SERVIAM 

Lettre d’informations sur les relations entre l’église conciliaire et le judaïsme.                                                           

Enfin il leur envoya son fils, en disant, ils respecteront mon fils. Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : Voici l’héritier; venez, tuons-le et nous aurons son héritage.(S. Matthieu, Chap. XXI, 37-38)


 Numéro 19                                          Parution irrégulière                                   22 Septembre 2009

L’ISLAM, CHÂTIMENT DE DIEU

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  Le ramadan[1] s’est achevé le 19 septembre, les médias l’ayant fortement célébré, contrairement aux fêtes catholiques qui ne sont que peu ou pas évoquées. En effet, les chaînes de radio et de télévision ont totalement passé sous silence les fêtes de la Nativité (8 septembre) et des 7 douleurs (15 septembre) de celle qui est Reine de France.

  Ainsi le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux rompait le jeûne du ramadan pour la deuxième fois, invité d'honneur du Conseil français du culte musulman (CFCM), le soir du 14 septembre. Jean Sarkozy, le fils de papa, s’est lancé dans une apologie du ramadan, le 7 septembre à Suresnes, lors de l’Iftar (le repas qui est pris chaque soir par les musulmans au coucher du soleil pendant le jeûne du mois de ramadan), soulignant avoir déjà suivi le ramadan et concluant son discours par un vibrant ”Inch Allah”.[2] 

  Si les hommes politiques français font depuis longtemps des courbettes à l’Islam, il peut sembler – de prime abord – plus surprenant que le Vatican fasse de même. Cela serait oublier la révolution du Concile Vatican II et l’oecuménisme délirant prêché depuis par les autorités romaines. Ainsi, depuis plus de 30 ans, le Vatican envoie un message aux musulmans du monde entier pour célébrer la fin du ramadan. Voici celui qui fut envoyé en 2009 et signé par le Cardinal Tauran et l’Archevêque Celata, respectivement Président et Secrétaire du Conseil Pontifical Pour le Dialogue Interreligieux :

Chrétiens et Musulmans : ensemble pour vaincre la pauvreté

MESSAGE POUR LA FIN DU RAMADAN

‘Id al-Fitr 1430 H. / 2009 a.d.

Chers Amis Musulmans,

1. À l’occasion de la conclusion du mois du Ramadan, je désire adresser à vous tous mes vœux de paix et de joie et, par ce Message, vous proposer une réflexion commune sur le thème : Chrétiens et Musulmans : Ensemble pour vaincre la pauvreté.

2. Il faut sans doute nous réjouir de constater que ce Message du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux est devenu non seulement un usage, mais un rendez-vous attendu. Dans plusieurs pays, il est une occasion de rencontre amicale entre de nombreux Chrétiens et Musulmans. Il n’est pas rare, non plus, qu’il corresponde à un souci partagé, propice à des échanges confiants et ouverts. Tous ces éléments ne constituent-ils pas d’emblée des signes d’amitié entre nous pour lesquels rendre grâce à Dieu ?

3. Pour en venir au thème de cette année, la personne humaine en situation d’indigence est incontestablement au cœur de préceptes qu’à divers titres, nous chérissons. L’attention, la compassion et l’aide que tous, frères et sœurs en humanité, nous pouvons offrir à celui qui est pauvre pour lui redonner sa place dans la société des hommes est une preuve vivante de l’Amour du Très-Haut, puisque c’est l’homme comme tel qu’Il nous appelle à aimer et à aider, sans distinction d’appartenance.

Nous savons tous que la pauvreté humilie et qu’elle engendre des souffrances intolérables ; elles sont souvent source d’isolement, de colère, voire de haine et de désir de vengeance. Ceci pourrait pousser à des actions d’hostilité par tous les moyens à disposition, cherchant à les justifier même par des considérations d’ordre religieux : s’emparer, au nom d’une prétendue « justice divine », de la richesse de l’autre, y compris de sa paix et de sa sécurité. C’est pour cela que repousser les phénomènes d’extrémisme et de violence implique nécessairement la lutte contre la pauvreté à travers la promotion d’un développement humain intégral que le pape Paul VI définissait comme « le nouveau nom de la paix » (Lettre encyclique Populorum Progressio, 1975, n. 76).

