SERVIAM 

Lettre d’informations sur les relations entre l’église conciliaire et le judaïsme.                                                           

Enfin il leur envoya son fils, en disant, ils respecteront mon fils. Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : Voici l’héritier; venez, tuons-le et nous aurons son héritage.(S. Matthieu, Chap. XXI, 37-38)


 Numéro 20                                          Parution irrégulière                                   3 Octobre 2009

La communauté Sant’Egidio et l’esprit d’Assise

Historique :

  La Communauté Sant’Egidio[1] a été fondée en 1968, à Rome. Elle tient son nom de l’église de Sant’Egidio, dans le quartier du Trastevere, où le centre de la Communauté se trouve aujourd’hui. Sant'Egidio est la traduction en italien de saint Gilles ou saint Gilles l'Ermite du VIIe siècle. La Communauté Sant’Egidio est un mouvement chrétien de laïcs qui compte 40.000 membres dans plus de 60 pays sur tous les continents. Ils se réunissent pour la prière et construisent des amitiés avec les plus pauvres de leur ville. Au niveau international, Sant’Egidio s’engage en faveur du dialogue entre les religions et la résolution pacifique des conflits. La communauté Sant’Egidio est aussi connue pour ses combats contre la peine de mort et du virus du Sida.

Andrea Riccardi

  Son fondateur est Andrea Riccardi (né en 1950 à Rome).  Depuis 1981, Andrea Riccardi est professeur d'histoire du christianisme et des religions à l'université de Rome III. En plus d'un engagement au service des pauvres, Andrea Riccardi est engagé avec la communauté Sant'Egidio dans le dialogue interreligieux et le travail pour la paix. Tous les ans, depuis 1987, il organise des rencontres interreligieuses à la suite et dans l'esprit de la Rencontre d'Assise de 1986. Il a reçu le Prix Notre-Dame (États-Unis) en 2001 et le prix Niwano de la paix (Japon) en 2004 pour cet engagement en faveur de la paix. (source Wikipedia).

Rencontre interreligieuse 2009 à Cracovie :

  En 2009, la rencontre religieuse organisée dans l’esprit d’Assise se déroula à Cracovie du 6 au 8 septembre sous le patronage de l’Archevêque de Cracovie, Stanislaw Dziwisz, ancien secrétaire de Wojtyla-Jean-Paul II durant tout le ”pontificat” de ce dernier (1978-2005).  Le titre de la réunion était : ”La Paix est un atelier ouvert à tous”, reprenant une citation de Wojtyla-Jean-Paul II.

  Voici la présentation de cette rencontre donnée par le site internet de la Communauté Sant’Egidio :

 Les leaders des grandes religions mondiales, chefs d’États et hommes et femmes de culture seront à Cracovie du 6 au 8 septembre à l’invitation de la Communauté de Sant’Egidio et du card. Stanislaw Dziwisz.

 “L’Esprit d’Assise” revient en Pologne et cette fois-ci dans la ville de Jean-Paul II, où le grand pape s’est formé culturellement, humainement et spirituellement.

  Les leaders des grandes religions se sont donnés rendez-vous à un carrefour de l’histoire européenne et donneront vie à un pèlerinage inédit pour ses dimensions et sa représentation dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, comme signe de réconciliation et de paix, pour souligner un refus radical de la violence et de la guerre comme instrument pour la résolution des conflits internationaux.

  Il s’agira aussi d’une occasion spéciale pour reparcourir les plus de vingt ans de dialogue inaugurés par Jean-Paul II, dans les lieux où il a vécu les dramatiques années de la guerre et l’expérience du dialogue à travers la connaissance d’un ami juif. C’est probablement pendant ses années à Cracovie que s’est formée en lui l’intuition du rêve qui s’est réalisé à Assise avec la journée historique de prière et de jeûne du 27 octobre 1986 : l’invocation de Dieu par toutes les religions de la planète pour qu’il donne la paix à un monde marqué par les blessures profondes de la division et de la guerre.

  La mémoire tragique des 70 ans du début de la seconde Guerre mondiale, l’anniversaire des vingt ans de la chute du Mur de Berlin et des régimes communistes en Europe orientale sont à l’origine de l’invitation de son secrétaire Stanislaw Dziwisz, Archevêque de Cracovie et cardinal et de la Communauté de Sant’Egidio pour vivre ensemble l’esprit d’Assise, de Cracovie au monde entier.

  A une époque difficile, de crise économique et de conflits régionaux qui rendent incertaines, apeurées et déracinées les générations de notre temps, les religions retrouveront dans le dialogue les énergies spirituelles à offrir à un monde sans vision et donc sans futur.

  Plus de dix cardinaux présents, dont le card. Dziwisz, les  cardinaux Rylko, Sandri, Sepe, Sistach, Poupard, Glemp, Macharski, Shirayanagi, Mc.Carrick et le Patriarche Greco-Melkite d’Antioche Gregorios III Laham.

