SERVIAM 

Lettre d’informations sur les relations entre l’église conciliaire et le judaïsme.                                                           

Enfin il leur envoya son fils, en disant, ils respecteront mon fils. Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : Voici l’héritier; venez, tuons-le et nous aurons son héritage.(S. Matthieu, Chap. XXI, 37-38)


 Numéro 22                                          Parution irrégulière                                   26 Novembre 2009

Les douze points de Berlin

  Toute personne s’intéressant un peu aux rapports entre les juifs et les chrétiens a entendu parlé des dix points de Seelisberg publiés en 1947. Lors de sa visite au Vatican, en 1949, Jules Isaac remit au Pape Pie XII les fameux dix points.

Participants à la conférence de Seelisberg en 1947

Participants à la conférence de Seelisberg en 1947.

  En 2007, l’ICCJ (International Council of Christians and Jews – organisation regroupant les sections nationales des Amitiés Judéo-Chrétiennes) fêta le soixantième anniversaire de la conférence de Seelisberg, lors de sa conférence internationale annuelle organisée à Sydney du 8 au 12 juillet. Voici la présentation qu’en donne Michel Sternberg :

  Cet anniversaire a été célébrée au cours d'un atelier organisé par le Secrétaire Général, Dick Pruiksma. En effet, la Conférence de Seelisberg de juillet 1947 fut le berceau de l'ICCJ. Jules Isaac qui venait de publier Jésus et Israël en a été l'une des personnalités dominantes. L'appel des Chrétiens de la conférence aux Églises Chrétiennes sous la forme des ”10 points de Seelisberg” s'est fortement inspirée des l8 propositions concluant son livre. Les Amitiés Judéo-Chrétiennes britannique et américaine, fondées dès 1928, furent les marraines de la conférence qui réunit 70 personnalités de l7 pays dont 28 juifs, 23 protestants, 9 catholiques et 2 orthodoxes;  l'AJCF a été crée dans la foulée en 1948 par Jules Isaac et ses amis. Pour poursuivre l'action de Seelisberg, Dick Pruiksma suggéra d'entreprendre en 2009 à Berlin un réengagement de l'ICCJ sous la forme de 12 thèses adressées non plus seulement aux Chrétiens, mais aussi aux Juifs et au Monde entier.[1]

    Nous donnons en annexe les 10 points de Seelisberg. Entre Seelisberg et Berlin, d’autres points ou thèses sont parues sur le même thème à savoir passer de l’enseignement du mépris à celui de l’enseignement de l’estime pour reprendre les mots de Jules Isaac. Ainsi en 1950, parurent les ”thèses de Bad Schwalbach qui furent suivies de peu par les ”thèses d’Aix-en-Provence”L’abbé Paul Démann, présent à la conférence de Seelisberg, juif converti, prêtre de Notre Dame de Sion et fondateur des Cahiers Sioniens, nous retrace la genèse des ”thèses de Bad Schwalbach” dans un article intitulé ”Une nouvelle version des Thèses de Seelisberg[2] :  

Les Cahiers Sioniens ont rendu compte, dans leurs numéros 2 et 3[3] de la Conférence internationale contre l'antisémitisme tenue à Seelisberg, en Suisse, l'été 1947, et ont publié le texte des résolutions qu'avait élaborées la Commission religieuse de cette conférence en vue de la lutte contre l'antisémitisme sur le terrain religieux[4]. Ces « thèses », appelées aussi, par la suite, les « dix points de Seelisberg », ont été depuis lors propagées avec fruit, bien que dans des limites encore trop restreintes, en France par l'Amitié judéo-chrétienne et dans plusieurs autres pays, — comme la Grande-Bretagne ou la Suisse, — par les groupements qui lui correspondent.

Le texte de ces résolutions — ou plutôt suggestions — a été élaboré au cours de discussions approfondies et on peut le considérer, pensons-nous, comme une réussite dans son genre. Néanmoins, ce n'est pas diminuer le mérite de ses auteurs que de constater que ce texte ne se prête pas à tous les usages auxquels il était destiné. Il porte la marque d'une élaboration un peu hâtive, d'une préoccupation peut-être excessive de concision, -- ce qui ne va pas sans certaines simplifications un peu dangereuses, — d'un empirisme un peu court, et surtout la trace de la composition trop hétérogène de l'équipe qui l'a rédigé : de par son origine, il représente une formule minima, acceptable par le plus grand nombre, mais le moins efficace pour chacun. Aussi bien, si certains, pour lutter par l'enseignement religieux contre « l'antisémitisme chrétien », se sont attachés à commenter les « dix points » de Seelisberg[5], d'autres, tout en restant fidèles à l'esprit des travaux de Seelisberg, ont préféré traiter le même sujet d'une manière plus indépendante, pour utiliser au maximum les ressources que la Bible et la théologie mettaient à leur disposition[6].

Cahiers Sioniens, 1950

On ne s'étonnera donc pas d'apprendre qu'en Allemagne Occidentale, où les sociétés judéo-chrétiennes locales et, à leur tête, le Comité de coordination judéo-chrétien déploient une activité grandissante, le besoin s'est fait sentir de doter ces groupements, pour leur action relative à l'enseignement religieux, d'un instrument de travail plus adapté que celui forgé à Seelisberg. Ce désir s'est manifesté spontanément au cours d'une session qui réunissait un groupe d'ecclésiastiques et de professeurs de religion, tant catholiques que protestants, en mai 1950 à Bad Schwalbach, près de Wiesbaden. Alors que cette session devait être consacrée à des questions pratiques relatives au matériel scolaire et catéchistique, toute l'assemblée, qui comprenait dans ses rangs le représentant de l'évêque de Limbourg, a marqué ses préférences pour une discussion des bases théologiques de l'action envisagée. On désirait surtout donner aux thèses de Seelisberg une forme qui soit davantage appuyée sur l'Écriture. Le travail commencé durant cette session fut continué au cours de rencontres plus restreintes et le texte élaboré reçut enfin sa forme définitive par les soins du Pasteur Freudenberg et de M. Thieme, le conseiller religieux si actif du Comité de coordination. Avant la mise au point définitive, le texte a été soumis, à titre privé, à plusieurs théologiens romains, sans qu'aucun d'eux ait soulevé la moindre objection doctrinale. Le texte définitif a reçu l'imprimatur de l'autorité archiépiscopale de Fribourg en juillet 1950.

   Les sociétés judéo-chrétiennes allemandes se proposent de faire parvenir ce texte à tous ceux qui, en Allemagne, s'occupent d'instruction religieuse, sous quelque forme que se soit. On a cru cependant nécessaire de faire précéder la diffusion des thèses de Schwalbach par celle d'un autre tract de quatre pages. Celui-ci est composé de deux parties. Dans la première — intitulée Pourquoi est-il nécessaire d'instruire spécialement la jeunesse au sujet de la relation entre l'Église et Israël ? - M. Thieme s'efforce de montrer, à l'aide de statistiques el d'exemples concrets, la gravité du problème et l'urgence d'une action efficace contre l'antisémitisme. Le contenu de la deuxième partie est parfaitement déterminé par son titre : Slogans de l'antisémitisme allemand et leur réfutation. Les « méfaits » des Juifs immigrés de l'Est et, en particulier, des « personnes déplacées » ; — la « vengeance juive », source de la politique américaine à l'égard de l'Allemagne et cause de la misère de celle-ci ; — les revendications juives de réparation ; — « infériorité morale » et « caractère repoussant » des Juifs ; — « nationalisme », voire « impérialisme » juif ; — ces cinq thèmes antisérnitiques particulièrement répandus dans l'Allemagne actuelle sont exposés au moyen d'exemples authentiques, de paroles recueillies à même les couches les plus variées de la population allemande. Ils sont suivis de réfutations, d'éléments de réponse justes et judicieux, qui semblent être accessibles aux niasses qu'il s'agit d'atteindre et adaptés à leur mentalité. Les Cahiers Sioniens ayant déjà consacré deux chroniques assez étendues aux problèmes de l'antisémitisme allemand[7], nous n'avons pas à revenir maintenant sur ces questions. Il nous semble utile, en revanche, de donner ci-dessous la traduction de la « version de Schwalbach » des « points de Seelisberg ».