Dans sa récente Lettre encyclique Caritas in Veritate sur le développement humain intégral dans la charité et dans la vérité, le pape Benoît XVI, prenant en compte le contexte actuel de l’engagement en faveur du développement, met en lumière, entre autres, la nécessité d’une « nouvelle synthèse humaniste » (n. 21) qui, sauvegardant l’ouverture de l’homme à Dieu, lui redonne sa place « au centre et au sommet » de la terre (n. 57). Un véritable développement, alors, ne pourra qu’être ordonné à « tout homme et à tous les hommes » (Populorum Progressio, n. 42).  

4. Dans son homélie du 1er janvier dernier, lors de la Journée Mondiale de la Paix 2009, Sa Sainteté le pape Benoît XVI distinguait deux types de pauvreté : une pauvreté à combattre et une pauvreté à embrasser.

La pauvreté à combattre est sous les yeux de tous : la faim, le manque d’eau potable, la pénurie de soins médicaux et de logements adéquats, la carence de systèmes éducatifs et culturels, l’analphabétisme, sans toutefois passer sous silence aussi l’existence de nouvelles formes de pauvreté « par exemple dans les sociétés riches et avancées, …des phénomènes de marginalisation, de pauvreté relationnelle, morale et spirituelle » (Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2009, n. 2).

La pauvreté à choisir est celle d’un style de vie simple et essentiel qui évite le gaspillage et respecte l’environnement et tous les biens de la Création. Cette pauvreté est aussi, au moins pendant certaines périodes de l’année, celle de la frugalité et du jeûne. La pauvreté choisie prédispose à sortir de nous-mêmes et dilate le cœur.           

5. Comme croyants, désirer la concertation pour chercher ensemble des solutions justes et durables au fléau de la pauvreté signifie aussi réfléchir sur les graves problèmes de notre temps et, quand cela est possible, vivre un engagement commun pour en venir à bout. En cela, il incombe que la référence aux aspects de la pauvreté liés à la mondialisation de nos sociétés revête un sens spirituel et moral, car nous partageons la vocation à construire une seule famille humaine dans laquelle tous – individus, peuples et nations – règlent leurs comportements sur les principes de fraternité et de responsabilité.

 6. Un regard attentif sur le phénomène complexe de la pauvreté nous conduit à en voir fondamentalement l’origine dans le manque de respect de la dignité innée de la personne humaine et nous appelle à une solidarité globale, par exemple à travers l’adoption d’un « code éthique commun » (Jean-Paul II, Adresse à l’Académie Pontificale des Sciences Sociales, 27 avril 2001, n. 4) – dont les normes n’auraient pas seulement un caractère conventionnel, mais seraient enracinées dans la loi naturelle inscrite par le Créateur dans la conscience de tout être humain (cf. Rm 2, 14-15).

7. Il semble que dans divers endroits du monde nous soyons passés de la tolérance à la rencontre, à partir d’un vécu commun et de soucis partagés. C’est là un cap important qui a été franchi.

En mettant à la disposition de tous la richesse de la prière, du jeûne et de la charité des uns et des autres, n’est-il pas possible que le dialogue mobilise les forces vives de ceux qui sont en marche vers Dieu ? Le pauvre nous interpelle, nous défie, mais surtout il nous invite à collaborer pour une noble cause : celle de vaincre sa pauvreté !

Bon et heureux ‘Id al-Fitr !

  On retrouve dans ce texte toujours les mêmes erreurs (voire hérésies) :

-          à savoir que chrétiens et musulmans adoreraient le même Dieu alors que les musulmans rejettent la Sainte Trinité.[3]

-          et que les catholiques doivent collaborer avec les fausses religions dont l’Islam en vue d’établir un monde meilleur.

  Ces erreurs étaient déjà contenus dans le discours de Ratzinger-Benoît XVI, à la Mosquée Al-Hussein Bin-Talal d’Amman, le samedi 9 mai 2009 :

Des lieux de culte, comme cette splendide Mosquée Al-Hussein Ben Talal du nom du révéré Roi défunt, se dressent comme des joyaux sur la surface de la terre. Les anciens comme les modernes, les plus splendides comme les plus humbles, tous ces édifices nous orientent vers le Divin, l’Unique transcendant, le Tout-Puissant. A travers les siècles, ces sanctuaires ont attiré des hommes et des femmes dans leur espace sacré pour qu’ils s’arrêtent, qu’ils prient, pour qu’ils reconnaissent la présence du Tout-Puissant et pour qu’ils confessent que nous sommes tous ses créatures. [...]

