des blasphèmes abominables contre notre divin Rédempteur. Depuis que la connaissance de la langue hébraïque s'est répandue en Europe, les imprimeurs juifs ont pris la précaution de supprimer tous ces passages, en laissant des lacunes à leur place. Ils substituent des noms quelconques à ceux de minim, goyim, nohhrim (chrétiens), meschoummedim, moumrim (juifs baptisés), etc. . Les rabbins enseignent verbalement ce qu'indiquent ces lacunes, et ils rectifient les mots changés à dessein. Quelquefois aussi ils rétablissent à la main dans leurs exemplaires les suppressions et les corrections politiques des éditeurs juifs. Ce dernier cas est arrivé dans l'exemplaire du Talmud que je possède. Helvicus raconte dans son Tractatus de Chaldaicis bibliorum paraphrasibus qu'il avait un Talmud dont un juif s'était servi avant lui, et dans lequel toutes ces corrections étaient faites à la plume.

  Les premières éditions du Talmud offrent le texte de ce code dans toute son intégrité. Comme celles de Cracovie, de Venis (1520), d'Amsterdam (1600 in-folio petit format). Il faut recourir à la grande bible rabbinique de Venise, en 4 vol. , imprimé chez D. Bomberg, pour trouver les passages hostiles des commentateurs bibliques, dirigés contre les chrétiens. (Ex-Rabbin Drach, Lettre d'un Rabbin converti, aux Israëlites ses frères, sur les motifs de sa conversion, Tome II, p. 300-301).

  Le discours de l’ex-rabbin Drach est authentiquement catholique à contrario de celui tenu par Ratzinger-Benoît XVI. Là ou l’ex-rabbin Drach exhorte à sortir des ténèbres de la synagogue pour rejoindre les bras maternels de la Sainte Église Catholique, Ratzinger-Benoît XVI conforte les Juifs dans leurs doctrines messianiques des démons. Lorsque l’ex-rabbin Drach parle du “malheur d’être élevé dans le judaïsme”, Ratzinger-Benoît XVI appelle à la promotion d’ « un respect renouvelé pour l'interprétation juive de l'Ancien Testament ». Lorsque l’ex-rabbin Drach parle de “parti anti-chrétien” en ce qui concerne la synagogue actuelle, Ratzinger-Benoît XVI appelle à la collaboration des deux religions (voir les deux paragraphes suivants du discours de Ratzinger-Benoît XVI)

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8. Nous pouvons accomplir des pas ensemble dans cette direction, conscients des différences qui existent entre nous, mais également du fait que si nous réussissons à unir nos cœurs et nos mains pour répondre à l'appel du Seigneur, sa lumière deviendra plus proche pour illuminer tous les peuples de la terre. Les pas accomplis au cours de ces quarante années par le Comité international conjoint catholique-juif et, au cours des dernières années, par la Commission mixte du Saint-Siège et du grand rabbinat d'Israël, sont un signe de la volonté commune de poursuivre un dialogue ouvert et sincère. Demain précisément, la Commission mixte tiendra ici à Rome sa rencontre sur : « L'enseignement catholique et juif sur la création et l'environnement » ; nous leur souhaitons un dialogue fructueux sur un thème d'actualité aussi important.

9. Les chrétiens et les juifs ont en commun une grande partie de leur patrimoine spirituel, ils prient le même Seigneur, ils ont les mêmes racines, mais ils demeurent souvent ignorants les uns des autres. C'est à nous qu'il revient, en réponse à l'appel de Dieu, de travailler afin que demeure toujours ouvert l'espace du dialogue, du respect réciproque, de la croissance dans l'amitié, du témoignage commun face aux défis de notre temps, qui nous invitent à collaborer pour le bien de l'humanité dans ce monde créé par Dieu, le Tout-Puissant et le Miséricordieux.