Nous publions en annexe le texte des thèses de Bad Schwalbach. Le lecteur pourra approfondir ce sujet dans le livre de Paule Berger Marx, Les relations entre les juifs et les catholiques dans la France de l’après-guerre 1945-1965 (Éditions Parole et Silence, 2009). Celle-ci souligne que ”les thèses [de Bad Schwalbach] ont provoqué de nombreux débats à Aix-en-Provence dans les années 1951 et 1952, qui ont permis la rédaction des thèses d’Aix-en-Provence” (page 181). Les thèses d’Aix-en-Provence sont reproduits en annexe du livre de Paule Berger Marx. Malheureusement, une erreur d’impression a rendu le texte de ces thèses incomplet. Paule Berger Marx cite également quelques extraits d’une lettre du Père Paul Démann à Jules Isaac qui sont révélateurs de l’état d’esprit de ce premier. A propos de Paul Démann, Paule Berger Marx note qu’il relève des erreurs théologiques dans des expressions qui se retrouvent dans les deux documents [thèses de Bad Schwalbach et d’Aix-en-Provence] et portent la marque de la théologie de la substitution :

-            le ”nouveau peuple” pour désigner l’Église – article 3 de Schwalbach, article 4[8] d’Aix – ”toute une conception, théologiquement inexacte et pratiquement nocive, de ”substitution” de l’Église à Israël, des païens aux Juifs.”

-            ”Dieu nous donne l’assurance que le dernier mot de l’histoire des Juifs sera un oui à Jésus, et cette promesse garantit aussi le oui de Dieu aux Juifs” – article 9 de Schwalbach, article 10[9] d’Aix-en-Provence -, une remarque particulièrement équivoque, et même qualifiée d’”anti-théologique” par Paul Démann, et qu’il corrige de la façon suivante : ”Il serait plus heureux de dire d’abord que ce ”oui” divin n’a jamais été retiré à Israël, et que c’est cela, au fond, qui garantit le ”oui” final d’Israël” (pp. 181-182)

  Revenons maintenant en 2009 et à la conférence de Berlin. Sur le site internet de l’Amitié Judéo-Chrétiennes de France, un article[10] seulement signé des initiales LA (l’auteur est cependant juif) et dont le titre est ”Retour sur Berlin – conférence annuelle de l’ICCJ, juillet 2009” nous trace les moments forts de cette conférence.

  La conférence annuelle de l’ICCJ a eu lieu cette année à Berlin, une ville marquée par le poids de l’Histoire.

  Ce poids si écrasant n’empêche pas Berlin de se reconstruire. De beaux bâtiments modernes et imposants bordent des allées de tilleuls, en lieu et place des vestiges du IIIème Reich et de la RDA (République Démocratique Allemande, nom de l’ancienne Allemagne de l’Est).

  L’objectif de ce colloque était ambitieux : après avoir repensé les 10 points de Seelisberg, il s’agissait de formuler les 12 points de Berlin, en somme appeler les communautés Juives et Chrétiennes dans le monde à formuler l’à-venir du dialogue.

  Le cadre de cette conférence, Berlin, et le cœur même de la démarche présentent des points communs troublants.

  Partout dans la ville, on se trouve confronté à son histoire, les deux totalitarismes qui l’ont d’abord détruite et ensuite divisée. Les victimes et leur histoire individuelle et collective rappelés de manière forte dans des musées, mais aussi à chaque coin de rue.

  Nul n’ignore les musées emblématiques qui relatent la grande présence juive dans le Berlin d’avant la Shoah, le mémorial, forêt de béton en plein cœur de la ville, et le petit mais bouleversant musée de "Check Point Charly", qui rappelle le Mur et les victimes de la RDA qui voulaient quitter leur état-prison.

  Mais aussi, ici, on trébuche sur l’histoire si douloureuse en passant sur les "Stolpersteine", des pierres à même la chaussée, rappelant par leurs inscriptions des destins individuels de Berlinois Juifs assassinés par les Nazis.

  Les restes du Mur (tombé un 9 novembre, il y a 20 ans déjà, 51 ans après la Nuit de Cristal, mais bien le même jour) sillonnent la ville, même si le visiteur a bien du mal de nos jours à reconnaître l’Est de l’Ouest.

  Ces pierres ont une histoire et la racontent. Si certains supportent mal de voir les noms des victimes foulés aux pieds par des passants, nous savons que quand la mémoire est trop lourde elle ne peut être spontanée et qu’à moins d’y être obligés, nous préférons le plus souvent nous y soustraire. Trébucher oblige à voir l’obstacle, se ressaisir, retrouver un équilibre perdu. Ce qui reste du mur est maintenant de l’ordre d’une relique joyeuse : un support unique de graffitis colorés et d’art avant-gardiste affirmant avec force la liberté de circuler dans la ville et de vivre dans une grande et vraie démocratie. On flâne le long de la Spree et dans les espaces verts de cette ville si étendue, et on oublie trop vite que les habitants de l’ex RDA étaient privés de leurs droits les plus élémentaires. L’ICCJ a bien choisi le lieu pour énoncer les 12 points de Berlin.

  Réparer est toujours possible, poursuivre cette réparation en lui insufflant une dynamique nouvelle s’impose.

  Le dialogue entre Juifs et Chrétiens serait accompli, c’est là la grande tentation de ceux qui ont pris acte du concile Vatican II et se soucient peu du travail des consciences qui évoluent selon un rythme qui lui est propre. En milieu juif on peut également choisir de refermer la porte, en disant : le magistère s’est exprimé pour le monde catholique, nous n’avons rien à ajouter.

  Afin de balayer d’abord devant ma porte, je rappelle à mes sœurs et frères Juifs que nous sommes trop peu nombreux engagés dans cette démarche de dialogue et que le plus souvent nous n’en percevons pas l’importance. Il ne s’agit pas d’une simple repentance qui pourrait nous laisser vaguement indifférent en disant : trop peu, trop tard !

  Il s’agit pour nous de comprendre que les églises chrétiennes, par le paragraphe 4 de Vatican II pour le monde catholique, et par la déclaration de Leuenberg, pour les églises issues de la réforme ont procédé à une transformation théologique qui est de l’ordre d’un séisme. Cette transformation en appelle à une réaction de notre part. Il ne s’agit pas d’oublier la Shoah et le déni théologique qui l’a précédée. Il ne s’agit pas non plus de pardonner, ce pardon ne nous appartient pas. Mais à partir du tremblement de terre théologique que Vatican II a imposé au monde catholique, il nous faut entrer en dialogue avec ce nouveau monde qui émerge. On pourrait s’appuyer ici sur l’histoire biblique du déluge. Noé est un homme juste dans sa génération, il construit une arche, en cale sèche et peu susceptible de flotter en raison de ses dimensions (très précisément citées par le texte). Après un déluge catastrophique, il émerge avec un petit reste – une humanité rescapée. La comparaison s’arrête là – la Shoah n’a rien de commun avec le déluge en question. Les lois de Noé, dites noachides, nous rappellent qu’une humanité rescapée a besoin d’une notice de survie : un minimum légal universel pour assurer sa continuité.

  Les 10 points de Seelisberg constituaient cette base commune pour l’humanité après la Shoah – ils attestent que nul ne peut survivre seul, muré dans son chagrin ou son indifférence. Les 12 points de Berlin veulent reprendre le témoin et avancer, nous faire grandir en humanité.

  Il serait fastidieux de les énoncer ici, mais il importe d’en saisir l’esprit.