Face à cette situation, où les opposants à la religion cherchent non seulement à réduire sa voix au silence, mais à la remplacer par la leur, la nécessité pour les croyants d’être cohérents avec leurs principes et leurs croyances est ressentie toujours plus vivement. Musulmans et chrétiens, précisément à cause du poids de leur histoire commune si souvent marquée par les incompréhensions, doivent aujourd’hui s’efforcer d’être connus et reconnus comme des adorateurs de Dieu fidèles à la prière, fermement décidés à observer et à vivre les commandements du Très Haut, miséricordieux et compatissant, cohérents dans le témoignage qu’ils rendent à tout ce qui est vrai et bon, et toujours conscients de l’origine commune et de la dignité de toute personne humaine, qui se trouve au sommet du dessein créateur de Dieu à l’égard du monde et de l’histoire. [...]

Chers amis, je désire aujourd’hui mentionner une tâche dont j’ai parlé à de nombreuses reprises et dont je crois fermement que Chrétiens et Musulmans peuvent la prendre en charge, particulièrement à travers leurs contributions respectives à l’enseignement et à l’éducation ainsi qu’au service public. Il s’agit du défi de développer en vue du bien, en référence à la foi et à la vérité, le vaste potentiel de la raison humaine.

    Face à ces discours et à ces attitudes (rappelons que Ratzinger-Benoît XVI a visité deux mosquées lors de son ”pontificat” et qu’il a prié dans la première), le catholique ne peut que s’interroger. Tous nos ancêtres qui combattirent l’Islam eurent-ils tort ? Charles Martel, Urbain II, saint Louis, Don Juan, saint Pie V, Sobieski, n’auraient-ils pas mieux fait de collaborer avec les musulmans en vue d’instaurer la paix et une société plus juste ?

Ratzinger priant dans une Mosquée d’Istambul en 2006.

  Voici quelques citations qui nous aideront à mieux comprendre ce qu’est réellement l’Islam et quelle attitude le catholique doit avoir face à cette fausse religion.

  L’abbé Darras, dans sa monumentale Histoire Générale de l’Eglise, nous décrit le Coran, le soit-disant livre saint des musulmans que Wojtyla-Jean-Paul II eut l’impiété d’embrasser :

  Malgré ses qualités littéraires, fort prisées par les Arabes, le Koran n’est qu’un amas confus de récits, de visions, de sermons, de préceptes, de conseils, où la vérité se heurte à l’imposture, le sublime à l’absurde, et où la plupart des maximes sont combattues par des maximes contradictoires. Les paroles de sagesse, de piété, de morale, qui s’y rencontrent, sont empruntées aux Livres saints, et le plagiat est visible. Au point de vue dogmatique, Mahomet rejette la Trinité des chrétiens, qu’il croyait incompatible avec l’unité divine. Il reconnaît l’existence d’un Dieu unique, sans disctinction de personnes, ayant pour ministre les anges et les prophètes. D’après ce principe, il ne pouvait y avoir ni incarnation, ni rédemption. Jésus-Christ n’était pas la seconde personne de la sainte Trinité, le Fils de Dieu fait homme : il n’était qu’un prophète, comme Abraham, Moïse et Mahomet lui-même. (Vol 15, p. 386).

Pope Koran

  L’abbé Rohrbacher ajoute dans son Histoire Universelle de l’Eglise Catholique :

  Dans les succès de Mahomet, on voit un conquérant, on voit des armées, on voit la puissance du sabre; dans sa religion, on voit un mélange de christianisme, de judaïsme, de paganisme; on y voit une morale et un paradis à l’épicurienne. (Vol 4, p. 261)

  Dans le fond, le mahométisme consiste à nier la divinité du Christ et à reconnaître au glaive la suprématie de la doctrine (Vol 10, p. 5)

  Dom Guéranger nous fait découvrir quel est le rôle joué par l’Islam dans l’histoire :