  Écoutons saint Jean Chrysostome, certes aujourd’hui honni par les meneurs du “dialogue” judéo-chrétien à cause de ses paroles incisives envers la Synagogue. Voici donc quelques extraits de son premier discours contre les Juifs :

  Je sais que beaucoup respectent les Juifs, et pensent que leurs rites sont honnêtes, même aujourd'hui ; c'est pourquoi j'ai hâte de déraciner cette pernicieuse opinion. J'ai dit que la synagogue n'offre rien qui la rende préférable au théâtre, et j'en prends le Prophète à témoin : les Juifs ne sont pas plus dignes de foi que les prophètes. Que dit donc le Prophète ? Ton front est devenu celui d'une prostituée ; tu n'as plus rougi devant personne. (Jérém. III, 3.) Le lieu où reste une prostituée est un lieu de débauche ; mais c'est peu que la synagogue soit un lieu de débauche et un théâtre ; elle est encore une caverne de brigands et un refuge de bêtes féroces. Car, est-il dit : Votre maison est devenue pour moi une caverne d'hyène (Jérém. VII, 11), non pas simplement d'animal féroce, mais d'animal impur. Et encore : J'ai délaissé ma maison, j'ai abandonné mon héritage. ( Idem , XII , 7. ) Or, quand Dieu délaisse, quel espoir de salut reste-t-il ? Quand Dieu délaisse un lieu, ce lieu-là devient la demeure des démons. À la vérité, ils affirment absolument qu'ils adorent, eux aussi, le vrai Dieu ; mais, à Dieu ne plaise que nous le disions ! Aucun Juif n'adore Dieu. C'est le Fils de Dieu lui-même qui le déclare. Car, dit-il, si vous connaissiez mon Père, vous me connaîtriez, mais vous ne connaissez ni moi ni mon Père. (Jean, VIII, 19.) Quel témoignage apporterai-je plus digne de foi que celui-là ?

Si donc, ils ne connaissent pas le Père, s'ils ont crucifié le Fils et rejeté l'assistance de l'Esprit, qui oserait nier que la synagogue ne soit l'hôtellerie des démons ? Dieu n'est pas adoré en ce lieu, loin de là ! mais c'est désormais le temple de l'idolâtrie ; quelques-uns cependant s'approchent de ces lieux comme d'un sanctuaire.

  Mais, puisqu'il y en a qui pensent que la synagogue est un lieu saint, il est nécessaire de dire quelques mots pour les désabuser. Pourquoi, en effet, vénérez-vous ce lieu qui doit être méprisé, exécré, et dont il faut s'éloigner ? La loi, disent-ils, y est déposée, ainsi que les livres prophétiques. Et qu'est-ce que cela fait ? Quoi donc ! Suffit-il que les Livres saints soient quelque part, pour que le lieu soit saint aussi ?[19] Nullement. Pour moi, j'en déteste d'autant plus la synagogue ; elle a les prophètes, et elle ne croit pas aux prophètes, elle connaît les Écritures, et elle n'en accepte pas le témoignage : n'est-ce pas pousser l'injure jusqu'à la dernière limite ? Dites-moi, si vous voyiez un homme vénérable, célèbre, illustre, conduit dans un cabaret ou dans un repaire de brigands, et que là, il fût injurié, frappé et eût à souffrir les derniers outrages, est-ce que vous admireriez l'auberge ou la taverne , par la raison que ce grand homme, cet homme distingué y est entré et y a été bafoué et insulté ? Je ne le pense pas ; ce serait principalement pour cela que vous le haïriez et que vous l'auriez en aversion. Raisonnez de même pour la synagogue. Les Juifs y ont apporté avec eux les prophètes et Moïse, mais ce n'est pas pour les honorer, c'est au contraire pour les injurier et les déshonorer. Ils disent que ces saints personnages n'ont pas connu Jésus-Christ, et qu'ils n'ont pas parlé de son avènement, peuvent-ils leur faire une plus grande injure ? Ils ont l'audace de vouloir faire de ces grands hommes les complices de leur impiété ! Il faut donc les haïr, et eux et leur synagogue, pour la raison surtout qu'ils ont outragé les saints prophètes.

  Ces quelques extraits de saint Jean Chrysostome sont le contre-poison au discours œcuméniste et mondialise de Ratzinger-Benoît XVI. Le catholique ne peut s’allier au juif négateur du Christ. Cette alliance voulue par Ratzinger-Benoît XVI est un scandale. Saint Jean Chrysostome, toujours dans le même discours, en explique la raison :