  Parmi les Églises orthodoxes et les anciennes Églises Orientales, sont attendus les deux témoignages des souffrances du Moyen Orient et de l’Afrique, Sa Sainteté Karekine II Patriarche suprême et Catholicos de tous les Arméniens et Sa Sainteté Abuna Paulos, Patriarche de l’Église Orthodoxe d’Éthiopie, qui a connu sept années de prison. Le témoin de la dernière rencontre interreligieuse, Sa Béatitude Chrysostomos II, Archevêque de Nouvelle Justinienne et de Chypre.

  La participation de nombreuses régions du monde sera riche avec des représentants de communions chrétiennes mondiales, des Organisations chrétiennes internationales et des grandes religions mondiales. Du Révérend Dr. Ishmael Noko Secrétaire général de la Fédération Luthérienne Mondiale au Grand Rabbin d’Israël Yona Metzger, à Shear-Yashuv Cohen, Grand Rabbin de Haïfa, avec une présence significative musulmane d’Indonésie, d’Inde, d’Égypte, du Maroc, de Turquie, du Liban, de Côte d’Ivoire, du Qatar, à des représentants du Bouddhisme et de l’Hindouisme.

  Enfin, les Autorités internationales présentes et chefs d’États seront aussi nombreux : de Chypre au Costa Rica.

  Il est important de remarquer des représentants politiques, religieux, financiers et universitaires du monde entier sont à chaque fois présents aux rencontres interreligieuses organisées par la communauté Sant’Egidio. Notons de plus que ce ne sont pas ”seconds couteaux” qui effectuent le déplacement. Par exemple, notons la présence de José Manuel Barroso (qui vient de se faire réélire à la présidence de l’Union Européenne), du Grand Rabbin d’Israël Yona Metzger, du Cardinal Walter Kasper en charge de l’œcuménisme au Vatican, ...

 Voici une liste non exhaustive des principales personnalités présentes à Cracovie du 6 au 8 septembre et ayant participé à un ou plusieurs colloques de la journée du 7 septembre :

Françoise Rivière - Directrice générale adjointe de l’UNESCO, France

Michel Camdessus - Gouverneur honoraire de la Banque de France

Henri de Luxembourg - Grand-Duc de Luxembourg

Filip Vujanović - Président de la République du Monténégro

Ahmad Al-Tayyeb - Recteur de l'Université Al-Azhar, Égypte

Mordechay Lewy - Ambassadeur d’Israël au Saint-Siège

David Brodman - Grand Rabbin de Savyon, Israël

Michael Schudrich - Grand Rabbin de Pologne

Franco Sottocornola - Centre pour le Dialogue Interreligieux Shinmeizan, Japon

David Hamid - Évêque anglican, Royaume Uni

Tomokazu Hatakeyama - Vice-Serétaire général de l’WCRP, Japon

Francis Martin-Xavier Campbell - Ambassadeur de la Grande Bretagne au Saint Siège

Giuseppe Laras - Président de l’Assemblée des Rabbins d’Italie

Lech Wałęsa - Ex Président de la République de Pologne

Sohan Lal Gandhi - Président de la Anuvrat Global Organization, Inde

Christine Boutin[2]  - Ancienne Ministre du Logement, France

David Rosen - Président de l’International Jewish Committee for Interreligious Consultations, Israël

  Une autre personnalité de taille, bien que non présente à Cracovie, apporta son soutien à ces journées interreligieuses : Ratzinger-Benoît XVI.

  Le 6 septembre, à 10h00, eut lieu une ”célébration eucharistique” au Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Cracovie, lieu dans lequel Ratzinger-Benoît XVI était venu lors de son voyage en Pologne en mai 2006. Lors de cette ”célébration”, il y eut deux homélies : une du Cardinal Dziwisz et une du métropolite Serafim de l’Église Orthodoxe de Roumanie.

Intérieur au goût plus que douteux du Sanctuaire de la Divine Miséricorde de Cracovie.

  A 12h00, il fut établi une liaison audiovisuelle en direct avec Ratzinger-Benoît XVI, qui, lors de l’Angelus, envoya ses bons vœux à cette rencontre interreligieuse :

  Voici le texte lu par Ratzinger-Benoît XVI aux personnes assemblées à Cracovie :

Je désire adresser un message cordial aux participants au Congrès international « Hommes et religions » qui se tient à Cracovie sur le thème : « Religions et cultures en dialogue ».

De nombreuses personnalités et représentants des différentes religions sont réunis - à l’invitation de l’Archidiocèse de Cracovie et de la Communauté de Sant’Egidio - pour réfléchir et prier en faveur de la paix, soixante-dix ans après le déclenchement de la seconde Guerre mondiale. Nous ne pouvons pas ne pas rappeler les événements dramatiques qui ont accompagné le début d’un des plus terribles conflits de l’histoire, un conflit qui a fait des dizaines millions de morts et a causé tant de souffrances au peuple polonais bien-aimé ; un conflit qui a vu la tragédie de l’Holocauste et l’extermination de tant d’autres innocents.