  Nous, Juifs et Chrétiens, nous sommes différents et nous le resterons. Cette différence est avant tout une richesse. Nous sommes partenaires et ceci a une implication double. Mus par le sentiment de culpabilité, les Chrétiens se sont tournés vers les Juifs en traduisant ce sentiment par des paroles fortes et des actes de repentance.

  Nous les Juifs en étions les récipiendaires, accablés par notre douleur et cherchant à relever la tête pour respirer tout simplement, dans un monde où l’humanité, oxygène et lumière à la fois, nous paraissait trop rare.

  Soixante ans après les 10 points de Seelisberg, il est temps pour notre génération d’enfants de survivants et de victimes d’inventer une modalité nouvelle pour ce dialogue. En scrutant notre propre tradition, nous pouvons en trouver le moyen. Nous avons entendu la repentance de nos amis chrétiens, nous devons maintenant assumer notre place de partenaire dans cette entreprise, sans susciter de malaise et de culpabilité immédiate auprès de nos frères.

  Ce dialogue ne doit plus être patriarcal de la part des Chrétiens et culpabilisant de notre part à nous. Une fois ces difficultés apurées, nous pouvons nous tourner ensemble vers le monde et réfléchir à des défis nouveaux : la justice sociale, l’écologie, l’étique, la paix (3ème partie des 12 points énoncés). Nous ne serons pas souvent d’accord sur les moyens, mais attelés aux mêmes objectifs. Notre énergie déployée ensemble pour aboutir à ce programme maximum nous mettra sur la voie de l’accomplissement des Écritures.

  L’étude partagée de nos textes, libérés de la lecture close de l’apologie, nous permettra d’en mieux saisir les enseignements.

  La Bible dit des choses très anciennes et très justes sur le comportement humain. Elle en montre souvent la noirceur, c’est vrai, mais pas plus que ne le fait l’histoire humaine. Elle nous donne par contre l’espoir que l’humanité est capable de progrès, que rien n’est écrit dans la pierre à part le décalogue et que celui-ci est un compagnon de route solide et indéfectible. Le reste peut en être le midrash : le commentaire, ancré dans la tradition, pensé pour aujourd’hui.

  Il est très intéressant de voir l’auteur associer les lois noachiques (qui sont, rappelons-le, une invention des rabbins talmudiques et ne font donc aucunement partie de la tradition catholique) avec les points de Seelisberg et de Berlin. Ceci est une preuve de plus – si besoin était – que tous ces travaux ont pour seul but – in fine – de détruire l’Église Catholique et d’instaurer la religion universelle. Par contre, l’auteur souligne, fort à propos, que Vatican II fut ”un tremblement de terre théologique”. C’est exact à ceci près que la véritable Église Catholique, étant une dans son enseignement, ne peut pas produire de ”tremblement de terre théologique”, qui fut donc l’œuvre de la Contre-Église, celle-là même qui essaye de nous imposer les lois noachiques. 

Voici quelques thèmes abordés lors de cette conférence :

-          Paul et le Judaïsme

-          L’influence mutuelle des liturgies juives et chrétiennes

-          La papauté de Benoît XVI (Il y fut évoqué le rétablissement de la prière du Vendredi Saint selon la forme traditionnelle et la levée des excommunications des évêques de la FSSPX).

-          La responsabilité des chrétiens envers les juifs après la Shoah (Il y est souligné que l’Alliance de Dieu avec le Peuple Juif est un moyen de salut même sans la reconnaissance de Jésus-Christ, ....)

-          L’avenir du dialogue judéo-chrétien en France - une question de vocation et de transmission.

 Parmi les conférenciers, notons la présence de Hans Hermann Henrix[11]. Il fut nommé par Wojtyla-Jean-Paul II comme consultant de la Commission du Vatican des Relations Religieuses avec les Juifs. Son mandat fut renouvelé en 2008 par Ratzinger-Benoît XVI.

 Voici donc maintenant le texte des 12 points de Berlin. Notre version diffère de celle publiée par le site internet de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France et reprise dans le numéro 341 (Septembre-Octobre 2009) de la Revue Sens. La raison est fort simple. Dès la parution officielle en anglais des points de Berlin en juillet 2009 sur le site internet [12] de l’International Council of Christians and Jews, nous les avions traduits, étant donné leur importance. Nous avons vérifié que notre traduction correspondait dans le détail à la traduction officielle.


Les douze points de BERLIN

Juillet 2009

ICCJ

International Council of Christians and Jews

Internationaler Rat der Christen und Juden

(Conseil international des chrétiens et des Juifs)

Le temps du réengagement

Construire les relations nouvelles entre Juifs et chrétiens

Durant l’été 1947, soixante-cinq Juifs et chrétiens de dix-neuf pays se sont réunis à Seelisberg, en Suisse, pour exprimer la profonde douleur que leur causait l’Holocauste, leur détermination à lutter contre l’antisémitisme et leur désir de favoriser le resserrement des liens entre Juifs et chrétiens. Ils ont dénoncé l’antisémitisme en tant que péché contre Dieu et l’humanité ainsi que comme danger pour la civilisation moderne. Et compte tenu de ces préoccupations vitales, ils ont lancé un appel en dix points à l’attention des églises chrétiennes pour qu’elles réforment leur perception du judaïsme et des relations entre ce dernier et le christianisme.

            Aujourd’hui, plus de soixante ans après, le Conseil international des chrétiens et des Juifs (ICCJ) émet un nouvel appel, celui-ci à l’attention des communautés chrétiennes et juives du monde entier. Il célèbre ainsi l’anniversaire de la réunion de Seelisberg, qui fut également à l’origine de l’ICCJ. Cet appel est inspiré par la nécessité de préciser les dix points de Seelisberg au vu des progrès accomplis dans le dialogue interreligieux depuis la publication du document fondateur de 1947.

            L’appel en question contient douze points en forme d’objectifs. Il s’adresse à la fois aux chrétiens et aux Juifs, aux communautés chrétiennes et juives. Après avoir énuméré ces douze points et les diverses tâches précises correspondant à chacun, le document passe en revue l’histoire des relations entre Juifs et chrétiens, ce qui a fourni le cadre contextuel de notre initiative tout en imprimant à celle-ci son élan.

            Nous autres membres du Conseil international des chrétiens et des Juifs nous exprimons ensemble, à travers ce nouvel appel, en tant que représentants actifs de nos traditions respectives, dans le souvenir d’une histoire multiséculaire d’aliénation, d’hostilité et de conflits ponctuée par des épisodes de persécutions et de violences contre les Juifs dans une Europe dominée par les chrétiens, de même que par des moments de grâce et de reconnaissance mutuelle dont nous pouvons tirer une inspiration.

            Stimulés par l’initiative de Seelisberg, nous avons travaillé à surmonter un héritage de préjugés, de haine et de méfiance réciproque. En nous engageant sérieusement dans le dialogue, l’examen autocritique de nos textes et traditions respectifs, ainsi que l’étude en commun et une action en faveur de la justice, nous nous comprenons mieux, nous nous acceptons mutuellement dans la plénitude de nos différences et nous affirmons notre commune humanité. Nous comprenons que les relations judéo-chrétiennes constituent non pas un « problème » sur le point d’être « résolu », mais bien plutôt un processus permanent d’apprentissage et d’épuration. Encore plus important, peut-être : nous avons découvert l’amitié et la confiance. Ensemble, nous avons cherché et trouvé la lumière.

            La tâche n’a été ni simple, ni aisée. Nous avons rencontré sur notre chemin bien des obstacles et connu bien des échecs, y compris des conflits – dont certains très graves – sur des points de théologie ou d’histoire. Mais notre détermination à poursuivre le dialogue en dépit des difficultés, à communiquer honnêtement et à reconnaître la bonne volonté de nos partenaires nous a aidés à garder le cap. Aussi estimons-nous que l’historique, les difficultés et les réussites de notre dialogue sont de nature à intéresser tous ceux qui s’occupent de conflits entre groupes et religions.