  Je vous exhorte donc à fuir leur réunion et à vous en tenir aussi éloignés que vous pourrez. En y allant vous êtes pour vos frères un sujet de grave scandale, en même temps que vous donnez lieu aux Juifs de se livrer à un orgueil insensé. Car, en vous voyant, vous, les adorateurs de Jésus-Christ que les Juifs ont crucifié, rechercher les cérémonies de ces mêmes Juifs et les respecter, comment les chrétiens faibles ne se persuaderaient-ils pas que ce qui se fait par les Juifs dans leurs réunions, est très-bien, tandis que nos mystères à nous n'ont aucune valeur, puisque vous qui les vénérez et les observez, vous courez vous mêler avec ceux qui en sont les plus irréconciliables ennemis ? Si quelqu'un vous voit, est-il dit, vous qui avez la science, vous asseoir à table dans un lieu consacré aux idoles, est-ce que la conscience de celui qui est faible, ne sera pas excitée à manger ce qui est consacré aux idoles ? (I Cor. VIII, 10.) Et moi je vous dis : Si quelqu'un vous voit, vous qui avez la science, vous en aller dans la synagogue et regarder les trompettes, est-ce que la conscience de celui qui est faible ne sera pas excitée à admirer les cérémonies judaïques ? Celui qui tombe ne subit pas seulement le châtiment de sa propre chute, mais il est aussi puni pour avoir fait tomber les autres par son exemple. De même, celui qui demeure forme dans son devoir n'est pas seulement couronné pour sa vigueur personnelle ; mais on le loue encore parce qu'il a de plus excité l'émulation des autres. Fuyez donc et les assemblées et les lieux de réunion des Juifs, et que personne n'ait de vénération pour la synagogue à cause des livres qu'elle garde c'est une raison de plus, au contraire, pour la haïr et s'en éloigner, parce que, si elle retient les écrits des saints prophètes, c'est pour les injurier, en ne croyant pas à leurs paroles ; parce que ces mêmes écrits ne font que mettre dans tout son jour l'impiété de la synagogue.

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  Enfin, Ratzinger-Benoît XVI conclut son discours en souhaitant une nouvelle fois une coopération toujours plus étroite entre Juifs et Catholiques.

10. J'exprime enfin une pensée particulière pour notre Ville de Rome, où, depuis environ deux millénaires, cohabitent, comme le disait le Pape Jean-Paul II, la communauté catholique avec son évêque et la communauté juive avec son grand rabbin. Que cette coexistence puisse être animée par un amour fraternel grandissant, s'exprimant également dans une coopération toujours plus étroite pour offrir une contribution valable à la résolution des problèmes et des difficultés à affronter.

J'invoque du Seigneur le don précieux de la paix dans le monde entier, en particulier en Terre Sainte. Au cours de mon pèlerinage à Jérusalem au mois de mai dernier, au Mur du Temple, j'ai demandé à Celui qui peut tout : « Envoie ta paix sur cette Terre Sainte, sur le Moyen Orient, sur la famille humaine tout entière ; éveille le cœur de tous ceux qui invoquent ton nom, afin qu'ils marchent humblement sur le chemin de la justice et de la compassion » (Prière au Mur des Lamentations de Jérusalem, 12 mai 2009 ; cf. ORLF n. 20 du 19 mai 2009).

J'élève vers Lui, à nouveau, l'action de grâce et la louange pour notre rencontre, en lui demandant de renforcer notre fraternité et de rendre notre entente plus solide[20].

  Cependant Ratzinger-Benoît XVI nous leurre en nous faisant croire qu’une telle coopération aura pour fruits “ la résolution des problèmes et des difficultés à affronter” ainsi que la paix. Écoutons plutôt les conseils de saint Pie X :

  Voici fondée par des catholiques une association interconfessionnelle, pour travailler à la réforme de la civilisation, œuvre religieuse au premier chef ; car pas de vraie civilisation sans civilisation morale, et pas de vraie civilisation morale sans la vraie religion : c’est une vérité démontrée, c’est un fait d’histoire. [...] Ceci dit, que faut-il penser de la promiscuité où se trouveront engagés les jeunes catholiques avec des hétérodoxes et des incroyants de toute sorte dans une œuvre de cette nature ? N’est-elle pas mille fois plus dangereuse pour eux qu’une association neutre ? Que faut-il penser de cet appel à tous les hétérodoxes et à tous les incroyants à prouver l’excellence de leurs convictions sur le terrain social, dans une espèce de concours apologétique, comme si ce concours ne durait pas depuis dix-neuf siècles, dans des conditions moins dangereuses pour la foi des fidèles et tout en l’honneur de l’Église Catholique ? Que faut-il penser de ce respect de toutes les erreurs et de l’invitation étrange, faite par un catholique à tous les dissidents, de fortifier leurs convictions par l’étude et d’en faire des sources toujours plus abondantes de forces nouvelles ? Que faut-il penser d’une association où toutes les religions et même la libre-pensée peuvent se manifester hautement, à leur aise ?