La mémoire de ces événements nous incite à prier pour les victimes et pour ceux qui en portent encore les blessures dans leur corps et dans leur cœur ; qu’elle soit un avertissement pour tous à ne plus jamais répéter de tels actes de barbarie et à intensifier leurs efforts pour édifier en notre temps – un temps encore marqué par les conflits et les affrontements – une paix durable, en transmettant en particulier aux nouvelles générations une culture et un style de vie inspirés par l’amour, la solidarité et l’estime de l’autre. Dans cette perspective, l’apport que les religions peuvent et doivent donner est particulièrement important afin de promouvoir le pardon et la réconciliation, et de lutter contre la violence, le racisme, le totalitarisme et l’extrémisme qui défigurent l’image du Créateur dans l’homme, en effaçant l’horizon de Dieu, et qui conduisent ainsi au mépris de l’homme.

Que le Seigneur nous aide à construire la paix, en partant de l’amour et de la compréhension mutuelle (cf. Caritas in veritate).

  Une nouvelle fois, Ratzinger-Benoît XVI prêche l’inverse de ce qu’a toujours enseigné l’Église catholique. La véritable paix ne pourra s’établir que par la Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ et par la prédication des préceptes évangéliques et non par une collaboration entre toutes les religions du monde. Ce discours – en phase avec sa dernière ”encyclique” – est une étape de plus dans la formation d’un gouvernement mondial et d’une religion universelle. 

  Voici à l’inverse ce qu’enseignait le Pape Benoît XV dans son Encyclique Ad beatissimi apostolorum du 1er novembre 1914 :

  [...] la société humaine court à sa ruine, si Dieu ne se hâte de lui venir en aide.

  Voici en effet ce que Nous voyons : absence de bienveillance mutuelle dans les rapports des hommes entre eux ; mépris de l'autorité ; luttes injustes des différentes classes de citoyens ; appétit désordonné des biens périssables, comme s'il n'y en avait pas d'autres, supérieurs de beaucoup, proposés à l'activité humaine. Tels sont, à Notre avis, les quatre chefs de désordre, d'où proviennent les perturbations si graves de la société, et contre lesquels doivent se réunir tous les efforts, par le recours aux principes du christianisme, si l'on veut sérieusement ramener dans les États l'ordre et la paix.

  Et d'abord, lorsqu'Il descendit du ciel précisément pour rétablir parmi les hommes le règne de cette paix, détruite par la jalousie de Satan, Notre-Seigneur Jésus-Christ ne voulut pas d'autre fondement pour cette restauration que celui de la charité.

[...]

 Jamais peut-être, plus que maintenant, on n'a parlé de fraternité humaine : on n'hésite même pas à laisser de côté les enseignements de l'Évangile, l'œuvre de Jésus-Christ et de l'Église, et à prétendre, quand même, que ce zèle pour la fraternité est un des fruits les plus précieux de la civilisation moderne. Cependant, à dire vrai, jamais la fraternité n'a été moins pratiquée que de nos jours. Les haines de race sont portées au paroxysme ; les peuples sont divisés par leurs rancunes encore plus que par leurs frontières ; au sein d'une même nation et dans les murs d'une même cité, les différentes classes de citoyens se jalousent mutuellement, et chez les individus tout est réglé par l'égoïsme devenu la loi suprême.

  Vous voyez, vénérables Frères, combien il est nécessaire de faire tous les efforts possibles, afin que la charité de Jésus-Christ reprenne son empire sur les âmes : ce sera Notre objectif et comme l'entreprise spéciale de Notre Pontificat : que ce soit aussi, Nous vous y exhortons, le but de votre zèle.

  Toujours le 6 septembre, à 17h00, se déroula l’Assemblée d’ouverture. Divers intervenants prirent la parole, entre autres le Cardinal Stanislaw Dziwisz (archevêque de Cracovie), Andrea Riccardi (Fondateur de la Communauté de Sant’Egidio), Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), José Manuel Barroso (Président de la Commission Européenne), le rabbin David Rosen (Président de l’International Jewish Committee for Interreligious Consultations, Israël) et le Cardinal Walter Kasper (Président du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens).

  Voici des extraits du discours d’Andrea Riccardi :

  Les hommes et les femmes, qui ont souffert à cause de la guerre, sont souvent des maîtres et des témoins de paix, en quête de ce qui unit les peuples. Jean Paul II fut un enfant de la guerre, lui qui était né en 1920. Rescapé à tant de mal, il se sentait responsable de dire l’horreur de la guerre : de dire que le destin commun de l’humanité est la paix, et non la domination des uns sur les autres. Nous sommes venus à Cracovie, dans sa ville natale, pour lui rendre hommage. Certains vénèrent en lui le grand pape. D’autres le grand maître chrétien. Tous pensent qu’il fut une figure d’exception, comme on en rencontre rarement dans l’Histoire. Témoin de foi chrétienne, il fut aussi un maître d’humanisme.

  En pleine guerre froide, en 1986, Jean Paul II convoqua à Assise, ville natale de saint François, les leaders des grandes religions, pour prier pour la paix, non plus les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. Depuis lors, a commencé à souffler l’esprit d’Assise, comme le rappelle le cardinal Etchegaray, l’un des artisans de cet événement. Comme le rappelle aussi le cardinal Dziwisz, aussi fidèle à Jean Paul II qu’un fils, sachant combien le Pape tenait à ce rendez-vous historique. Je profite de cette occasion pour remercier le cardinal de son hospitalité et de sa collaboration généreuse, sans laquelle cette rencontre n’aurait pas été possible ; ainsi que pour la belle liturgie par laquelle il nous a accueillis.