            C’est dans cet esprit que nous lançons le présent appel aux communautés chrétiennes et juives du monde entier.

Le temps du réengagement :

Les douze points de Berlin

Un appel aux communautés chrétiennes et juives dans le monde entier

Nous, Conseil international des chrétiens et des Juifs, ainsi que ses organisations membres, décidons de renouveler notre engagement en faveur des dix points de Seelisberg, qui ont inspiré nos débuts. C’est pourquoi nous lançons le présent appel aux chrétiens, aux Juifs et à toutes les personnes de bonne volonté :

Appel aux chrétiens et aux communautés chrétiennes

            Nous nous engageons à poursuivre les objectifs suivants et invitons tous les chrétiens et toutes les communautés chrétiennes à se joindre à nous dans l’effort permanent consistant à éliminer tout vestige de mépris envers les Juifs ainsi qu’à resserrer les liens avec les communautés juives dans le monde entier.

1. Combattre toutes les formes d’antisémitisme, y compris sur les plan religieux et racial

            Sous l’angle biblique

-                     En reconnaissant la profonde identité de Jésus en tant que Juif de son époque et en interprétant ses enseignements dans le contexte du judaïsme du premier siècle.

-                     En reconnaissant la profonde identité de Paul en tant que Juif de son époque et en interprétant ses enseignements dans le contexte du judaïsme du premier siècle.

-                     En soulignant que les récentes découvertes sur la communauté originelle, puis la séparation progressive du christianisme et du judaïsme présentent une importance cruciale pour notre compréhension fondamentale des relations judéo-chrétiennes.

-                     En présentant les deux Testaments de la Bible chrétienne comme complémentaires et se confirmant réciproquement, plutôt que comme opposés entre eux ou supérieur l’un à l’autre. Les églises qui font usage de lectionnaires sont encouragées à choisir et relier entre eux les textes bibliques relevant de cette théologie de la confirmation mutuelle.

-                     En prenant position contre toute lecture chrétienne erronée des textes bibliques relatifs aux Juifs et au judaïsme, dans la mesure où une telle lecture peut être source de dérision ou d’animosité.

Sous l’angle liturgique

-                     En mettant en relief le lien entre la liturgie juive et la liturgie chrétienne.

-                     En faisant fond sur la richesse spirituelle des interprétations juives des Écritures.

-                     En purgeant les liturgies chrétiennes de leurs scories judéophobes, notamment dans les sermons, les prières et les hymnes.

Sous l’angle catéchétique

-                     En présentant les relations entre chrétiens et Juifs d’une manière positive dans l’éducation des chrétiens de tous âges, en mettant l’accent sur les fondements juifs de la foi chrétienne et en décrivant avec exactitude la manière dont les Juifs eux-mêmes perçoivent leurs propres traditions et pratiques. Cela concerne les programmes des écoles chrétiennes, l’enseignement des séminaires chrétiens et les programmes chrétiens d’éducation des adultes.

-                     En promouvant la connaissance de la longue histoire de l’antijudaïsme chrétien et en fournissant des modèles pour rénover les relations uniques entre Juifs et chrétiens.

-                     En soulignant l’immense richesse religieuse que recèle la tradition juive, notamment par l’étude des textes de celle-ci faisant autorité.

2. Promouvoir le dialogue interreligieux avec les Juifs

-                     En percevant le dialogue comme passant par la confiance et l’égalité entre la totalité des participants et en rejetant toute idée de persuader aux autres d’accepter ses propres croyances.

-                     En comprenant que le dialogue encourage chaque participant à examiner d’un œil critique sa propre tradition et celle de son partenaire, à la faveur d’une authentique ouverture à l’autre.

3. Parvenir à une compréhension théologique du judaïsme affirmant l’intégrité spécifique de ce dernier

-                     En faisant table rase de tout enseignement dont il ressort que les chrétiens ont remplacé les Juifs comme peuple lié à Dieu par une alliance.

-                     En insistant sur la mission commune des Juifs et des chrétiens dans la préparation du monde au royaume de Dieu ou aux Temps à venir.

-                     En établissant des relations de travail fondées sur l’égalité et la réciprocité avec les organisations religieuses et civiles juives.

-                     En veillant à ce que les nouvelles tendances théologiques originaires d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, les mouvements féministes et les mouvements de libération, ainsi que d’autres mouvances, expriment dans leur idéologie une perception exacte du judaïsme et des relations entre chrétiens et Juifs.

-                     En s’opposant à tout effort organisé tendant à la conversion des Juifs.

4. Prier pour la paix à Jérusalem

-                     En promouvant la croyance en des liens intrinsèques entre chrétiens et Juifs.

-                     En comprenant mieux le profond attachement du judaïsme à la Terre d’Israël comme relevant d’une perspective religieuse fondamentale, ainsi que le lien entre de nombreux Juifs et l’État d’Israël comme relevant de la survie matérielle et culturelle.

-                     En réfléchissant à la manière dont la perception spirituelle de la terre par la Bible peut être mieux intégrée dans le cadre de la foi chrétienne.

-                     En critiquant les politiques respectives des institutions gouvernementales et sociales israéliennes et palestiniennes lorsque cette critique est moralement justifiée, tout en reconnaissant le profond attachement de l’une et l’autre communautés à la terre.

-                     En critiquant les attaques portées contre le sionisme lorsqu’elles dégénèrent en l’expression d’un antisémitisme.

-                     En se joignant aux travailleurs de la paix juifs, chrétiens et musulmans, de même qu’aux Israéliens et aux Palestiniens, pour créer un climat de confiance et de paix au Proche-Orient, où tous puissent vivre en sécurité au sein d’États viables et indépendants bien ancrés dans le droit international et le respect des droits de l’homme.

-                     En accroissant la sécurité et la prospérité des communautés chrétiennes tant en Israël qu’en Palestine.

-                     En œuvrant à l’amélioration des relations entre Juifs, chrétiens et musulmans au Proche-Orient comme dans le reste du monde.

Appel aux Juifs et aux communautés juives

Nous nous engageons à poursuivre les objectifs suivants et invitons tous les Juifs et toutes les communautés juives à se joindre à nous dans l’effort permanent consistant à éliminer tout vestige d’animosité et de dérision envers les chrétiens ainsi qu’à resserrer les liens avec les églises chrétiennes du monde entier.

5. Reconnaître les efforts que de nombreuses communautés chrétiennes ont accomplis à la fin du vingtième siècle pour réformer leur attitude vis-à-vis des Juifs

-                     En s’informant sur ces réformes par un dialogue plus intense avec les chrétiens.

-                     En examinant les incidences des changements intervenus dans les églises chrétiennes concernant les Juifs et la compréhension du judaïsme.

-                     En enseignant ces changements aux Juifs de tous âges, dans le contexte de l’histoire des relations judéo-chrétiennes et selon le niveau d’instruction de chaque groupe.

-                     En incluant des informations de base exactes sur le christianisme dans les programmes des écoles juives, l’enseignement des séminaires rabbiniques et les programmes juifs d’éducation des adultes.

-                     En étudiant le Nouveau Testament à la fois comme texte sacré du christianisme et comme littérature écrite en grande partie par des Juifs dans un contexte historico-culturel analogue à celui de la littérature rabbinique primitive, offrant ainsi des perspectives sur l’évolution du judaïsme au cours des premiers siècles de l’Ère commune.

6. Réexaminer les textes et la liturgie juifs à la lumière de ces réformes chrétiennes

-                     En s’attaquant aux textes juifs qui semblent xénophobes ou racistes, étant entendu que de nombreuses traditions religieuses possèdent aussi bien des textes qui inspirent et élèvent l’esprit que des textes sujets à caution. Dans toutes les traditions religieuses, on devrait insister sur les textes promouvant la tolérance et l’ouverture.