  ”L’islamisme et ses conquêtes, viennent, dès le VIIème siècle, réclamer l’attention de l’historien, et un tel sujet offre une abondante source de considérations fécondes. L’écrivain naturaliste raconte les faits; il entraîne son lecteur sur les pas des conquérants que le désert a vomis tout à coup. Dans ses récits on les voit s’étendre comme un déluge, et sans qu’aucune digue ne les arrête, sur diverses provinces de l’empire d’Orient. D’où viennent-ils ? Quelle est la loi providentielle qui les conduit et leur assigne une limite qu’ils ne doivent pas franchir ? Ces questions, l’historien naturaliste ne se les fait pas à lui-même; comment en pourrait-il donner la solution à son lecteur ? L’historien chrétien, au contraire, lui qui sait que tout en ce monde est dirigé selon le plan surnaturel, n’a garde de laisser passer un fait aussi immense sans l’avoir soumis aux investigations de sa foi. Instruit à l’école des saintes Ecritures, il sait que l’asservissement des peuples sous le joug de fer de la conquête est à la fois un châtiment du Ciel pour les prévarications d’un peuple, et un exemple terrible donné aux autres nations. C’est bien le moins, en effet, qu’un chrétien comprenne ce que comprenait un barbare, une espèce de sauvage, Attila, en un mot, qui se définissait lui-même le fléau d’un Dieu qu’il ne connaissait même pas. Ainsi, n’en doutons  pas, l’islamisme n’est point simplement une révolution d’Arabes qui s’ennuient sous la tente, et auxquels un chef habile a imprimé une surexcitation qui les pousse tout à coup à la conquête des villes les plus luxueuses de l’Orient. Non; mais Dieu a laissé prévaloir pour un temps l’antique ennemi de l’homme, et lui a permis de choisir un organe à l’aide duquel il séduira les peuples, en même temps qu’il les asservira par le glaive. De là, Mahomet, l’homme de Satan, et le Coran, son évangile. Or, quel est le crime qui a poussé ainsi à bout la justice de Dieu, et l’a portée à abandonner ces peuples à un esclavage don’t nous ne prévoyons pas encore la fin ? L’hérésie est ce crime odieux, qui rend inutile la venue du Fils de Dieu en ce monde, qui proteste contre le Verbe de Dieu, qui foule aux pieds l’enseignement infaillible de l’Eglise. Il faut qu’il soit puni et que les nations chrétiennes apprennent qu’un peuple ne s’élève pas contre la parole révélée sans s’exposer à voir châtier, même dès ce monde, son audace et son ingratitude. Alors succombent et Alexandrie, second siège de Pierre, et Antioche, où il siéga d’abord, et Jérusalem, qui garde le tombeau glorieux. Dans ces villes fameuses, il y a bien encore un peuple que l’on a vu tantôt orthodoxe, tantôt hérétique, au gré de ses patriarches; la servitude qu’ont déchaînée les blasphèmes de cette autre population plus nombreuse qui suit les dogmes impies de Nestorius et d’Eutychès, vient envelopper ces restes catholiques d’une Eglise autrefois si florissante, comme les eaux du déluge engloutirent les pécheurs repentants avec la foule des méchants que Dieu avait résolu de perdre, comme la peste, quand Dieu la lance sur un pays, moissonne à la fois les amis de Dieu et ses ennemis.

  Le flôt s’arrête devant Constantinople et n’inonde pas encore les régions qui l’avoisinent. L’empire d’Orient, devenu bientôt l’Empire grec, est mis à même de profiter de la leçon. Si Byzance eût veillée à la foi, Omar n’eût visité ni Alexandrie, ni Antioche, ni Jérusalem. Un délai est accordé; il sera de huit siècles; mais alors Byzance aura comblé la mesure, le croissant vengeur reparaîtra. Ce ne sera plus le Sarrasin, il est usé; mais le Turc, et Sainte-Sophie verra badigeonner ses images chrétiennes et peindre par-dessus les sentences du Coran, parce qu’elle est devenue le sanctuaire du schisme et de l’hérésie. Mais nous reviendrons sur Byzance. A l’époque que nous repassons, le Sarrasin, après avoir asservi les trois villes saintes, ploge jusqu’à l’Arménie, dont le peuple a embrassé l’erreur monophysite; il se jette sur le littoral d’Afrique, souillé par l’arianisme, et d’un bond il arrive en Espagne. Il en sortira de force, car l’hérésie n’est plus là : il faudra seulement du temps. Quant à son audace de pénétrer jusque sur le sol français, il l’expiera durement dans les champs du Poitou. L’Islam s’était trompé; là où l’hérésie ne règne pas, il n’y a pas de place pour lui. En retour de cette prouesse, il recevra dans la péninsule plus d’une visite de ce Charles le Grand. Toujours vainqueur et toujours orthodoxe, qui, en chevalier du Christ, vient en aide à ses frères d’Espagne. Arrêtons-nous ici, après avoir salué la justice de Dieu sur l’hérésie et reconnu la vraie cause des triomphes de l’islamisme, et l’unique raison de la permission divine à laquelle il doit d’avoir existé, de n’avoir pas été une secte obscure et éphémère au fond de l’Arabie.”