[...]

  Non, Vénérables Frères, – il faut le rappeler énergiquement dans ces temps d’anarchie sociale et intellectuelle où chacun se pose en docteur et en législateur, – on ne bâtira pas la cité autrement que Dieu ne l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo. (Saint Pie X, Notre charge apostolique, 25 août 1910)

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  Les rabbins ont évidemment bu comme du petit lait le discours que Ratzinger-Benoît XVI leur délivra à la synagogue. Le rabbin Alfonso Arbib de Milan, a déclaré :

  “Le discours du pape fut important car il a confirmé des concepts fondamentaux – par exemple l’IRRÉVERSIBILITÉ de l’alliance divine avec le peuple juif. C’est un concept important pour les catholiques, car durant des siècles il y eut dans le catholicisme l’idéologie, ou l’idée, de la substitution, à savoir que l’Église Catholique substitue le peuple juif”.[21]

  Le rabbin David Rosen, présent à la synagogue de Rome, directeur du département des affaires religieuses du Comité Juif Américain, a écrit :

  “Il y eut un nombre de points particulièrement notables dans le discours du pape. Il a usé fréquemment du terme “Peuple de l’Alliance” pour décrire la communauté juive et, notamment dans le contexte de la Shoah, a appelé les Juifs “le peuple de l’Alliance de Moïse”. Il a souligné que, à l’opposé de toute autre religion, le Judaïsme a une relation d’alliance inhérente et éternelle avec Dieu. De plus, dans son appel aux Chrétiens pour s’imprégner de l’interprétation juive des Écritures, il a clarifié de manière catégorique le point de vue de l’Église sur le peuple juif, non seulement comme authentique porteur vivant du message divin dans toute son intégrité, mais aussi comme ayant une profonde valeur spirituelle et éducative pour l’Église elle-même. Et pour illustrer cela, il a incorporé des citations notables à partir de sources juives.”[22]

  Le texte du rabbin Rosen serait à citer dans son intégralité. Voici seulement sa phrase de conclusion :

  “Néanmoins, aussi loin que les relations entre catholiques et juifs sont concernées, la visite du pape Benoît XVI à la synagogue de Rome fut une véritable étape, soulageant beaucoup de peurs et de suspicions et revigorant la transformation historique de ces relations à notre époque.

  À l’opposé, l’abbé Floriano Abrhamowicz, récemment expulsé de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, célébra une messe de réparation, le dimanche suivant la visite de Ratzinger-Benoît XVI à la synagogue. L’abbé Abrhamowicz fit remarquer avec justesse que “le seul manquant dans cette histoire était Notre Seigneur Jésus-Christ”. Un point de détail de l’histoire surement pour Ratzinger-Benoît XVI.

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Aucun copyright.



[1] http://www.sidic.org/it/DocOnLineView.asp?class=Doc00047

[2] Le rabbin Elie Benamozegh à Aimé Pallière : “Avant toutes choses, je voudrais que vous vous persuadiez bien que cette religion noachide dont vous me dites entendre parler pour la première fois, n’est pas une trouvaille que j’ai personnellement faite, encore moins une invention de ma façon. Non, c’est un fait étudié, discuté à chaque page de notre Talmud” (Aimé Pallière, Le sanctuaire inconnu, ma conversion au judaïsme, p. 137)

[3] http://www.sodalitium.eu/index.php?pid=27

[4] L'histoire de notre Seigneur Jésus-Christ telle que les rabbins l'ont arrangée, est consignée dans un livre écrit en hébreu talmudiste, c'est-à-dire fort mauvais, intitulé Tholdedot-ieschau (histoire de Jésus). Les miracles du Sauveur y sont encore attribués, comme du temps des pharisiens de Jérusalem, à des opérations magiques, et à la vertu du nom ineffable qu'il aurait eu l'adresse de dérober dans le Saint des Saints (où l'on ne laissait entrer que le Grand-Prêtre une fois par an). La nuit de Noël, où l'on s'interdit l'étude du Talmud, de peur que le mérite attaché à la lecture de ce livre saint, ne profite à Jésus-Christ, on lit ordinairement ce cahier qui n'existe parmi les juifs qu'en manuscrit, et que, dit Wagenseilius, savant allemand qui l'a réfuté, qui post natos homines, nullus magis impius, magisque detestabilis fuit conscriptus liber. (Ex-Rabbin Drach, Lettre d'un Rabbin converti, aux Israélites ses frères, sur les motifs de sa conversion, Tome I, p. 78-79).