-                     En situant les textes sujets à caution dans leur contexte historique, notamment les écrits du temps où les Juifs étaient une minorité humiliée, persécutée et sans pouvoirs.

-                     En s’attachant, le cas échéant, à la réinterprétation, à la modification ou à la suppression de certaines parties de la liturgie juive qui traitent les autres communautés d’une manière sujette à caution.

7. Distinguer entre la critique honnête d’Israël et l’antisémitisme

-                     En percevant et en diffusant les exemples bibliques de juste critique comme expressions de loyauté et d’amour.

-                     En aidant les chrétiens à reconnaître qu’en plus de la foi et de la pratique religieuses, l’identité communautaire et l’interconnexion sont intrinsèques à la compréhension que les Juifs ont d’eux-mêmes, ce qui rend très important aux yeux de ceux-ci le fait de s’engager pour la survie et la sécurité de l’État d’Israël.

8. Encourager l’État d’Israël dans ses efforts tendant à la réalisation des idéaux qu’énoncent ses documents fondateurs, tâche qu’Israël partage avec de nombreuses nations.

-                     En assurant l’égalité des droits aux minorités religieuses et ethniques – y compris les chrétiens – qui vivent dans l’État d’Israël.

-                     En parvenant à résoudre pacifiquement et équitablement le conflit israélo-palestinien.

Appel aux communautés chrétiennes et juives, entre autres

            Nous nous engageons à poursuivre les objectifs suivants et invitons les Juifs, les chrétiens et les musulmans – avec tous les peuples animés par la foi et la bonne volonté – à se respecter toujours les uns les autres ainsi qu’à accepter la différence et la dignité des autres communautés.

9. Renforcer l’éducation interreligieuse et interculturelle

-                     En combattant les représentations négatives données d’autres communautés, par l’enseignement de la vérité fondamentale selon laquelle chaque être humain a été créé à l’image de Dieu.

-                     En attribuant, dans l’enseignement, un ordre de priorité élevé à la suppression des préjugés vis-à-vis d’autrui.

-                     En encourageant l’étude mutuelle des textes religieux, pour que Juifs, chrétiens, musulmans et membres d’autres groupes religieux puissant apprendre les uns des autres et les uns avec les autres.

-                     En soutenant une action sociale commune dans la culture des valeurs communes.

10. Promouvoir l’amitié et la coopération interreligieuses, de même que la justice sociale dans le monde

-                     En célébrant le caractère unique de toute personne, ainsi qu’en promouvant le bien-être politique, économique et social de chacun.

-                     En reconnaissant comme citoyens égaux les représentants d’autres traditions religieuses qui ont immigré dans une nouvelle patrie, où ils font désormais partie d’une minorité religieuse.

-                     En recherchant l’égalité des droits de tous, indépendamment de la religion, du sexe et de l’orientation sexuelle.

-                     En reconnaissant – tout en s’y attaquant – le fait que les sentiments de supériorité religieuse – et l’idée qui l’accompagne selon laquelle les autres religions sont inférieures – sont présents dans chaque religion, y compris la sienne.

11. Intensifier le dialogue avec les institutions politiques et économiques

-                     En collaborant avec les institutions politiques et économiques chaque fois que c’est possible afin de promouvoir la compréhension interreligieuse.

-                     En s’appuyant sur l’intérêt croissant des institutions politiques et économiques pour les relations interreligieuses.

-                     En lançant le débat avec les institutions politiques et économiques sur la nécessité urgente d’instaurer la justice dans la communauté mondiale.

12. En créant des réseaux avec tous ceux dont le travail répond aux exigences de la gestion environnementale

-                     En promouvant la croyance dans le fait que chaque être humain est responsable de la gestion de la planète.

-                     En reconnaissant le devoir biblique que Juifs et chrétiens partagent vis-à-vis de la création, ainsi que la responsabilité de faire en sorte que toute l’attention voulue soit portée à cette question dans le discours et l’action politiques.

Nous, Conseil international des chrétiens et des Juifs, ainsi que ses organisations membres, nous engageons à relever tous ces défis et à assumer toutes ces responsabilités.

Fait à Berlin, Allemagne, en juillet 2009

lors de la Conférence international et de la réunion générale annuelle du Conseil international des chrétiens et des Juifs.

Une application pratique des douze points de Berlin :

le nouveau missel 2010 de l’église conciliaire de France

  Dans deux numéros successifs (reproduits en annexe) du journal Présent, les 13 et 14 novembre 2009, Jean Madiran s’offusque de la nouvelle mouture du missel de l’église conciliaire de France. Ce pseudo-missel supprime les fêtes de nos plus grandes saintes nationales et ajoute la mention des fêtes juives, musulmanes ou protestantes. Si Jean Madiran essaye de justifier maladroitement la suppression des fêtes de nos saints nationaux, il ne donne en revanche aucune explication sur l’ajout de fêtes non-catholiques dans un soi-disant Missel. L’entourloupe trouvée par Madiran – il faut bien montrer au lecteur que l’on est contrarié par l’apparition de ces fêtes – est de jouer sur la définition du mot ”missel”. Le lecteur restera donc sur sa faim.

  Néanmoins, nous trouverons une première réponse à cette apparition apparemment surprenante des fêtes juives, protestantes, ..., dans un missel soi-disant catholique, grâce au site internet australien ”Etz Hayim[13]” (qui signifie en français, ”arbre de vie”). Ce site s’engage à soutenir la promotion des relations et du dialogue entre Juifs et Chrétiens ainsi que de la coopération biblique, liturgique et spirituelle. Ce site vend un calendrier liturgique judéo-chrétien qui comprend :

-                     les passages de l’Écriture Sainte des Sabbaths et des Dimanches

-                     les fêtes et jours sacrés des Juifs et des Chrétiens

-                     les cycles liturgiques complets des années juives et chrétiennes

-                     les activités communes pour les juifs et chrétiens

-                     la promotion pour l’accroissement du dialogue interreligieux.

The Jewish an Christian Liturgical Calendar 2009/2010

The Jewish an Christian Liturgical Calendar 2009/2010

  Ce calendrier a le support de l’International Council of Christians and Jews.

  Sur le site internet Catholic religious Australia[14], Elizabeth Young[15], fondatrice du site internet ”Etz Hayim”, explique les motivations d’un tel calendrier :

-                     A travers le monde, il y a un nombre croissant de Chrétiens qui étudient la Bible avec une attention toute particulière sur les perspectives et commentaires juifs.

-                     Ces personnes sont au fait des nouvelles approches de l’exégèse biblique et du besoin de sensitivité dans les interprétations et l’enseignement bibliques. ”

-                     ”En étudiant le Nouveau Testament à la fois comme texte sacré du christianisme et comme littérature écrite en grande partie par des Juifs dans un contexte historico-culturel analogue à celui de la littérature rabbinique primitive, offrant ainsi des perspectives sur l’évolution du judaïsme au cours des premiers siècles de l’Ère commune.” (Citation des Douze Points de Berlin)

-                     La calendrier liturgique juif et chrétien facilite la communion interreligieuse, fournissant aisément la liste des lectures pour les liturgies juives et chrétiennes, semaine par semaine.

-                     En combinant les deux listes dans un seul calendrier et en incluant les fêtes et célébrations majeures de chaque tradition religieuse, le calendrier élimine le besoin de chercher les lectures dans diverses sources et apporte une conscience interreligieuse à chaque jour, chaque semaine, ...

-                     Le Calendrier Liturgique juif et chrétien a été endossé par l’International Council of Christians and Jews, l’organisation regroupant plus de 38 associations nationales de Juifs et Chrétiens à travers le monde.

-                     L’International Council of Christians and Jews a encouragé les Chrétiens à ”mettre en relief le lien entre la liturgie juive et la liturgie chrétienne” et ”à  faire fond sur la richesse spirituelle des interprétations juives des Écritures” comme part des efforts pour effacer les incompréhensions envers les Judaïsme. (Citation des Douze Points de Berlin).