  La Communauté de Sant’Egidio a compris qu’Assise devait continuer après 1986. J’entends encore la voix forte de Jean Paul II à Assise, en 1986, qui invitait à continuer dans cette voie. Je sentis que c’était un appel. L’esprit d’Assise est celui du dialogue entre les religions, conscientes de leur apport décisif à la paix et de l’apport de l’esprit. Depuis lors, nous nous sommes rendus chaque année dans des pays différents. Jean Paul II soutenait ce pèlerinage. Au terme de l’inoubliable journée de 1986, il avait dit :

  « Ensemble nous avons rempli nos yeux de visions de paix : celles-ci libèrent des énergies nouvelles en faveur d’un nouveau langage de paix, de nouveaux gestes de paix, des gestes qui briseront les chaînes fatales des divisions héritées de l’Histoire ou engendrées par les idéologies modernes. La paix attend ses artisans… ».

[...]

  Pour les religions, le dialogue relève de la spiritualité. Le dialogue est une conversion profonde et méditative, qui appelle à suivre la voie de Dieu, en entrant en dialogue avec Celui qui est au-delà de nous.

  Il est significatif que les Musulmans vivent en ce moment le temps sacré du Ramadan, du jeûne, de la purification et du retour à Dieu. C’est une grande occasion, (au point que le Prophète a dit : « Quand arrive le Ramadan, les portes du Ciel s'ouvrent, celles de l'Enfer se ferment et les démons sont mis aux fers »). L’évêque Pietro Rossano, un croyant d’une rare intelligence, rappelait que « toute religion tend à la paix quand elle exprime le meilleur de soi ». Revenir à Dieu conduit mystérieusement à la découverte de la valeur immense de la paix. Pour certaines religions, la paix est le nom de Dieu. Approfondir sa foi permet à chacun d’aller vers les autres dans un esprit de paix, au lieu de s’en écarter. Jésus enseigne : « heureux les doux, car ils posséderont la terre ». Posséder la terre ne veut pas dire dominer, subjuguer ou mépriser l’autre, mais s’exercer à la douceur et à la compréhension.

  Karol Wojtyla s’étonnait de la trame commune qui unit les religions, malgré leur radicale diversité : « Au lieu de nous étonner – écrivait-il - que la Providence permette une si grande diversité de religions, on devrait plutôt s’étonner des nombreux éléments communs qui existent entre elles ».

  Un monde globalisé, avec ses multiples facettes, a grand besoin d’unité. Le dialogue entre les religions est l’âme de cette recherche d’unité. Ce n’est pas un rite, mais une passion. L’esprit d’Assise pousse au témoignage public de la volonté d’être ensemble, comme nous le ferons lors de la cérémonie finale, sur la place du Marché de Cracovie, comme chaque année depuis 1986 : conscients de nos différences, et en paix. Le dialogue est la toile patiente que tisse une humanité divisée, capable de recoudre les différents destins des peuples. Il révèle le mystère d’unité qui se cache derrière les événements de ce monde globalisé. Le dialogue est le remède qui libère des démons de la haine, du mépris, de la guerre.

  Dans nos rencontres dans l’esprit d’Assise, le souvenir de la souffrance est toujours présent, comme le disait ce matin dans son beau discours le métropolite Serafim. Dans deux jours, notre congrès se transformera en pèlerinage au bord de l’abîme de la douleur, à Auschwitz. Nous nous y rendrons au cours d’une journée de jeûne, en pèlerins. Nous ne pouvons pas nous contenter d’avoir une idée abstraite du mal, de la division et de la guerre. Cela ne suffit pas. Nous avons besoin de fouler un lieu, de voir, de sentir, de toucher. C’est le sens du pèlerinage pour toutes les religions. C’est le sens du pèlerinage des religions à Auschwitz, abîme du mal, où, au bord d’un gouffre sans fond, on éprouve le besoin de montrer un autre chemin à l’humanité : le destin commun des peuples dans la paix.

Voici la conclusion du discours tenu par Michel Camdessus[3], Gouverneur honoraire de la Banque de France, ancien directeur du FMI de 1987 à 2000.

Michel Camdessus

  Au-delà même d’un code éthique, il s’agit aussi de rechercher ensemble, à la lumière de nos traditions, les éléments d’une définition d’un bien commun mondial vers lequel l’humanité puisse converger. Il pourrait s’agir :

  - du combat partout pour le respect de l’homme dans sa dignité et ses cultures ;

  - d’une réforme de nos États, limités certes dans leur rôle mais exerçant toutes leurs responsabilités au service du bien commun et de la promotion des plus défavorisés ;

  - d’un nouveau modèle économique au sein duquel les finances gérées dans la transparence, la justice et la solidarité serviraient un développement véritablement soutenable ;

  - d’une gouvernance mondiale, enfin, au service de ce bien commun universel et de la solidarité entre les hommes.