[5] http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/relations-jews-docs/rc_pc_chrstuni_doc_20070313_commissione-bilaterale_fr.html

[6]http://www.ajcf.fr/IMG/pdf/Declaration_du_groupe_de_discussion_Juifs_et_chretiens_Comite_central_des_catholiques_allemands.pdf

[7] Parmi les signataires de cette déclaration, signalons la présence de Hans Hermann Henrix. Wojtyla-Jean-Paul II l’avait nommé en 2003 comme consultant de la commission vaticane pour les relations religieuses avec les Juifs. Son mandat fut renouvelé en Mars 2008 par Ratzinger-Benoît XVI.

[8] “Dans le vocabulaire de la philosophie sociale chrétienne, on appelle société parfaite non point une société dont tous les membres seraient sans péché, toutes les mœurs sans défaillance et tous les usages excellents, mais une société qui, par sa nature, a en elle tous les moyens nécessaires pour atteindre sa fin propre. C'est en ce sens que la société politique (que l'on appelle aussi : société civile) et l'Église sont l'une et l'autre une société parfaite.” (Abbé Berto, La doctrine catholique de l'enseignement, Extrait d’Itinéraires n°259, janvier 1982)

C'est pour cela qu'il a voulu non seulement former les disciples de sa doctrine, mais les réunir en société et faire d'eux et de leur harmonieux assemblage un seul corps qui est l'Église et dont il serait le Chef. La vie de Jésus-Christ pénètre donc tout l'organisme de ce corps, entretient et nourrit chacun de ses membres, les unit entre eux et les fait tous conspirer à une même fin, bien qu'ils n'aient pas à remplir tous les mêmes fonctions. Il suit de là que l'Église, société parfaite, très supérieure à toute autre société, a reçu de son auteur le mandat de combattre pour le salut du genre humain comme une armée rangée en bataille. Cet organisme et cette constitution de la société chrétienne ne peuvent souffrir aucun changement. Il n'est permis à aucun de ses membres d'agir à son gré ou de choisir la manière qui lui plaît le mieux de combattre. En effet, quiconque ne recueille pas avec l'Église et avec Jésus-Christ dissipe, et ceux-là sont très certainement les adversaires de Dieu qui ne combattent pas en union avec Lui et avec Son Église. (Léon XIII, Encyclique Sapientae Christianae, 10 janvier 1890). 

[9] “Nous appelons la Franc-Maçonnerie secte ténébreuse à cause des ténèbres où elle aime à s'envelopper, mais plus encore à cause des noirs mystères qui s'opèrent en elle et qui ne sont pas également connus de tous les initiés. Ils ont la première et principale part dans la révolution antichrétienne, c'est parmi eux que le plan en a été conçu. Ils s'y étaient préparés et n'attendaient qu'une occasion pour la faire éclater. Cette occasion ne pouvait naître que quand l'impiété aurait fait de grands progrès dans toutes les conditions, et c'est là que visaient leurs travaux, en s'efforçant d'abord de jeter le ridicule sur le Christianisme. Leurs moyens étaient d'avance les mots de liberté et d'égalité, entendus à leur manière, et tandis qu'ils n'avaient à la bouche que le nom de fraternité, ils inspiraient aux leurs un courage farouche pour en faire les instruments de leurs ambitions.” (Père de Clorivière, Études sur la Révolution).

[10] “Et je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; celle-ci te meurtrira à la tête, et tu la meurtriras au talon.” (Ge. 3,15).

Le père dont vous êtes issus, c'est le diable, et vous voulez accomplir les desseins de votre père. Il a été  homicide dès le commencement, et n'est point demeuré dans la vérité, parce qu'il n'y a point de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur et père du mensonge.” (Jn. 8,44)

[11] Ce qu’enseigne Jérémie xxxi, 31, expliqué dans l’épître aux Hébreux au chapitre viii. À chaque messe, au moment de la Consécration, les chrétiens savent que le sang de Notre-Seigneur est le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, comme Notre-Seigneur l’a enseigné lors de la Cène (Matthieu, xxvi, 28, Marc xiv, 24, Luc, xxii, 20), l’ancienne alliance étant close au moment où le voile du temple fut déchiré après de la mort de Notre-Seigneur.