  Comme le résume si magnifiquement Dom Guéranger, l’Islam est le fléau choisi par Dieu pour punir les nations chrétiennes infidèles. Les nations européennes naguère catholiques ayant toutes apostasiées, il est logique de les voir se faire coloniser petit à petit par des hordes d’immigrés musulmans. Pour l’instant, le sang ne coule pas (ou très peu), le glaive étant encore discrètement dissimulé. Jusqu’à quand ?

  Il est donc évident que ce n’est pas en collaborant avec l’Islam (secte hérétique niant la divinité du Christ et fléau voulu par Dieu) que les catholiques édifieront un monde meilleur, ce monde voulu par saint Pie X, à savoir la cité catholique. Par conséquent, tous ces escrocs tels Ratzinger-Benoît XVI à la remorque de son ancien maître Wojtyla-Jean-Paul II, qui magnifient l’Islam et engagent les catholiques à collaborer avec les pires ennemis du Christ et de son Eglise, sont de réels imposteurs et usurpateurs.

  Voici en guise de conclusion, des extraits d’une lettre bien connue de Charles de Foucaud à René Bazin qui montre bien que seule la véritable conversion au catholicisme pourra engendrer la paix entre les différents peuples de la terre.

JESUS CARITAS,

Tamanrasset, par Insalah, via Biskra, Algérie, 29 juillet 1916.

Monsieur,

Je vous remercie infiniment d'avoir bien voulu répondre à ma lettre, au milieu de tant de travaux, et si fraternellement. Je pourrais, m'écrivez-vous, vous dire utilement la vie du missionnaire parmi les populations musulmanes, mon sentiment sur ce qu'on peut attendre d'une politique qui ne cherche pas à convertir les musulmans par l'exemple et par l'éducation et qui par conséquent maintient le mahométisme, enfin des conversations avec des personnages du désert sur les affaires d'Europe et sur la guerre.

Vie du missionnaire parmi les populations musulmanes

(...) Les missionnaires isolés comme moi sont fort rares. Leur rôle est de préparer la voie, en sorte que les missions qui les remplaceront trouvent une population amie et confiante, des âmes quelque peu préparées au christianisme, et, si faire se peut, quelques chrétiens. (...) Il faut nous faire accepter des musulmans, devenir pour eux l'ami sûr, à qui on va quand on est dans le doute ou la peine, sur l'affection, la sagesse et la justice duquel on compte absolument. Ce n'est que quand on est arrivé là qu'on peut arriver à faire du bien à leurs âmes. Inspirer une confiance absolue en notre véracité, en la droiture de notre caractère, et en notre instruction supérieure, donner une idée de notre religion par notre bonté et nos vertus, être en relations affectueuses avec autant d'âmes qu'on le peut, musulmanes ou chrétiennes, indigènes ou françaises, c'est notre premier devoir : ce n'est qu'après l'avoir bien rempli, assez longtemps, qu'on peut faire du bien. Ma vie consiste donc à être le plus possible en relation avec ce qui m'entoure et à rendre tous les services que je peux. À mesure que l'intimité s'établit, je parle, toujours ou presque toujours en tête à tête, du bon Dieu, brièvement, donnant à chacun ce qu'il peut porter, fuite du péché, acte d'amour parfait, acte de contrition parfaite, les deux grands commandements de l'amour de Dieu et du prochain, examen de conscience, méditation des fins dernières, à la vue de la créature penser à Dieu, etc., donnant à chacun selon ses forces et avançant lentement, prudemment. Il y a fort peu de missionnaires isolés faisant cet office de défricheur ; je voudrais qu'il y en eût beaucoup : tout curé d'Algérie, de Tunisie ou du Maroc, tout aumônier militaire, tout pieux catholique laïc (à l'exemple de Priscille et d'Aquila), pourrait l'être. Le gouvernement interdit au clergé séculier de faire de la propagande anti-musulmane ; mais il s'agit de propagande ouverte et plus ou moins bruyante : les relations amicales avec beaucoup d'indigènes, tendant à amener lentement, doucement, silencieusement, les musulmans à se rapprocher des chrétiens devenus leurs amis, ne peuvent être interdites par personne. Tout curé de nos colonies, pourrait s'efforcer de former beaucoup de ses paroissiens et paroissiennes à être des Priscille et des Aquila. Il y a toute une propagande tendre et discrète à faire auprès des indigènes infidèles, propagande qui veut avant tout de la bonté, de l'amour et de la prudence, comme quand nous voulons ramener à Dieu un parent qui a perdu la foi...