    Mais il y a plus, et je voudrais conclure par là. Une des caractéristiques les plus malheureuses de notre temps est que, dans cette crise, il devient un monde sans espérance, un monde sans joie, un monde du repli sur soi. Eh bien, c’est ici que notre rencontre est plus pertinente que jamais. Au cours d’une décennie où – surtout depuis le 11 Septembre 2001 – le dialogue entre traditions religieuses semblait avoir perdu ses droits, Sant’Egidio l’a maintenu et développé, convaincue de sa valeur prophétique et de son importance pour rendre aux hommes leur espérance, le goûte de la fraternité, le sens de leur unité. Rendons grâces pour cela. Plus que jamais, ces dialogues ont un rôle essentiel à jouer pour faciliter le dialogue des cultures et contribuer à leur conversion, à leur transfiguration dans la lumière de l’Esprit. Voilà une raison de plus pour souligner combien notre rencontre est opportune.

  Les textes d’autres intervenants, non traduits en langue française, sont disponibles sur le internet de la Communauté Sant’Egidio :

http://www.santegidio.org/index.php?pageID=905&idLng=1063

 La journée du 7 septembre était divisée en 22 ”panels” que nous présentons ci-dessous. Entre parenthèses, nous nommons quelques intervenants qui nous paraissent intéressants :

    1. Panel 1 - Auschwitz, pour ne pas oublier (David Brodman - Grand Rabbin de Savyon, Israël, Stanislaw Dziwisz)
    2. Panel 2 - Mémoire et prophétie : l'héritage de Jean-Paul II
    3. Panel 3 - 70 ans après la seconde guerre mondiale : la guerre n’est pas un destin (Roger Etchegaray - Cardinal, Vice-Doyen du Collège cardinalice, Saint-Siège, David Hamid Évêque anglican, Royaume Uni)
    4. Panel 4 - Vingt ans après 1989 : quelle mission pour l’Europe dans le monde ? (Paul Poupard, Président émérite du Conseil pontifical pour la Culture, France, Lech Wałęsa, Ex Président de la République de Pologne)
    5. Panel 5 - L'Amérique Latine dans un monde globalisé
    6. Panel 6 - La société du marché : les religions et le défi du matérialisme
    7. Panel 7 - Dialogue entre religions et cultures
    8. Panel 8 - Les religions et la valeur de la vie
    9. Panel 9 - Les religions en Asie pour un monde sans violence
    10. Panel 10 - Xénophobie et Filoxenia : l'Europe à un tournant (Jean Claude Petit, Président du Centre national de la Presse catholique française)
    11. Panel 11 - Vivre ensemble dans un monde pluriel (Christine Boutin, Ancienne Ministre du Logement, France)
    12. Panel 12 - Jean-Paul II et "l’Esprit d’Assise" (David Rosen, Président de l’International Jewish Committee for Interreligious Consultations, Israël)
    13. Panel 13 - L’Afrique des opportunités (Jean Michel Debrat, Directeur Général adjoint de l’Agence française pour le Développement)
    14. Panel 14 - La transition pacifique : 1989
    15. Panel 15 - Questions spirituelles et crise économique (Katherine Marshall, Conseiller de la Banque Mondiale, États-Unis, Françoise Rivière, Directrice générale adjointe de l’UNESCO, France)
    16. Panel 16 - Non à la peine de mort : il n’y a pas de justice sans vie
    17. Panel 17 - Les religions et la renaissance de l'Afrique
    18. Panel 18 - Unité des chrétiens : pour que le monde croie (Jean-Arnold de Clermont, Président de la Conférence des Églises Européennes)
    19. Panel 19 - La force historique de la prière
    20. Panel 20 - Martyre et résistance au mal
    21. Panel 21 - Les Écritures dans les religions monothéistes
    22. Panel 22 - Religion et science

  Le 8 septembre débuta par ce qui est devenu le lieu de pèlerinage le plus important au monde : Auschwitz. De même que le Mur des Lamentations, il est devenu un passage obligatoire pour tout homme politique ou religieux qui se respecte (sic).

Le Pèlerinage d’Auschwitz.

  La cérémonie eu lieu à 11 heures. A 17h15, les différentes communautés religieuses se réunissaient en différents lieux, au cœur de la vieille ville pour prier. Toutes les ”églises” chrétiennes se réunirent dans un même lieu où Olav Fikse Tveit de l’Église de Norvège, Policarpo, Archevêque orthodoxe et Crescenzio Sepe Archevêque catholique de Naples lirent des méditations.