[12] “Dans le premier temple bâti par Salomon, il n'y avait qu'un rideau sur le mur qui séparait le sanctuaire du Saint des saints. Mais lorsque, après la captivité de Babylone, on rebâtit le temple sous Esdras, comme on ne savait plus si le rideau était suspendu autrefois en dedans ou en dehors du mur, et si ce mur lui-même était posé sur le sol du sanctuaire, ou du Saint des saints, on plaça deux rideaux, en laissant vide l'espace entre chacun d'eux. De sorte que le prêtre qui entrait dans le sanctuaire pour l'encensement et le sacrifice du soir, précisément au moment où Notre-Seigneur expirait sur la croix, dut voir les deux rideaux se partager du haut en bas, et le Saint des saints s'ouvrir ; ce qui dans le premier temple n'aurait pu arriver sans que le mur tombât. L'évangéliste saint Marc désigne le rideau qui se déchira sous le nom grec de catapetasma. Or c'est là précisément le nom du rideau du Saint des saints, tandis que celui qui était devant le sanctuaire s'appelait calumma, et les dix autres qui pendaient devant les portes extérieures autour du temple s'appelaient simplement aulaia. Ce double rideau intérieur était attaché à quatre colonnes dorées : il était long de quarante coudées et large de vingt, et se trouvait ainsi en rapport avec le Saint des saints, qui avait vingt coudées de large. Tissu d'or et de pourpre et orné de bordures et de franges couleur d'hyacinthe, il était partagé en soixante-douze champs ou quartiers ; il avait l'épaisseur de la main, et se composait en tout de quatre-vingt-deux myriades de fils : vingt mille vierges y avaient travaillé pendant une année, et il fallait trois cent prêtres pour le laver. Telle est la tradition que nous a laissée le rabbin Siméon, fils de Gamaliel.” Docteur Sepp, La Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sixième section, ch. LXII.

[13] Relire page 3, dans le premier discours de saint Pierre aux juifs : que vous avez fait mourir

[14] Livre disponible intégralement : http://www.nostra-aetate.org/Bibliotheque/1960_Pere-Isidoro-da-Alatri_QUI-A-TUE-JESUS.pdf

[15] Soulignons que l’Église conciliaire n’enseigne plus jamais le premier ordre (qui résume toute Sa MISSION) donné par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Ses Apôtres, au soir de Pâques, Lui qui par sa Résurrection venait de prouver Sa divinité : " Allez par tout le monde et prêchez l'Évangile à toute la création.  Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné " (Marc, XVI, 15 et 16).

[16] Quelques versets après Saint Jean rappelle cette question que seul un Dieu pouvait poser : Qui de vous Me convaincra de péché ? et donc : Si Je dis la vérité, pourquoi ne Me croyez-vous pas ? Cette invective eut lieu au lendemain de la fête des Tabernacles. En réponse le sanhédrin fit la première réunion débattant de la mort de Notre-Seigneur et décréta l’excommunication majeure. Voir abbés Lehmann : Valeur de l’Assemblée.

[17] Il en est ainsi de même aujourd’hui avec l’infaillibilité du magistère ordinaire universel.

[18] Et les droits de DIEU ???

[19] Cet enseignement de saint Jean Chrysostome s’applique aujourd’hui à cette secte conciliaire : ils occupent les chaires, ils occupent les bâtiments de l’Église catholique mais on doit les mépriser et s’en éloigner... Il faut donc les haïr... Je vous exhorte donc à fuir leur réunion et à vous en tenir aussi éloignés que vous pourrez... Le dernier paragraphe cité (page suivante) est profondément d’actualité ! et pour nous un enseignement à suivre.

[20] Bien sûr pas un mot sur le salut éternel ! Tous, juifs, musulmans, protestants, conciliaires vont directement au paradis... Quant à nous préparons notre salut avec “crainte et tremblement”. De Dieu on ne moque pas !

[21] http://ncronline.org/blogs/ncr-today/sampling-reaction-popes-synagogue-visit

[22] http://www.ajc.org/site/apps/nlnet/content2.aspx?c=ijITI2PHKoG&b=1531915&ct=7821995