Espérons qu'après la victoire nos colonies prendront un nouvel essor. Quelle belle mission pour nos cadets de France, d'aller coloniser dans les territoires africains de la mère patrie, non pour s'y enrichir, mais pour y faire aimer la France, y rendre les âmes françaises et surtout leur procurer le salut éternel, étant avant tout des Priscille et des Aquila !

Comment franciser les peuples de notre empire africain

Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l'esprit ni le cœur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle. Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.

L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompus au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles. Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens.

Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force, mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, œuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du Medhi, il n'y en a pas : tout musulman (je ne parle pas des libres-penseurs qui ont perdu la foi) croit qu'à l'approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l'engage à subir avec calme son épreuve ; "l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération", disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles, mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Medhi, en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du Medhi...

Les Kabyles

Comme vous, je désire ardemment que la France reste aux Français, et que notre race reste pure. Pourtant je me réjouis de voir beaucoup de Kabyles travailler en France ; cela semble peu dangereux pour notre race, car la presque totalité des Kabyles, amoureux de leur pays, ne veulent que faire un pécule et regagner leurs montagnes.

Si le contact de bons chrétiens établis en Kabylie est propre à convertir et à franciser les Kabyles, combien plus la vie prolongée au milieu des chrétiens de France est-elle capable de produire cet effet !

(...) Si la race berbère nous a donné sainte Monique et en partie saint Augustin, voilà qui est bien rassurant. N'empêche que les Kabyles ne sont pas aujourd'hui ce qu'étaient leurs ancêtres du IVe siècle : leurs hommes ne sont pas ce que nous voulons pour nos filles ; leurs filles ne sont pas capables de faire les bonnes mères de famille que nous voulons.

Pour que les Kabyles deviennent français, il faudra pourtant que des mariages deviennent possibles entre eux et nous : le christianisme seul, en donnant même éducation, mêmes principes, en cherchant à inspirer mêmes sentiments, arrivera, avec le temps, à combler en partie l'abîme qui existe maintenant.

En me recommandant fraternellement à vos prières, ainsi que nos Touaregs, et en vous remerciant encore de votre lettre, je vous prie d'agréer l'expression de mon religieux et respectueux dévouement.

Votre humble serviteur dans le Cœur de Jésus.

Charles de Foucauld

Charles de Foucaud

Contact : contact.serviam@gmail.com

Aucun copyright.



[1] Le ramadan est un des cinq piliers de l’Islam. Il consiste principalement à s’abstenir de nourriture et de boisson entre le l’aube et le crépuscule. Nous sommes loin du Carême des catholiques, contrairement à ceux qui laissent croire que Carême et ramadan sont à peu de choses près identiques.

[2] http://www.dailymotion.com/video/xaf4kl_rupture-du-jeune-du-ramadan-discour_news

[3] Lire le sermon de l’abbé Marchiset du Dimanche de la Fête de la Très Sainte Trinité :

”Le Dieu qu’a adoré Abraham est le Dieu en qui il admet la Trinité figurée par la visite des trois anges. Abraham a vu en esprit Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous savons comment il fit prêter serment à son serviteur, pour s’occuper du mariage de son fils Isaac, car Abraham était totalement préoccupé du Messie, sachant qu’Il viendrait selon la chair, de sa descendance. C’est ce que Notre Seigneur rappelle à l’adresse des scribes et des pharisiens : « Abraham a désiré voir mon jour, il l’a vu et il s’est réjouit ».

Le Dieu qu’a adoré Abraham, est donc bien le Dieu d’Israël, mais les pharisiens et après eux les membres du

judaïsme, et de l’Islam, qui se réfèrent à Abraham, n’adorent pas le vrai Dieu, car pour adorer le Vrai Dieu, il

faut reconnaître Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, ainsi que le Saint-Esprit, reconnaître la sainte Trinité.”

http://fidemservavi.info/Fichiers_Son/Sermons_Abbe_Marchiset/Fidem_Servavi/FS-092-2009_06_07_Sermon_du_dimanche_de_la_fete_de_la_tres_sainte_trinite.pdf