-                     L’Église Catholique a aussi encouragé les Chrétiens a dialogué avec les Juifs en notant : " Pour les relations judéo-chrétiennes, il importe de prendre connaissance des éléments communs de la vie liturgique (formules, fêtes, rites, etc.) où la Bible tient une place essentielle.". (Orientations et suggestions pour l'application de Nostra Ætate - 1975)

 Comment ne pas reconnaître dans les paroles d’Elizabeth Young ce qui se met en place en France dans le Missel conciliaire ? L’International Council of Christians and Jews dicte et les conférences épiscopales nationales approuvent et appliquent. Nous avons déjà eu le même phénomène en France dans les années 1950, lorsque sous l’impulsion des Cahiers Sioniens et du Père Paul Démann, les missels et les catéchismes furent nettoyés de toutes traces relatives à l’enseignement du ”mépris”. Cette dernière remarque mériterait un numéro de Serviam à elle-seule. Il est assez stupéfiant qu’aucune étude approfondie sur les changements imposés par le Père Démann (avec la complicité du Cardinal Saliège et de Mgr de Provenchères) n’ait été réalisée dans le milieu dit de ”Tradition”. Si ce travail avait été fait, nous n’en serions pas – en 2009 – à nous étonner devant les bouleversement du missel conciliaire.

  Rappelons de plus que les ”cardinaux” Vingt-Trois, Etchegaray, Barbarin et Ricard font tous partie du comité d’honneur de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, affiliée à L’International Council of Christians and Jews. C’est donc par l’entremise de tels ”prélats” que de tels calendriers et missels voient le jour. Et c’est auprès de ces escrocs, n’ayons pas peur des mots, que certains vont quémander une messe de Saint Pie V !!!

Contact : contact.serviam@gmail.com

Aucun copyright.

Annexe 1 : Les Dix Points de Seelisberg (1947)

1. Rappeler que c'est le même Dieu Vivant qui nous parle à tous dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament.

2. Rappeler que Jésus est né d'une mère juive, de la race de David et du peuple d'Israël, et que son amour éternel et son pardon embrassent son propre peuple et le monde entier.

3. Rappeler que les premiers disciples, les apôtres et les premiers martyrs étaient juifs.

4. Rappeler que le précepte fondamental du christianisme, celui de l'amour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans l'Ancien Testament et confirmé par Jésus, oblige chrétiens et juifs dans toutes les relations humaines, sans aucune exception.

5. Éviter de rabaisser le judaïsme biblique ou post-biblique dans le but d'exalter le christianisme.

6. Éviter d'user du mot «juifs» au sens exclusif de «ennemis de Jésus» ou de la locution «ennemis de Jésus» pour désigner le peuple juif tout entier.

7. Éviter de présenter la Passion de telle manière que l'odieux de la mise à mort de Jésus retombe sur tous les juifs ou sur les juifs seuls. En effet, ce ne sont pas tous les juifs qui ont réclamé la mort de Jésus. Ce ne sont pas les juifs seuls qui en sont responsables, car la Croix, qui nous sauve tous, révèle que c'est à cause de nos péchés à tous que le Christ est mort.

Rappeler à tous les parents et éducateurs chrétiens la grave responsabilité qu'ils encourent du fait de présenter l'Évangile et surtout le récit de la Passion d'une manière simpliste. En effet, ils risquent par là d'inspirer, qu'ils le veuillent ou non, de l'aversion dans la conscience ou le subconscient de leurs enfants ou auditeurs. Psychologiquement parlant, chez des âmes simples, mues par un amour ardent et une vive compassion pour le Sauveur crucifié, l'horreur qu'ils éprouvent tout naturellement envers les persécuteurs de Jésus tournera facilement en haine généralisée des juifs de tous les temps, y compris ceux d'aujourd'hui.

8. Éviter de rapporter les malédictions scripturaires et le cri d'une foule excitée : «Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants», sans rappeler que ce cri ne saurait prévaloir contre la prière infiniment plus puissante de Jésus : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.»

9. Éviter d'accréditer l'opinion impie que le peuple juif est réprouvé, maudit, réservé pour une destinée de souffrances.

10. Éviter de parler des juifs comme s'ils n'avaient pas été les premiers à être de l'Église.

Annexe 2 :  Les thèses de Bad Schwalbach (mai 1950)

En mai 1950, à Bad Schwalbach (Allemagne), un groupe de théologiens protestants et catholiques (dont le pasteur Freudenberg et Karl Thieme) se réunit en vue de préciser les fondements bibliques des Dix Points de Seelisberg. Le texte de ceux-ci avait été soumis auparavant à différentes associations judéo-chrétiennes. Les thèses de Schwalbach ont reçu, en juillet 1950, l'approbation de la hiérarchie catholique, en la personne de l'évêque de Fribourg-en-Brisgau. Moins connues que les Points de Seelisberg, qui ont servi de charte aux diverses associations d'Amitié judéo-chrétienne, les thèses de Bad Schwalbach, qui les complètent, sont d'une grande importance, car elles fournissent les bases de la réforme de l'enseignement chrétien, réclamée par la conférence de Seelisberg. On remarquera que ce document contient déjà l’essentiel de ce qui figurera dans les documents officiels postérieurs relatifs au "nouveau regard", que l’Église porterait désormais sur le peuple juif.

1. Un seul et même Dieu parle à tous les hommes dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament. Ce Dieu unique, c'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, de Moïse et des Prophètes. Si nous chrétiens ne croyons pas en ce Dieu unique, nous adorons un faux dieu, même si nous l'appelons le Père de Jésus-Christ : cela fut déjà l'hérésie de Marcion au 1er siècle.

2. Jésus est né du peuple d'Israël, d'une mère juive, de la race de David. Par lui, le fils de David, l'Oint de Dieu, nous avons part à la rédemption, liée pour Israël à la venue du messie, et déjà promise à tous les autres peuples dans la bénédiction donnée à Abraham. S'il est sûr, pour notre foi, qu'en la personne de Jésus de Nazareth est venu le Sauveur qui accomplit toute promesse de salut, il n'en reste pas moins certain que nous attendons encore le jour à venir où nous contemplerons la manifestation de cet accomplissement.

3. L'Église, fondée par l'Esprit Saint, est composée de juifs et de païens réconciliés dans le Christ et rassemblés pour former le nouveau Peuple de Dieu. Nous ne devons jamais oublier qu'une partie importante de cette Église est formée de juifs, et que les apôtres et les premiers témoins de Jésus étaient des juifs.

4. Le précepte fondamental du christianisme, celui de l'amour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans l'Ancien Testament et confirmé par Jésus-Christ, oblige donc juifs et chrétiens dans toutes les relations humaines sans exception.

5. Parce que le juif, comme le chrétien (Mc 12, 33 ss.; Rm 13, 8-10), est soumis à la même Loi d'amour sans limites, c'est pécher que de rabaisser orgueilleusement les juifs de l'époque biblique et post-biblique par rapport aux chrétiens, et c'est méconnaître ainsi l'Évangile comme accomplissement de la Loi.

6. Il n'est pas conforme à l'Écriture d'assimiler « les juifs » aux « ennemis de Jésus »; car précisément l'évangéliste Jean auquel cet usage se réfère - même là où il semble les identifier l'un à l'autre, ne désigne pas, en parlant des « juifs », la totalité du peuple juif, même pas à Jérusalem (7, 12s), mais la grande partie des chefs politiques et religieux influents à ce moment-là (7, 48 ss). C'est pourquoi, en parlant de la Passion, on ne devra pas omettre de rappeler «ces foules» qui pleuraient sur Jésus (Lc 23, 27) et qui après sa crucifixion «s'en retournaient en se frappant la poitrine» (Lc 23, 48).