La prière commune des chrétiens

Voici le début de la méditation du Cardinal Sepe sur le chapitre 11, v. 20-25[4] de saint Marc :

Chers frères et sœurs,

“Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis !”, dit le psaume. C’est l’expérience que nous avons vécue ces jours-ci. Des hommes et des femmes de religions et de cultures différentes se sont retrouvés ensemble avec le même objectif : prier le Dieu de la paix dans un esprit d’amitié afin qu’adviennent le miracle de l’unité, et la victoire de la paix sur la violence et sur la guerre. Aujourd’hui, au terme de ces journées, nous, chrétiens, sommes davantage conscients de ce que nous aurions pu faire et que nous n’avons pas fait, mais surtout de la force et de l’efficacité de la prière. La Communauté de Sant’Egidio, qui, au fil des ans est restée fidele à l’esprit d’Assise dont Jean-Paul II fut l’initiateur, nous témoigne que toute son action naît de la prière et de l’amour de la Parole de Dieu. Chers amis de la Communauté, je voudrais vous remercier pour ce témoignage simple et humble, et pourtant essentiel, qui nous permet aussi de partager un esprit d’authentique fraternité et d’unité au-delà des différences qui nous séparent.

  Passé ce temps de prière, une ”procession de paix” regroupant tous les participants se déroula dans la vieille ville :

La procession de paix

  A la fin de cette procession se tint la cérémonie de clôture au cours de laquelle Stanislaw Dziwisz et Andrea Riccardi prirent la parole.

La cérémonie de clôture. Notons l’absence de crucifix et la présence de l’arc-en-ciel.

Voici le discours de Stanislaw Dziwisz :

1.  La Rencontre Internationale Hommes et Religions touche à sa fin. Au nom de l’Église de Cracovie et au nom – oserais-je dire – de tous ses habitants, je remercie tous ceux qui ont participé, à quelque titre que ce soit, à cette Rencontre. Je vous remercie pour votre présence, votre réflexion, votre prière, votre amitié. Je vous remercie pour ces trois jours de travail dans les chantiers où nous avons forgé la paix.

2.     La paix est un don de Dieu. La paix naît dans le cœur de l’homme qui considère les autres comme des frères et des sœurs. La paix est l’œuvre des communautés et des peuples qui, tout en conservant leur identité, se retrouvent dans la grande famille des peuples et participent à une extraordinaire symphonie de langues, cultures et traditions.

La paix est un don fragile. Elle est menacée par l’égoïsme personnel de l’homme et par l’égoïsme collectif de la société. Elle est menacée par le manque de respect pour la diversité Elle est menacée par la logique de la force et de la violence, qui expose à la tentation du terrorisme. Elle est menacée par le manque de solidarité, surtout à l’égard des pauvres et des victimes de l’injustice.

3.    La Rencontre pour la Paix « Hommes et Religions » a voulu rappeler avec force qu’aucune religion et aucune croyance ne peut être à l’origine des conflits, des violences et des guerres. Le nom de toute religion est la paix, car la paix est le nom de Dieu. Les participants à la Rencontre ne se sont pas rencontrés pour entrer en compétition et pour s’affronter, mais pour tisser ensemble des liens réciproques de fraternité et de réconciliation, qui sont la base de l’œuvre de paix.

4.    Nous sommes reconnaissants que l’invocation de paix soit montée au ciel depuis Cracovie, ville de la paix, ville du pèlerin de paix Jean-Paul II, qui est parti d’ici pour servir l’homme et annoncer la paix à la terre inquiète.

Notre invocation de paix s’est répandue dans le monde entier ces jours-ci, au cours desquels nous avons commémoré le soixante-dixième anniversaire du début de la deuxième guerre mondiale. Aujourd’hui, nous nous sommes fait pèlerins au camp de concentration Auschwitz-Birkenau, calvaire du vingtième siècle, où nous avons vu la monstruosité du mal. Nous avons confié au Seigneur Tout-Puissant les victimes innocentes de la haine, parmi lesquels, des fils et des filles des peuples juif, tzigane, russe, polonais et des autres peuples d’Europe. Nous avons prié pour que ne se répète plus jamais cette tragédie.

Notre invocation de paix s’élève en ce vingtième anniversaire de la chute des régimes totalitaires en Europe centrale et orientale. Nous désirons profondément que tous les peuples de la terre vivent dans la liberté, libérés des dictatures et des idéologies folles.

5.    Je remercie tous ceux qui ont apporté leur contribution à l’organisation et au déroulement de cette Rencontre Internationale pour la Paix. Je remercie la Communauté pour sa fidélité à l’héritage de Jean-Paul II et pour avoir gardé vivante la mémoire de cette réalité qui s’appelle Assise.

Je remercie pour l’esprit d’Assise à Cracovie !

  Ensuite, la traditionnelle ”minute de silence” eut lieu pour toutes les victimes de la guerre.

Minute de silence.

  Puis vint l’appel des chefs religieux au monde, appel transmis à des enfants de différentes nationalités. Au nom de toutes les générations, les enfants le délivrent aux ambassadeurs et aux autorités qui représentent les nations du monde entier.

  Voici le texte de cet appel :

Nous, hommes et femmes de religions différentes, nous nous sommes donné rendez-vous dans l’antique cité de Cracovie, en Pologne, soixante-dix ans après le début de la Deuxième Guerre mondiale : pour prier, pour dialoguer, pour faire grandir un humanisme de paix. Nous rendons hommage à la mémoire de Jean-Paul II, fils de cette terre. Il a été un maître de dialogue et un témoin tenace de la sainteté de la paix, offrant une vision en des temps difficiles : l’esprit d’Assise.