7. Avant tout, il n'est ni biblique, ni chrétien de regarder et de présenter la Passion du Christ, à qui nous devons notre salut, dans une lumière partielle, en l'attribuant à la faute d'hommes déterminés historiquement ou à celle d'un peuple précis. Autant que des hommes peuvent en juger, et en se basant sur les données du Nouveau Testament, on peut distinguer clairement, parmi les contemporains de Jésus, trois attitudes « coupables » à des degrés divers :

a) La conduite de quelques-uns, relativement peu nombreux qui, d'une manière ou d'une autre, ont été impliqués dans la crucifixion, depuis les instigateurs de la mort du Christ, poussés par l'ambition politique ou le fanatisme religieux, jusqu'aux fonctionnaires ou aux disciples qui ont failli par lâcheté.

b) Le comportement de cette multitude qui ne pouvait se résoudre à croire en la Résurrection de Jésus, annoncée par les apôtres et reliée aux preuves scripturaires de sa messianité, et qui se laissait plutôt convaincre par les arguments qui semblaient accuser un condamné à mort de blasphème et de soulèvement du peuple (cf. Ac 17, 11, mais aussi Lc 5, 39!).

c) La haine d'un assez grand nombre qui poursuivaient et calomniaient les disciples de Jésus (Ac 13, 50; 14, 19; 17, 5ss; 18, 12ss). Il ne faudrait pas oublier cependant que, dès le Moyen Age, avec Maïmonide, les autorités juives modifient de plus en plus leur attitude et, à l'encontre de leurs prédécesseurs, reconnaissent le païen baptisé comme un adorateur du vrai Dieu. En tout cela, nous chrétiens, nous ne devons jamais oublier que nous nous rendons bien plus coupables si, en dépit des grâces reçues, nous nous livrons au messianisme politique et social et crucifions ainsi, à nouveau, le Seigneur, nécessairement et finalement dans ses membres; nous nous contentons de confesser des lèvres la Révélation de Dieu, au lieu de consentir à l'opprobre de la croix, comme le Seigneur mort et ressuscité pour nous a le droit de l'exiger de notre vie entière; nous devrions plutôt être attentifs aux avertissements et aux promesses qu'il nous a donnés comme signes alors que, entre 1933 et 1945, pour la première fois dans l'histoire, des juifs et des chrétiens furent persécutés ensemble; nous refusons de respecter le croyant sincère qui ne partage pas notre foi.

8. La signification de la crucifixion du Christ dans l'alliance de Dieu avec Israël est un mystère caché à l'intérieur de la fidélité inébranlable de Dieu pour son Peuple. Et même la partie centrale de l'épître aux Romains (chap. 9-11) ne nous le révèle dans ses traits principaux que par allusion. Comme partout ailleurs dans l'histoire de ce peuple unique, il ne peut être question ici de malédiction, mais bien plutôt d'une bénédiction que Dieu veut accorder finalement à son Peuple, et avec lui, à tous les peuples. Seul - d'après Gn 12, 3 - s'en exclut celui qui par légèreté ou par malice porte atteinte à cette alliance pleine de promesses. Le chrétien se souvient, en outre, de la parole du Christ en croix : «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font!» Le cri d'une foule excitée : «Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !» doit être tourné par nous en prière, et exprimer que ce sang sauve finalement ceux pour qui il a été d'abord répandu. Jamais nous ne devrons abuser de ce cri pour présenter l'effusion de sang juif comme une sorte de juste punition, d'autant plus que la chrétienté primitive a vénéré avec une ferveur particulière des martyrs d'origine juive.

9. L'unique passage du Nouveau Testament où au mot «rejet» appliqué au destin des juifs est opposée immédiatement «l'assomption» future du peuple de l'ancienne Alliance dans l'Alliance nouvelle et définitive, en Rm 11, 15, doit être la norme d'interprétation de toutes les affirmations néo-testamentaires concernant le rejet. Il n'est pas conforme à la Révélation d'annoncer uniquement l'aspect provisoire du double jugement donné par l'ensemble de la Bible, sans évoquer en même temps, l'autre aspect - définitif - qui le supprimera en le dépassant. Le oui des juifs à Jésus est promis par Dieu comme dernier mot de leur histoire; et cette promesse est la garantie de son oui aux juifs. Ce doit être aussi le dernier mot de la prédication chrétienne

Annexe 3 : Le missel pour 2010 est arrivé

Des omissions obstinées dans la messe en français

L’année liturgique commence avec le premier dimanche de l’Avent, qui tombe cette fois le 29 novembre. Notre épiscopat édite, pour sa messe en français, un Missel des dimanches qui change chaque année : puisque le monde change, la liturgie doit changer elle aussi, ainsi l’a voulu, paraît-il, « le Concile » (Vatican II).

Ce qui pourtant ne change pas, c’est qu’il s’agit toujours d’un missel devenu apatride, malgré les protestations qu’il provoque depuis des années. La France est privée de ses saintes patronnes, comme si déjà elle n’existait plus, anéantie par l’évolution mondialiste.

A l’intention des catholiques pratiquants qui risquent désormais de l’ignorer si, depuis trente-six ans, ils vont chaque dimanche à la messe en français et y amènent leurs enfants, rappelons ici que la France a dans le Ciel trois saintes patronnes, qui lui ont été très officiellement attribuées par la Papauté. Il y a d’abord la « patronne principale », qui est Notre-Dame de l’Assomption et dont la fête est le 15 août. Et deux « patronnes secondaires » : sainte Jeanne d’Arc, solennité le second dimanche de mai, et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, fêtée le 1er octobre par la messe en français (mais le 3 octobre par la messe traditionnelle). La solennité de Jeanne d’Arc a été la première abandonnée par l’épiscopat. Les autres ont suivi, il n’a même pas respecté la relation privilégiée de la Sainte Vierge avec les Français.

Pourquoi ces suppressions ? On pense d’abord qu’il pourrait s’agir d’un scrupule rationaliste devant l’idée audacieuse que les saints du Ciel puissent exercer un « patronage » sur nos activités terrestres. Cette idée relèverait d’un passé périmé, tributaire d’un contexte culturel hideusement médiéval.

Mais cette explication par un simple silence n’est pas tenable. Elle a contre elle le témoignage de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : la messe en français lui reconnaît le titre de « patronne des missions ». C’est seulement son patronage français qui a été retranché.

On imagine alors que le titre de patronne « des missions » a été maintenu parce qu’il s’agit d’un patronage religieux, tandis que le patronage de la nation française serait de nature trop politique. Explication insoutenable elle aussi, puisque si la France a perdu ses patronnes, « l’Europe » au contraire en a été comblée. La messe en français célèbre le 23 juillet « sainte Brigitte, patronne de l’Europe » ; elle célèbre le 9 août « sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, patronne de l’Europe », et elle n’oublie pas de fêter le 11 juillet « saint Benoit, patron de l’Europe » (que la messe traditionnelle fête le 21 mars).

Peut-être ne s’agit-il pas forcément d’une volonté délibérée de rendre rigoureusement apatride le missel de la messe en français. Une autre hypothèse explicative est possible. Il faudrait comprendre que l’épiscopat français respecte les décisions pontificales dans tous les cas où la France n’est pas directement concernée mais, par une déviation nationaliste inattendue, veut réputer nul et non avenu ce qui est décidé par le Pape pour la France sans le consentement préalable de la collégialité épiscopale française. Comme pour le catéchisme.