Cet esprit a inspiré bien des changements pacifiques du monde. Ainsi, en 1989, il y a vingt ans, la Pologne et l’Europe de l’Est ont retrouvé leur liberté. C’est en septembre 1989, à Varsovie, que des hommes et des femmes de différentes religions, réunis par la Communauté de Sant’ Egidio, ont proclamé leur amour pour la paix : « Jamais plus la guerre ! ». Nous sommes restés fidèles à cet esprit, quand bien même au long de ces dernières années beaucoup aient cru que la violence et la guerre pouvaient résoudre les problèmes et les conflits de notre monde.

On a souvent oublié la leçon amère de la Deuxième Guerre mondiale. Elle a été pourtant une immense tragédie de l’histoire humaine. Nous nous sommes rendus en pèlerins à Auschwitz, conscients de l’abîme dans lequel l’humanité s’est engouffrée. Il fallait descendre dans cet abîme du mal pour mieux comprendre le cœur de l’histoire ! On ne peut pas oublier tant de souffrance !

Il faut regarder les souffrances de notre monde : les peuples en guerre, les pauvres, l’horreur du terrorisme, les victimes de la haine. Nous avons écouté le cri de tous ceux, trop nombreux, qui souffrent. Des peuples entiers sont l’otage de la guerre et de la pauvreté, beaucoup doivent quitter leur maison, beaucoup ont disparu, ont été enlevés, ou vivent dans l’insécurité.

Notre monde est désorienté par la crise d’un marché qui se croyait tout-puissant et par une mondialisation qui risque d’être sans âme et sans visage. La mondialisation est une occasion historique, même si on a souvent choisi de la vivre dans la logique de l’affrontement entre civilisations et religions. Le monde ne pourra jamais trouver la paix sans dialogue entre les peuples. Aucun homme, aucun peuple, n’est une île !

Nos différentes traditions religieuses disent toutes avec force qu’un monde sans esprit ne sera jamais humain. Elles montrent le chemin du retour vers Dieu, qui est l’origine de la paix.

L’esprit et le dialogue donneront une âme à un monde globalisé ! Un monde sans dialogue sera l’esclave de la haine et de la peur de l’autre. Les religions ne veulent pas la guerre, elles ne veulent pas être utilisées pour la guerre. Parler de guerre au nom de Dieu est un blasphème. Jamais une guerre n’est sainte. L’humanité est toujours vaincue par la violence et la terreur.

L’esprit et le dialogue nous montrent le chemin pour vivre ensemble dans la paix. Nous avons découvert encore plus clairement à quel point le dialogue libère de la peur et de la méfiance envers l’autre. C’est la grande alternative à la guerre. Le dialogue n’affaiblit l’identité de personne, et permet de découvrir le meilleur de soi et de l’autre. Rien n’est jamais perdu avec le dialogue. Le dialogue écrit l’histoire la plus belle, alors que l’affrontement creuse des gouffres. Le dialogue est l’art du vivre ensemble. Le dialogue est le don que nous voulons offrir au XXIe siècle.

Cheminons donc, sans oublier la mémoire de la Deuxième Guerre mondiale et la prophétie de Jean Paul II, en tant que pèlerins de paix, bâtissant avec patience et audace une nouvelle saison de dialogue, qui unira dans un esprit de paix ceux qui se haïssent et qui s’ignorent, tous les peuples et tous les hommes. Que Dieu accorde au monde entier, à tout homme et toute femme, le don merveilleux de la paix !

Cracovie, le 8 septembre 2009

 Le grand absent de ce fameux appel : Notre Seigneur Jésus-Christ alors que par deux fois est nommé le nom de l’apostat et œcuméniste forcené qu’était Wojtyla-Jean-Paul II. C’est le refus pur et simple de la Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Puis les représentants religieux allumèrent des candélabres et signèrent l'Appel de Paix 2009 :

  Cette cérémonie abominable, véritable moquerie de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour un catholique, se termina par ”l’accolade de la paix” :

  Lors de la première réunion d’Assise en 1986, Mgr Lefebvre – qui croyait alors encore que l’occupant de la Chaire de Pierre était le véritable successeur de saint Pierre – avait fait réaliser le dessin ci-dessous. Il n’a rien perdu de son actualité, à l’heure où ses successeurs vont entamer des « discussions doctrinales » avec ceux-là même qui continuellement bafouent le premier commandement de Dieu : « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout »

  Voici en effet ce que dit le Catéchisme du Concile de Trente sur le premier commandement de Dieu :

« Vous n’aurez point de dieux étrangers devant Moi. » Le Pasteur fera remarquer que dans le Décalogue la première place est pour les choses qui regardent Dieu, et la seconde pour celles qui regardent le prochain. C’est qu’en effet Dieu est la cause des devoirs que nous accomplissons envers le prochain. Et ce prochain nous ne l’aimons conformément à l’ordre de Dieu que si nous l’aimons pour Dieu[5]. — On sait que la première des deux tables de pierre renfermait les Commandements qui ont Dieu pour objet. — Le Pasteur montrera ensuite que les paroles qui expriment le premier Commandement contiennent deux préceptes, dont l’un a pour but de commander et l’autre de défendre.