Quelles que soient les intentions, il y a les résultats, et les responsables de ces résultats. La « nouvelle gouvernance de l’Église de France », comme dit La Croix, est représentée en l’occurrence par Mgr Le Gall, « président de la Commission épiscopale pour la liturgie ». C’est lui qui donne chaque année l’imprimatur au Missel des dimanches. Lisez bien : Mgr Robert Le Gall (avec deux l), archevêque de Toulouse, à ne pas confondre avec Mgr Patrick Le Gal (avec un seul l). Si le missel en français est devenu apatride, il n’est pas anonyme. « Les auteurs » sont mentionnés en page 2 : un dominicain, un bénédictin, un curé de paroisse, un diacre et six laïcs, et par-dessus tous ceux-là, Mgr Le Gall qui les cautionne au nom de l’épiscopat. Il faudra bien que ces responsables en viennent un jour ou l’autre à faire connaître les raisons de tant d’anomalie.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6967 de Présent du Vendredi 13 novembre 2009

Annexe 4 : Le missel pour 2010 est arrivé (II)

Une liste des fêtes qui s’est beaucoup allongée

La suppression obstinée, par l’épiscopat français, des fêtes patronales de la France, est compensée, dans le Missel des dimanches, par l’arrivée en masse de fêtes que l’on n’avait jamais vues, avant la messe en français, s’introduire parmi les célébrations catholiques. Nous lisons dans ce « missel » :

Le 29 novembre 2009 : « Dans la communauté musulmane, Aid al Kabir, fête du sacrifice du bélier qu’Abraham a immolé en remplacement de son fils. »

Du 12 au 19 décembre : « Fête juive de Hanoukkah commémorant la victoire des Maccabées et la nouvelle dédicace de l’autel du temple de Jérusalem après sa profanation par les Grecs en 160 avant notre ère. »

Le 18 décembre : « Fête du nouvel an pour la communauté musulmane. »

Le 27 février 2010 : « Fête juive de Pourrim où la communauté fait mémoire du jeûne d’Esther, lorsque le peuple a été libéré du projet d’extermination des juifs exilés en Perse. »

Page 192 : « Il y a quatorze siècles, en 610, Mahomet, alors simple caravanier, commença à prêcher pour ramener le peuple de La Mecque à la religion du Dieu unique et lui enseigner la soumission à la volonté divine. »

Le 21 mars : « Collecte des dons pour le CCFD. »

Le 19 mai : « Fête juive de Chavouot, fête des moissons et du don de la Loi. »

Le 12 août « commence pour les musulmans le mois de jeûne du Ramadan ».

Le 18 septembre « la communauté juive célèbre le grand pardon, Yom Kippour, le jour le plus solennel de l’année, consacré à l’expiation des péchés ».

Du 23 septembre au 1er octobre, « dans la communauté juive, fête de Soukkot ou des Tentes, commémorant le séjour au désert lors de l’Exode ».

Dernier dimanche d’octobre : « Fête de la Réformation. »

Ce n’est plus un missel

Un missel, dit le Littré, est le « livre ecclésiastique qui contient les messes propres aux différents jours et fêtes de l’année ». Selon le Grand Larousse, c’est le « livre qui contient les prières de la messe ». Selon le Grand et le Petit Robert, il s’agit bien du « livre liturgique qui contient les prières et les lectures nécessaires à la célébration de la messe pour l’année entière ». Et si l’on trouve ces références sémantiques trop exclusivement profanes, interrogeons le Dictionnaire de la foi chrétienne publié par les très catholiques Éditions du Cerf, il confirme que le missel est bien un « livre liturgique contenant les textes et les rubriques pour la célébration de la messe ».

Je laisse à de plus savants le soin de décider quelle qualification juridique et morale mérite donc le (soi-disant) Missel des dimanches 2010 : « abus de confiance » ? « tromperie sur la marchandise » ? ou quelque autre ? En tout cas le fait est là : ce prétendu missel contient aussi d’autres choses que les « textes et rubriques pour la célébration de la messe ». Il serait plus honnête de lui donner désormais un autre titre que celui de « missel ». Simple suggestion à l’adresse de Mgr Robert Le Gall.

Aux plus savants je laisse aussi la charge d’examiner si les insuffisances théologiques de cette messe modernissime ont été réellement corrigées. Limitons-nous ici à quelques-unes des observations qui peuvent sauter aux yeux du simple laïc.

Par exemple, page 65, nous apprenons que dans la messe en français, ce sont « les fidèles qui vont donner la communion », sans aucune mention des supposées « circonstances exceptionnelles » qui avaient naguère servi de prétexte (provisoire) pour introduire cette communion laïcisée. Elle est devenue le rite ordinaire et obligatoire de la messe en français.

On remarquera aussi la suppression obstinée du « consubstantiel » dans le Credo. Cette suppression dans la messe en français est antérieure de plusieurs années à la promulgation d’une messe nouvelle par Paul VI : par quoi l’on voit qu’en France, le vrai problème n’est pas purement et simplement celui de la messe de Paul VI, mais en outre et surtout celui d’une messe particulière, et particulièrement inacceptable : la messe en français, la messe de notre épiscopat, à nulle autre pareille.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6968 Présent du Samedi 14 novembre 2009



[1] Michel Sternberg, L’ICCJ : de Sydney à Berlin en passant par Jérusalem, Trois rassemblements dynamiques pour le dialogue, Revue Sens (7-8, 2009) Pages 475-476.

[2] Paul Démann, ”Une nouvelle version des Thèses de Seelisberg”, Cahiers Sioniens N 11, Septembre 1950, pp. 223 à 230.

[3] Octobre 1947 et janvier 1948.

[4] N° 3, pages 184 à 186.

[5] Par exemple, P. Lovsky : Comment parler des Juifs à nos enfants ? Extrait du Journal des Écoles du Dimanche, de juin 1948.

[6] Par exemple, P. Démann : Les Juifs dans l'enseignement chrétien.The Jews in, Christian, Doctrine Teaching, dans Lumen Vitae, Bruxelles 1949, N° 1. Reproduit dans Documentation Catholique, 17 juillet 1949, et, en allemand, — Die Juden im Religionsunterricht, — dans Dokumente, Offenbach, 1949, N° 3.

[7] Les catholiques allemands s'interrogent, N° 5, janvier 1949, pp. 50 à 58 ; Pour et contre l'antisémitisme en  Allemagne, N 10, juin 1950, pp. 111 à 125.

[8] Article 4 des thèses d’Aix-en-Provence : ”L’Église primitive était composée de Juifs et de Gentils réconciliés dans le Christ et réunis pour constituer le nouveau peuple de Dieu. Par la foi dans le Christ Jésus, ”il n’y a plus ni juif ni grec” (Galates, III/26-28). Toute discrimination raciale est donc en contradiction absolue avec le christianisme.”

[9] Article 10 des thèses d’Aix-en-Provence : ”Par la voix de l’apôtre Paul (Romains XI,15), Dieu nous donne l’assurance que le dernier mot de l’histoire des juifs sera un oui à Jésus, et cette promesse garantit aussi le oui de Dieu aux juifs. C’est là, ce doit être là toujours, le dernier mot de la prédication chrétienne concernant les juifs.”

[10] http://www.ajcf.fr/spip.php?article65

[11] Director emeritus of the Catholic Academy of the Diocese of Aachen/Germany. Henrix began his career as lecturer on the Theology of Ecumenism in 1970 and was the Director of the Aachen Academy from 1988 to 2005. In 2000 he received an honorary doctorate in philosophy from the University of Osnabrueck. Dr. Henrix is consultant of the German Bishops' Conference for the Catholic-Jewish relations. Pope John Paul II appointed him 2003 to a consulter of the Vatican Commission for the Religious Relations with the Jews – a mandate that was renewed by Pope Benedict XVI in 2008. On May 13, 2009 the University Salzburg awarded him the title Honorary Professor due to his specific scientific qualification. (Tiré du site internet de l’ICCJ)

[12] http://www.iccj.org/en/pdf/Berlin_Paper.PDF

[13] http://www.etz-hayim.com

[14] http://www.catholicreligiousaustralia.org

[15] Mrs Young holds Bachelor and Masters degrees in Theology and has studied extensively in Jerusalem, 2001-2006, under both Jewish and Christian professors in the fields of biblical exegesis, Talmudic interpretations, Midrash, Rashi's commentaries on the Torah, and Hasidic spirituality.