Car en se servant de ces mots : vous n’aurez point de dieux étrangers devant Moi, Dieu disait en d’autres termes : vous M’adorerez, Moi le Dieu véritable, mais vous n’aurez point de culte pour les dieux étrangers.

Le premier de ces préceptes embrasse la Foi, l’Espérance et la Charité. Qui dit Dieu, en effet, dit un être constant, immuable, toujours le même, fidèle, parfaitement juste. D’où il suit que nous devons nécessairement accepter ses oracles, et avoir en Lui une Foi et une confiance entières. Il est Tout-Puissant, clément, infiniment porté à faire du bien. Qui pourrait ne pas mettre en Lui toutes ses espérances ? et qui pourrait ne pas l’aimer en contemplant les trésors de bonté et de tendresse qu’Il a répandus sur nous ? de là cette formule que Dieu emploie dans la sainte Écriture soit au commencement, soit à la fin de ses préceptes : Je suis le Seigneur.

Voici la seconde partie du précepte : vous n’aurez point de dieux étrangers devant Moi. Si le Législateur l’a aussi formulée, ce n’est pas que sa volonté n’eût été assez clairement expliquée dans cette partie impérative et positive de son Commandement : Vous M’adorerez, Moi le seul Dieu. Car s’il y a un Dieu, il n’y en a qu’un. Mais c’était pour dissiper l’aveuglement d’un grand nombre d’hommes, qui, tout en faisant profession d’adorer le vrai Dieu, avaient cependant des hommages pour une multitude de divinités ; et il y avait quelques Juifs dans ce cas ; on le voit par ces reproches que leur faisait le Prophète Elie [13] : « Jusques à quand boiterez-vous des deux côtés ? » Ce fut aussi le crime des Samaritains [14], qui adoraient en même temps et le Dieu d’Israël et les divinités des nations.

A ces explications il faudra ajouter que ce Commandement est le premier et le plus grand de tous, non seulement par le rang qu’il occupe, mais encore par sa nature, sa dignité, et son excellence, nous devons à Dieu infiniment plus d’amour, de respect et de soumission qu’à nos supérieurs et à ceux qui nous gouvernent. C’est Lui qui nous a créés ; c’est Lui qui nous conserve, qui nous a nourris dès le sein de nos mères, qui ensuite nous a appelés à la lumière ; c’est Lui enfin qui nous fournit toutes les choses nécessaires à notre vie et à notre entretien.

Ceux-là donc pèchent contre ce premier Commandement, qui n’ont ni la Foi, ni l’Espérance, ni la Charité. Et leur nombre, hélas ! est extrêmement considérable. Ce sont ceux qui tombent dans l’hérésie, qui ne croient pas ce que la sainte Église notre mère nous propose à croire ; ceux qui ont foi aux songes, aux augures et à toutes les vaines superstitions de ce genre ; ceux qui désespèrent de leur salut, qui manquent de confiance dans la miséricorde divine ; ceux qui ne s’appuient que sur les richesses, la santé et les forces du corps. On peut voir, pour plus de détails, les Auteurs qui ont écrit sur les vices et les vertus.

  Cette église ou secte conciliaire dirigée par Ratzinger-Benoît XVI qui prêche ce faux œcuménisme conduisant à la damnation du plus grand nombre ne peut être la véritable église fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ, l’Église une, sainte, catholique et apostolique aujourd’hui éclipsée.

  A contrario de ces épouvantables journées s’inscrivant dans l’esprit d’Assise, prions pour la conversion de tous les non-catholiques (juifs y compris) et pour l’avènement du règne du Sacré-Cœur qui ”règnera malgré ses ennemis”.

Contact : contact.serviam@gmail.com

Aucun copyright.



[1] http://www.santegidio.org

[2] Ceci démontre une fois de plus la stupidité de ceux qui se réjouissaient de voir Christine Boutin dans le premier Gouvernement Fillon sous la présidence de Sarkozy. Le ”combat pour la vie” menée par Christine Bouton ne la transforme pas en catholique respectable. Sa présence à cette réunion interreligieuse en est une preuve de plus.

[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Camdessus

[4] 20 Or, en repassant de grand matin, ils virent le figuier desséché depuis les racines.

21 Et Pierre, se ressouvenant, lui dit : " Rabbi, vois ! Le figuier que vous avez maudit est desséché. "

22 Jésus leur répondit : " Ayez foi en Dieu.

23 Je vous le dis, en vérité, celui qui dira à cette montagne : " Ôte-toi de là, et jette-toi dans la mer ! " s'il n'hésite pas en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, ce sera (fait) pour lui.

24 C'est pourquoi, je vous le dis, tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l'obtenez, et ce sera (fait) pour vous.

25 Lorsque vous vous tenez debout pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne vos offenses.

Traduction du Chanoine Crampon.

[5] Note de Serviam : L’aimer pour Dieu, c’est lui enseigner qu’hors l’Église fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ, il n’y a pas de salut. C’est également enseigner qu’hors de Notre Seigneur Jésus-Christ, le prince de la paix, il n’y a pas de véritable paix...